‹ Consolations à ceux qui pleurent au Trésor des malades [microforme]Chapitre 10 sur 89 · I. — LE CORPS · texte numérisé non relu

I. — LE CORPS

Qui credit in me, non morietur in æternum.

Celui qui croit en moi, ne mourra pas.

(Joan, xr., 26.)

C'est cette foi sublime à l’immortalité qui a porté tous les hommes à honorer la cendre des morts d’un’ culte touchant, d'un culte de respect et de larmes. Ces restes sacrés, car C’est ainsi qu'on appelait la dépouille d’un homme mort, étaient conservés avec un soin particulier, soit qu’on . les eût embaumés, soit qu’on les eût brûlés, pour les préserver de la corruption de la tombe. On ne pensait donc pas que tout était mort ; et dans le christianisme on a de plus toujours cru que cette poussière se ranimerait un jour ; et l'Eglise, dont la foi est sûre, et l'espérance est certaine, va plus

Join encore dans ce culte des morts; elle va jusqu’à leur donner l’encens qui n’est dû qu’à Dieu ou aux objets consacrés à Dieu ; supposant que ces défunts sont morts dans l'amitié de Dieu, ce qu’on doit toujours supposer en l'absence de preuve du contraire, elle considère leurs restes comme saints, ayant été consacrés à Dieu par le baptême, et toute leur personne sanctifiée par les sacrements.

Après avoir indiqué comment nous devons agir auprès des malades et des mourants, nous allons, dans deux leçons spéciales, voir comment nous devons nous comporter à l'égard des morts. Aujourd'hui, nous ne parlerons que du corps, et, dans la leçon suivante, nous parlerons de l'âme de ces chers défunts.

I. Avant l'ensevelissement. Quand le mourant vient de rendre le dernier soupir, silence et prières ; etc., qu'on tâche d’éviter les cris, les scènes, par respect pour la mort même et pour le jugement de Dicu qui est tout près : Dominus enim propè est (Phil., 1v, 5), On s'incline, on prie en silence! une personne de l’assistance ferme les yeux et les lèvres, stipendia

peccati mors (Rom. vi, 23) ; la mort est le juste salaire du péché... On met une croix sur lo cœur, l’eau sainte auprès des cierges bénits qui vont brûler aux pieds du corps immobile et glacé. Ce n’est qu'après une heure au moins, que l’on doit s'occuper de ce que l’on appelle la toilette des morts, afin que la paix, le calme, je dirai la majesté de ce repos éternel ne soit pas altérée….

On procède à l’accomplissement de ce devoir religieux en silence ; on ne touche qu'avec respect à ces restes sacrés, et à dater du moment que ces soins ont été donnés, et quand Île corps a été remis dans sa couche, il doit y avoir toujours une croix, deux flambeaux, le rameau bénit, l'eau sainte, et au moins une personne qui prie ; si on peut, un prêtre qui veille, ou une sœur ; celle qui a soigné le malade, et qui va lui continuer son service de charité,

II. L'ensevelissement. C'est une des sept œuvres de miséricorde corporelle, un acte éminemment religieux. Tobie a été loué par l'Esprit-Saint pour avoir rempli ce devoir auprès des pauvres. Il fut un temps, dans l'Eglise, où c'était un privi-

lége réservé à des ordres religieux; des mères chrétiennes n’ont pas voulu confier ce soin à d’autres; elles mêmes ont eu le courage d’ensevelir leurs enfants. Nous recommanderons encore ici le silence, le recueillement, la vénération pour le corps, temple de la Divinité.On peut méditer doucemeut sur l'éternité ; se rappeler quelques sentences des Ecritures ou des Docteurs sur la mort; ou les réflexions graves de Bossuet, qui trouve, dans le linceul dont en se sert pour la sépulture, une image des langes dont on enveloppe l'enfance, et dans la tombe même une ressemblance avec le berceau ; c’est pour cela qu'il est beau de voir une mère coucher son enfant dans le berceau de l’immortalité, ct c’est ce qui s'est vu plus d’une fois déjà, parmi les membres de notre Association.

III. Les funérailles ou le convoi; l'enterrement. Je dirai ici, en peu de mots, à nos chers frères ce que je pense : il faut de la convenance, assurément; quod decet, selon la position, la fortune; mais pas audelà. On s’efforcera toujours d'éviter une douleur éclatante et stérile; une douleur excessive ct fastueuse; une douleur vaine

A CEUX QUI PLEURENT. de

et superstitieuse.—Sférile, celle qui ne va pas plus loin que la terre, qui ne suit pas cette chère âme par la prière ou l’aumône.

—Excessive, celle qui ne garde pas d’espérance, qui pousse des cris et se donne en spectacle par des scènes : Qu'on le sache bien: lugentes stupent ; la grande tristesse est silencieuse et immobile : souvent même elle ne peut avoir des larmes.— Su.

perstitieuse, c’est la douleur qui s’abandonne à des terreurs vaines ; qui croit aux songes lugubres, sux noires idées. Que votre deuil soit digne, votre chagrin calme ; que la foi, l'espérance soient la règle, même de ces jours de pleurs.

Eofin j'ajouterai, pour dernier conscil, qu'il ne faut jamais manquer de saluer avec foi.et respect lorsqu'on rencontre un convoi, ou quand on passe devant un mort.

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