‹ Considérations sur une Épidémie de DiphtérieChapitre 20 sur 22 · Ç ST EF · texte numérisé non relu

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o venu du corps depuis deux jours, purgatif au Loue (trois pas-

tilles). Même traitement que les deux autres. Ceux-ci sont dans un état satisfaisant, les sympômes semblent ne pas s'être aggravés ; ils boivent bien leur vin (ils n’en avaient jamais bu tant, ni de si bon). Nous aurions bien voulu éloigner les autres enfants; maisoules mettre ? À l’hospice, même, il ne fallait pas y penser, à cause des autres malades. Tout continua à grouiller là.

90 mai. — Les deux jeunes sont satisfaisants, les phénomènes ne semblent pas trop s'aggraver ; l'aîné seul a un envahissement des fosses nasales complet ; il ne peut respirer que la bouche ouverte. On lui continue le même traitement que la veille ; il lui est fait, en outre, une injection de temps en temps, et, en remplacement du jus de citron, avec de la liqueur de van Swieten dédoublée. Son haleine était un peu fétide. Son pouls était à 116.T. 40°. Tandis que les deux autres restaient à : pouls 102-104, T. 38° 12-39°.

21. — L'ainé est dans le même état. Les membranes semblent se détacher ; peut-être un peu plus de facilité à respirer. Le second semble s'améliorer. Les granules sont mis à quatre par jour pour les deux jeunes. Continuation du reste du traitement. Le plus jeune ne semble pas avoir changé ; nous avons l'espoir que son affection ne sera pas grave. Il mange un peu de viande. Il est donné deux cuillerées à café d'huile de ricin aux deux aînés, qui ne sont pas allés à la selle depuis deux jours. |

22.— Des fragments de membranes sont expulsés : par la bouche et le nez chez l’ainée. Les granules de sulfure de calcium sont réduits à six ; on alterne les injections, une au jus de citron, une à la liqueur de van Swiéten. Le second est dans le même état que la veille ; les fausses membranes semblent vouloir se détacher, elles ont un peu d'odeur, ; il lui est fait matin et soir une injection où plutôt un lavage avec liqueur de van Swiéten.

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Le plus jeune marche vers le mieux.

23. — Chez l'ainé la fièvre baisse, ainsi que chez les deux autres. Les membranes se détachent bien ; la voix reste éteinte : il y à un peu de bouffissure au visage. L'examen des urines donne un peu d’albumine, les deux jeunes n'en ont point, ils prennent de la purée de pomme deterre etun peu de viande ; le lait est gardé pour l’ainé.

25. — Le garçon de treize ans est toujours le plus fortement atteint; son faciès est pâle, bouffi, son pouls 106, température 39°1/2. Badigeonnages toutes les quatre heures. Décoction de quinquina en tisane. Granules six ; il lui est permis de boire un œuf à la coque. Les deux autres vont mieux.Granules quatre. Badigeonnage matin et soir, alimentation substanelle autant que possible. |

. 27. — L'ainé garde toujours son extinction de voix ; l'air passe pourtant par le nez, mais avec une certaine difficulté. L'auscultation ne donne rien de significatif ; quelques gros râles dans les fortes inspirations. La toux, peu fréquente, fait expulser quelques gros crachats, elle est rauque, un peu plus sonore que les jours précédents. Les deux jeunes vont mieux:; ils s’alimentent bien, boivent des œufs, mangent un peu de viande, du pain trempé dans de l’eau et du vin. Un granule le matin, à midiet le soir, lavages à l’eau boriquée bouillie, deux fois par jour.

29. — L’ainé respire assez bien, l'odeur des fosses nasales a disparu à peu près complètement ; lavage des fosses nasales avec eau boriquée,quatre fois par jour. Quatre granules sulfure de caleium à un centigramme ; alimentation substantielle, il avale assez bien. Les deux autres vont mieux ; le plus jeune est levé, au coin du feu. Suppression des granules de sulfure de calcium.

