‹ Consolations à ceux qui pleurent au Trésor des malades [microforme]Chapitre 30 sur 89 · PIETÉ ENVERS LES MORTS · texte numérisé non relu

PIETÉ ENVERS LES MORTS

(P, Félix.)

La dévotion envers les morts n'est: pas seulement l'expression d’un dogme et la manifestation d'une croyance, c'est un charme de la vie, une consolation du cœur ; et de tous les retranchements que le Protestantisme a fait subir à l'intégrité de la doctrine catholique, le plus étonnant et le plus inconcevable est sans contredit celui qui, en supprimant la prière et le sacrifice pour les fidèles trépassés, brise ce commerce sacré qui nous unit, encore après leur mort, à ceux que nous avons aimés pendant leur vie.

Qu'y a-til, en effet, de plus suave au

A GEUX QUI PLEURENT, 117

cœur que ce culte pieux qui nous rattache à la mémoire et aux souffrances des morts? Croire à l'efficacité de la prière ct des bonnes œuvres pour le soulagement de ceux qu’on a perdus; croire, quand on les pleure, que ces larmes versées sur eux peuvent encore leur êtré éecourables ; croire enfin que même dans ce monde invisible qu'ils habitent, notre amour peut encore les visiter par ses bienfaits: quelle douce, quelle aimable croyance ! et dans cette croyance, quelle consolation pour ceux qui ont vu la mort entrer sous leur toit et frapper tout près de leur cœur ! Ce mélange de la religion et de la douleur, de la prière et de l’amour, a je ne suis quoi d'exquis ct d'attendrissant tout ensemble. La foi, l'espérance et la charité ne se rencontrent jamais mieux pour honorer Dieu en consolant les hommes, et mettre dans le soulagement des morts la consolation des vivants ?

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