‹ Consonnances et dissonancesChapitre 35 sur 60 · LA PREMIÈRE PARTITION DE MIREILLE · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE PARTITION DE MIREILLE

est impossible de juger sainement Mireille, et bien des personnes qui ignorent la vraie partition trouveront mon admiration quelque peu exagérée. Mais qu il vienne un jour où un directeur parisien, intelligent et artiste, se décide à reprendre Mireille telle qu elle a été primitivement conçue, en n’y faisant que de rares coupures dans certains chœurs, d’une valeur plus que contestable, et dans certains passages de virtuosité complètement démodés aujourd hui, en l’encadrant de décors bien appropriés, en la rajeunissant d une mise en scène nouvelle, et Ion verra alors le public étonné de la révélation, mettre Mireille, sinon au dessus, du moins sur le même rang que Faust et que Roméo . (f)

(1) Ces lignes datent de 1895. Depuis qu’elles ont été écrites le directeur que je souhaitais s’est trouvé en M. Albert Carré qui a repris Mireille d’un façon à peu près complète. Pourquoi n'a-t-il pas joué l’œuvre en son intégrité? La valse et le duo : La foi de son flambeau divin, — les deux choses les plus mauvaises de la partition qui n’existent pas dans la version primitive, — ont été conservés Par contre, au dénouement deux importants passages nont pas été rétablis. Cela est parfaitement regrettable. Il appartenait à M. Carré de donner au public l'occasion d’entendre Mireille telle que Gounod l’a écrite sans concession au mauvais goût. Je veux espérer que l’éminent directeur de l’Opéra-Comique accomplira, un jour ou l'autre, cet acte de justice.

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