4 juin. — L'ainé présente des phénomènes de paralysie ; les aliments passent quelquelois par le nez, ou bien vont dans

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le larynx et déterminent des accès de toux pénibles.La gorgeet le nez sont dépouillés complétement ; la muqueuse reste un peu rouge et légèrement tuméfiée. Suppression des granules de sulfure de calcium, deux fois par jour ; lavage par le nez avec eau boriquée à # 0/0. Gargarisme avec feuilles de ronce et boriqué à # 0/0. Vin de quinquina, alimentation aussi substantielle que possible. Les deux jeunes vont bien; ils peuvent être considérés comme entièrement guéris; ils se lèvent; se promènent dans leur maison et probablement un peu dans la rue, malgré la défense qui leur en est faite. Traitement: vin de quinquina. s

4. — Je suis appelé de nouveau ; l’ainé ne peut plus avaler, à chaque effort de déglutition, ce sont de véritables efforts ; il a une quinte de toux et une partie des aliments passe par le nez ; la voix est toujours éteinte, il est pâle, visage un peu bouffi, les malléoles ont de l’œdème, traitement. Granules de sulfate de stryehnine à un demi-milligramme, quatre par jour, tisane de feuilles de rose rouge, lait la plus grande quantité possible, œuf, viande, vin.

10. — L'enfant se promène un peu devant sa maison. Mais la nourriture est insuffisante, à cause des difficultés de la déglutition. Traitement : granules de sulfate de strychnine à un milligramme, trois par jour, tisane de gentiane, frictions avec baume de Fioraventi. |

20. — L'œdème a un peu diminué, les urines ne contiennent à peu près plus d’albumine, la paralysie est la même, avec un peu d’incontinence d'urine. Traitement : granules de sulfate de strychnine, trois à un milligramme, tisane de gentiane, électricité tous les trois jours avec l'appareil de Gaiffe, induction volta-faradique.

12 juillet. -- L'œdème a disparu, les urines sont contenues, la voix est plus forte, l'enfant mange assez bien, seulementil reste de la pâleur, de l’anémie. Traitement : sirop d'io-

; — 69 — dure de fer, gentiane, granules de sulfate de strychnine, de chaque, deux fois par jour.

25. — Notre malade va toujours mieux : il reste encore de l'anémie et son gosier, quoique fonctionnant, est encore paresseux. Continuation du traitement, pendant quelque temps encore. L'enfant commença ensuite à servirles maçons. Mais il lui est resté une constitution débile ; il est vrai qu'elle n’était pas très forte auparavant.

Observation XVIII

Angine diphtériqne, traitée par le sérum. — Guérison. — Recueillie par le docteur Albert Gros, d’Apt.

Le 22 décembre 1894, je suis appelé chez le nommé D..., âgé de quarante-trois ans, dont l'enfant est mort du croup le 25 novembre de l'année précédente. Une sœur et un frère du malade sont morts de tuberculose pulmonaire, et lui-même est atteint, depuis plusieurs années, d’un catarrhe bronchique de nature suspecte avec crises asthmatiques.

Le malade est levé, avec unefièvre modérée, 38°3 ; pouls, 94. Sur l’amygdale droite est une fausse membrane grisâtre, assez adhérente, dont je puis cependant détacher quelques débris destinés à être examinés ; autour de la partie malade, qui a la dimension d’une pièce de 20 centimes, la muqueuse est rouge violacé, tuméfiée. Le reste de la gorge est sain.

Avec les débris retirés de la gorge du patient, je fais une préparation extemporanée qui ne me permet pas de trouver de bacille de Klebs-Lœffler, et une culture qui est mise à l’étuve.

23, matin. — Pouls, 98 ; température, 38°6. La fausse membrane à un peu gagné en étendue ; le malade, quoique levé, se sent courbaturé. Un accident étant arrivé dans le réglage de mon étuve, ma culture n’a pas encore poussé.

93 soir, 9h. — Le malade est au lit, abattu, il a une fièvre

PR vive P. 115, T. 39.8. L'amygdale droite est presque toute recouverte par les fausses membranes, qui ont gagné aussi le côté gauche et la luette. La culture m'a donné de belles colonies du microbe diphtérique et j'injecte immédiatement 20 cc. de sérum de Roux.

