‹ Considérations sur une Épidémie de DiphtérieChapitre 11 sur 22 · RÉSUMÉE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉE

Un enfant de trois ans est pris, le 23 juin 1895, de frissons la nuit et convulsions, température 40°.

Les fausses membranes qui se développent ont un aspect pultacé, etne donnent pas, à la culture, des bacilles diphtériques.

Après un abaissement de la température, 37° 7 le matin du 26, celle-ci remonte à 39° 6, dans la soirée, et les fausses membranes prennent l'aspect diphtérique.

Le 27, un nouvel ensemencement donne des bacilles longs de LoϾffler.

Le 28, lorsque le résultat de la © ullure est connu, injection de 10 cc. de sérum. Le soir, température 39° 2

Le 29 au matin, 38°; mais les fausses A AR continuant à s'étendre, nouvelle injection de 10 cc.

Pendant les quatre jours suivants, tuméfaction ganglionnaire légère, pas d' albumine : fausses membranes se détachent. Etat général bon.

Le 4 juillet, tuméfaction ganglionnaire sous la maxillaire gauche, douloureuse et rapidement volumineuse, soif vive, agitation, délire la nuit; température 39° 7, albumine.

Le 5, après midi, urticaire autour des jointures ; l’éruption se généralise les jours suivants ; mais l’état général, qui n’était pas mauvais, devient moins bon; il n’y a que 350 grammes d'urine. Température 40°, le 8 juillet.

Le 9, urticaire toujours intense, peau chaude, ganglion sousmaxillaire gauche plus volumineux et plus douloureux : plus de fausses membranes. Des bains à 33° ramenés à 30, font baisser le thermomètre de un degré et favorisent F diurèse. Urine 850 grammes.

Le 10 matin, 39°.9, soir, 38° 4, douleurs dans les articulations des genoux ; ces douleurs vont s’exagérant, puis disparaissent le 14. L’éruption a fait place aux douleurs ; urine un litre ; état général bon, quoique la température reste à 39°.

Le 15, la température descend au-dessous de 38° ; gaité, alimentation.

Du 16 juillet au 1° août, appétit, digestion, sommeil assez satisfaisant; malgré,ce, amaigrissement et température très variable allant de 37° à 39°.

Le 1° août, incision d’un abeès ganglionnaire. La température descend à 37°, appétit, gaité, sommeil, tout est parfait ; l'enfant engraisse, la guérison est complète.

Le pus, recueilli par M. Louis Martin, de l'Institut Pasteur, et examiné par lui, permet de copétater du streptocoque sans

M Do autre microbe ; streplocoque virulent, qui à tué en deux jours et demi les lapins auxquels il en avait injecté 2 ec. dans la veine de l'oreille.

M. Carron de la Carrière pense, avec raison, qu'à côté de l’éruption ortiée due au sérum, il y a eu, dans son cas, des phénomènes beaucoup plus graves, évidemment dus à la streptococcie, et que l'application du sérum antistreptococcique, associée au sérum antidiphtéritique, aurait sans doute guéri cette infection secondaire.

D'autre part, MM. Roux, Martin et Chaillou, signalent que 128 enfants entrés au pavillon Trousseau pour angines non diphtériques, ont reçu chacun 20 cc. de sérum sans en souffrir aucunement.

Il ne faut done point se laisser décourager par les quelques faits apportés à la charge du sérum : il ne faut pas les oublier non plus. Il n’est pas impossible, après tout, que l’antitoxine (le sérum) qui produit des phénomènes légers, urticaire, etc., chez beaucoup de sujets, puisse, chez d’autres, produire des accidents beaucoup plus graves et même mortels.

ILest donc prudent de ne pas administrer à la légère le sérum antidiphtérique ; mais il serait coupable de ne point en user lorsqu'il paraît nécessaire.

Pour nous, voici la ligne de conduite que nous nous sommes tracée :

En présence d'une angine d'aspect diphtérique (si le diagnostic clinique n’a pas la certitude du diagnostic bactériologique, il fait dans le plus grand nombre des cas connaitre la vérité) avec état général bon, sans complication laryngée, nous faisons un ensemencement et nous nous bornons aux lavages boratés ou salicylés, au jus de citron : le résultat de la culture connue, nous injeetons où non suivant le cas.

Si, par contre, nous avons affaire à une angine qui paraisse diphtéritique ; sielle dure depuis deux, trois ou même quatre

FAN US jours, si elle est étendue, si c’est un jeune enfant, si même, c'est un enfant plus âgé ou un adulte et que l’état général soit sérieux; alors nous n’attendons pas, nous injectons avant que

\ la bactériologie puisse confirmer ou infirmer notre premier diagnostic. La bactériologie ne dictera que notre conduite future.

En présence d'un enfant situé au milieu d’un foyer diphté-

rique et présentant du tirage laryngien, même sans angine,

nous n'attendrions pas davantage, nous injecterions ; l’état de

l'enfant et le résultat des cultures nous diront seulement si

novs devons continuer. Il est évident que l'injection ne devrait

pas dispenser de l'intubation ou de la trachéotomie si celle-ci était urgente.

Enfin en cas d’épidémie diphtérique un peu dense, l'épidémie étant particulièrement maligne, nous n’hésiterions pas à administrer à titre préventif de faibles doses de sérum à des enfants qu'on ne pourrait éloigner du sein d'une famille où règnerait la diphtérie. Nous en eussions usé ainsi notamment dans les cas relatés dans nos observations.

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