9% matin. — P.110. T. 39,4. Les fausses membranes se sont étendues très notablement, malgré cette légère diminution de la fièvre, malgré surtout une grande amélioration dans l'état des forces. Le malade dit qu’à partir de minuit, c'est-àdire 3 heures après l'injection, il s'est senti renaître, la vigueur lui est revenue. Nouvelle injection de 20 ce.

Le 24 soir. — L'état général va toujours s'’améliorant, la fièvre baisse franchement. P.95 ; T. 38.2. L’appétit est revenu, mais le malade souffre de la gorge, ce qui l'empêche de manger ; cependant il n’a pas été fait d'autre traitement local que des lavages à l’eau boriquée. Les fausses membranes se sont encore un peu étendues.

Le 25 matin. — P. 90 ; T. 37,8, encore un peu d’extension des membranes; mais, en présence de l’abaissement de la température et de l’amélioration continue de l'état général, je ne fais pas de nouvelle injection.

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Le 26 matin. — Les membranes commencent à se détacher. P. 80; T. 37,4. Un peu de poulet.

À partir de ce jour, les membranes continuent à se détacher et le retour à la santé parait se faire rapidement. L'engorgement ganglionnaire a été modéré et les urines n’ont donné qu'un léger nuage albumineux.

Le malade se lève, le 30 décembre ; mais il se plaint encore de la cuisson de la gorge.

Quelques jours après la déglutition devient pénible, à peine si une cuillerée à café de liquide peut être avalée et encore souvent en passe-t-il une partie dans les fosses nasales ou

dans le larynx. La voix, nasonnée, devient peu à peu inintelligible.

Cet état persiste pendant la plus grande partie du mois de janvier, mettant une entrave très grande à l'alimentation du sujet ; puis, peu à peu, le malade s'améliore, il mange de nouveau assez facilement, lorsque, vers le 10 février, il éprouve des douleurs articulaires vives aux poignets et aux genoux et, malgré une alimentation réparatrice, sent faiblir ses bras et ses jambes. Le bâton sur lequel il s'appuie lui tombe des mains ; il ne peut arriver à boutonner ses vêtements, et enfin il en arrive à ne plus pouvoir marcher du tout, vers la fin février.

Electricité, frictions, massage, strychnine, sont employés et peu à peu la paralysie disparaît. Le malade marche à la mi-avril et peut reprendre ses occupations vers la mi-mai.

Observation XIX

(Recueillie par mon frère Victor Bonnet)

Depuis quelque temps l'épidémie s'était calmée, lorsque, au mois de juin 1895, un nouveau foyer ayant pris naissance dans une école mixte d’un hameau de la commune d’Oppède, le 2 de ce mois, je fus appelé pour un premier cas.

J’employai le sérum.

C'était une jeune fille âgée de 9 ans, fille d’une couturière, nommée P. R., habitant juste à côté de l’école. L'entrée de cette maison fut absolument interdite, surtout aux enfants. Les linges souillés furent en partie brûlés, ceux conservés, ébouillantés et trempés dans une solution antiseptique. Les crachats, recueillis dans de la sciure, furent brûlés aussi. Malgré toutes ces précautions, la maladie prit de l'extension ; six Jours après, un nouveau cas se déclare chez un garçon de 10 ans ; puis ce

is fut le tour d'un troisième. J'arrivai ainsi à onze cas, dans l'espace de trois semaines.

Sur ces onze cas, J'ai eu deux décès, un où je suis arrivé l'enfant étant in extremis, et où je n'ai pu faire l'injection de sérum Roux. Ce cas doit donc être éliminé.

Sur les dix cas où l'injection a été employée, je n'ai eu qu'un seul décès, A. H. Je dois, à ce sujet, entrer dans des détails qui me paraissent intéressants, d'autant plus que, pour ôtre juste, je dois dire le bien et le mal que j'ai constaté dans l'emploi de la méthode Roux.

C'est le 14 juin 1895 que l’on m'amena, dans la journée, le jeune À. H., âgé de 8 ans ; il avait une angine qui me parut simple ; j’ordonnai le sulfure de calcium à l’intérieur, les imsufflations de borate de soude phéniqué comme topique local.

Pendant la nuit suivante, on vint me chercher, l'enfant étant dans un état de suffocation très grande. Quand j'arrivai, je trouvai des fausses membranes développées dans le pharynx, sur les amygdales, dans les fosses nasales ; je fis l'injection de sérum ; dès le lendemain, le mieux se produisit et, au bout de quelques jours, l'enfant était complètement bien. Je cessai de le voir le 26 juin.

Je le croyais guéri, lorsque le 23 juillet, sa mère me l’amena - parce qu’il avait un peu de gêne dans la déglutition et que le sens musculaire était altéré, les groupes musculaires se contractant sans que les antagonistes entrassent en contraction, ce qui lui faisait exécuter des mouvements de la tête, des bras, du tronc et des jambes, d'une désordonnance qui ressemblait à la chorée, avec cette différence que, si l’on ne lui avait pas commandé un mouvement, le corps serait resté dans une position constante, irrégulière, mais sans contractions involontaires.

J’ordonnai des granules de strychnine en priant la mère de m'avertir sil n'y avait pas d'amélioration. L'amélioration se

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fit au bout de quelques jours ; l'enfant avalait mieux, il pouvait se promener tout seul dehors, ce qui fit que je ne lui donnai plus mes soins.

Tout-à-coup, le 29 juillet, l’enfant se trouve beaucoup plus fatigué, il ne peut plus se lever, le pouls devient faible, précipité, irrégulier; les bronches ne peuvent plus se vider ; c’est en vain que j'ordonne de la strychnine, des toniques et tous les remèdes employés en pareil cas; le 1° août, il succombe aux progrès de la paralysie.

Voilà donc un cas assez remarquable où l'injection du sérum Roux à guéri rapidement les manifestations premières de la diphtérie, sans que pour cela la maladie fût guérie en réalité, puisque le malade a succombé aux manifestations tardives, un mois et demi après les premiers signes diphtériques.

Un autre cas intéressant de cette période épidémique, est celui concernant le fils aîné de G. S... Cet enfant a été atteint une première fois de diphtérie au mois de mars 1895 ; guéri alors par le sérum, 1l à été atteint de nouveau par la même maladie, en octobre de la même année ; il a guéri de nouveau, cédant l'affection à son frère, enfant à la mamelle, qui a guéri aussi par le même moyen. Chez ce dernier j'ai eu, c’est la première fois que cela m'arrive, un abcès à chaque piqûre, malgré les précautions antiseptiques prises comme pour tous les autres.

Observation/XX

Diphtérie de moyenne intensité. — Guérison

(Recueillie par le docteur Albert Gros)

Je vois, le 15 janvier 1895, dans la matinée, le nommé G., âgé de 40 ans, domicilié à Apt. Cet enfant est mal en train depuis quelques jours ; il a eu des frissons, dit-il, le 12.11 se plaint de céphalalgie, de courbature, mais pas de la gorge ;

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cependant les deux amygdales sont recouvertes chacune d’une large plaque d'aspect diphtérique ; les ganglions de l'angle de la mâchoire présentent une légère tuméfaction. T. 39,5. P. 115. J'essuie avec un tampon de ouate hydrophile sec les deux amygdales et je ramène quelques débris pseudo-membraneux. Avec ces débris je fais, arrivé chez moi, un frottis que je colore au bleu de Roux et, au milieu d’une foule d'éléments figurés, je croisreconnaitre quelques bacilles de Lœffler. Je fais, d'autre part, une culture sur sérum.

Le soir, T. 40; P. 120. — Sans attendre le résultat de ma culture, j'injecte 20 ce. sérum antidiphtéritique (de Roux).

Le 16 matin, de belles colonies diphtéritiques ont poussé dans mes cultures, mais le malade est mieux. T. 38,5; P.1 00. Les fausses membranes n’ont pas progressé.

Le 16 soir, même état que le matin. T. 38,4; P. 96. L'enfant est content, il n’a pas cet affaissement que nous étions habitués à voir chez nos diphtériques.

Le 17 matin, la température est stationnaire à 38,5; P. 105. Quoique les membranes commencent à se bien détacher et que l’état général reste bon, comme je dois rester absent pendant 24 heures, je juge prudent d'injecter à nouveau 10 cc.

Le 18, l'enfant est vraiment bien. T. 37,5; P. 84. L’amygdale droite est complètement dépouillée. [1 existe encore sur l’amygdale gauche quelques membranes flottantes. La tuméfaction ganglionnaire a diminué.

Le 19, T. 37,5; P. 80. Etat bon, l'enfant réclame à manger.

Le 20, il n'y a plus du tout de fausses membranes: l'enfant est guéri. |

L'examen des urines, pratiqué une fois le 17, n'a donné qu'une petite quantité d'albumine.

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Observation XXI

(Personnelle)

Origine diphtérique traitée par sérum.

Le 30 novembre 1895, appelé chez la veuve À... pour voir son fils, âgé de 12 ans. Tempérament lymphatique, constitution frêle ; il avait mal à la gorge depuis deux jours ; les ganglions sous-maxillaires étaient tuméfiés, les amygdales et le fond de. la gorge recouverts de fausses membranes, peu épaisses, grisâtres. Temp. 39°7 ; puls. 102.

Traitement. — Granules de sulfure de calcium à un centigramme, un toutes les deux heures ; attouchements avec jus de citron toutes les heures ; fumigations au goudron. Vin

a , Q . . , = généreux, lait. Les urines contiennent de l’albumine.

1 décembre. — Pouls 104 ; temp. 39°9. — Fausses mem-

.branes dans le nez, du côté droit seulement. L'enfant n’a pas

dormi; il ne veut plus rien prendre ; il y a un peu de tirage. Teint pâle, légèrement plombé, épaississement des fausses membranes de la gorge, éruption rubéolique sur la poitrine, pas de coryza ni de larmoiement, ganglions sous-maxillaires tuméfiés, urines très chargées. Voix éteinte complètement.

Traitement. — Injection de 40 cc. sérum Roux. Continuation du reste du traitement ; le malade est alimenté aussi bien que possible.

2. — Même état, l’éruption s’est étendue sur le ventre et les cuisses. Pouls 108 ; temp. 40° ; l'examen bactériologique donne du Læffler et cocei associés.

3. — Pouls 104 ; temp. 39°6. — Les membranes commencent à se détacher, l’éruption s’est répandue sur tout le corps ; urines très chargées en urates ; filtrées, elles contiennent beaucoup d'albumine. Vu cette situation, il n'est plus fait d'injec-

tion antidiphtérique, nous conformant ainsi à la ligne de conduite tracée par M. le professeur Carrieu, qui dit: « S'il y a peu d’albumine, injection de sérum ; si l’albumine diminue, réinjecter ; s’il survient, au contraire, dessymptômes urémiques, s'abstenir. » (1).

4, — Les membranes se détachent bien. — Pouls 102. T. 39°1. Le malade parle à voix basse, il est plus gai ; douleurs articulaires, surtout dans les épaules et dans les genoux.

5. — Les fausses membranes de la gorge se détachent par gros fragments. Celles du nez se sont arrêtées dans leur évolution. — P, 98.T.38°7. L'éruption persiste, les douleurs aussi, mais l'alimentation se fait mieux, la gaité revient.

6. — L'état va s’améliorant toujours, l’éruption diminue. P. 96. T. 58°5. Le tirage a disparu, la voix est assez forte pour être entendue de ceux qui sont autour du lit. Les douleurs articulaires sont moindres.

7. — Ilne reste plus que quelques fragments de fausses membranes sur les amygdales. — P. 92. T. 579. L'enfant parle, s'amuse et demande à lire des livres de prix ; il prend son lait et ses aliments, mais se refuse encore à avaler de la viande.

Traitement. — Granules de sulfure de caleium réduits à six. Fumigations à l'acide phénique et goudron. Lavages à l'eau boriquée par le nez. Suceion de citron presque constante.

8 décembre, — Le malade va mieux, plus de fausses membranes, l'appétit est bon, la voix est naturelle, les ganglions sont diminués. — P. 92, T. 37T°8.

Traitement. — Granules réduits à quatre dans les 24 heu-

res, pastilles au borate de soude, lavages boriqués matin et soir. Vin de quinquina à la gentiane, lait un litre ; les urines

(1) Monteux, Thèse de Montpellier, 1895.

LRQ TE SRE contiennent toujours beaucoup d’albumine. Vin vieux, viande rôtie très bien acceptée.

9 décembre. — P. 87. T. 37°5. L'état général est bon; le malade est levé dans sa chambre, où il est consigné ; il lit : toutes les fonctions se font bien : il dort. Les douleurs ont disparu.

Dans ce cas encore, le sérum antidiphtérique semble avoir donné de très bons résultats, nous sommes porté à le croire. Les fausses membranes ont commencé à s'éliminer dès la trentième heure après l'injection. Il n’en a été fait qu’une, à cause de l'éruption et de l’albuminurie. Il est, cependant, difficile de pouvoir se prononcer, à cause de toutes les autres médications faites simultanément. N’aurons-nous point d'accidents consécutifs ? Le fait est trop récent pour pouvoir le dire; mais nous avons voulu le donner, parce que c'était le dernier malade que nous avons eu à traiter.

L'étude de l'épidémie de diphtérie que nous venons de relater a beaucoup servi à notre instruction personnelle ; elle a redressé les opinions du début de notre carrière médicale et, si elle ne nous a point fait faire de découvertes, elle nous à permis de corroborer celles déjà faites dans ces dernières années.

On peut cependant en tirer quelques conclusions qui lui sont propres et d’autres qui, quoique déjà faites, ne sauraient trop être répétées. ?

La diphtérie laryngée à été très rare dans l'épidémie du Luberon : quatre cas sur trois cent vingt-quatre, alors qu'elle est beaucoup plus fréquente dans les hôpitaux Ce Paris. Cela paraît tenir au climat plus sec du Midi, qui prédispose moins aux affections du larynx et peut-être un peu au génie épidémique.

La mortalité n’a pas été bien élevée, 33 0/0. Si l’on consi-

LH TeS dère que les soins n'ont pu être que très mal donnés : d'une part, le médecin n’était souvent appelé qu'in extremis où ne pouvant, vu l'éloignement, faire que de très rares visites ; d'autre part, les familles ne comprenant pas l'importance des soins prescrits ou ne sachant pas les appliquer.

Assez souvent la mort est arrivée après deux ou trois Jours ; elle s’est fait quelquefois attendre jusqu’au quarante-cinquième ; ordinairement elle a eu lieu du huitième au onzième jour. |

Parmi les méthodes de traitement employées avant la sérothérapie, celles basées sur l’antisepsie locale, applications d'acide phénique ou de sublimé et jus de citron, ont paru avoir le plus d'efficacité.

Les jeunes enfants ont été rarement atteints dans les communes où notre frère et nous exerçons la médecine, et où il n'y a pas de salle d’asie ; en général, ils avaient au moins six à sept aus et fréquentaient les écoles primaires.

A Apt, commune plus importante, où existe une salle d'asile très peuplée, la proportion des diphtériques de deux à sept ans à été beaucoup plus considérable.

Une diphtérie pharyngienne et une diphtérie parfois très étendue et très grave, ont été souvent rencontrées chez des enfants qui, avec une fièvre assez forte, ne toussaient pas et n'appelaient nullement l'attention du côté de la gorge.

D'où la règle, pour les médecins, d'examiner toujours le gosier des enfants en période d’épidémie.

Nous avons signalé et observé des cas de diphtérie très légère qui n'enlevaient pas ceux qui en étaient atteints à leurs occupations où à leurs jeux, et ces diphtériques étaient souvent la cause de maladies mortelles chez les contagionnés ; c'est-à-dire que les cas graves peuvent déterminer des cas bénins, et que les cas bénins peuvent déterminer des cas graves, Cela doit tenir au milieu ou à l’état de réceptivité du sujet.

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