LA FIANCÉE DE LA MLR
premiers violons, continuée d’abord par les violoncelles et les contre-basses, puis par les second violons, enfin par les altos et les cors.
Cependant le brouillard s’est complètement dissipé. Les habitants apparaissent aux portes et aux fenêtres, échangeant quelques mots. Le port s éveille à la vie. Cette scène, traitée dans le style d’opéra-comique, se déroule sur un aimable allegretto à 2/4. Une jeune fille ouvre sa croisée et accroche au dehors une cage à pinson, en chantant un refrain d’allure populaire : Danse! Danse! \oieimon bel amant! Arr y et Kerlin reviennent. Un bref motif se fait entendre p 26 m. 7, au quatuor sur la 4e corde avec le talon de l’archet, à l’arrivée du patron Wulf dont il indique à merveille la Brusquerie . Arry s’avance vers lui ; le vieux marin lui ordonne de courir vite à l’ouvrage, mais sur l’intervention de Kerlin dont le motif d 'Amour reparaît ici sous une nouvelle forme, il consent enfin à écouter le jeune homme. Je n’aime guère le passage dans lequel Arry rappelle à Wulf tout ce qu’il lui doit. L’idée mélodique de ce fragment est par trop banale. Wulf refuse de consentir à l’union projetée, pour le moment du moins. Qu’Arry fasse des économies et achète une barque ; l’on verra alors. Le thème de la Brusquerie se maintient à l’orchestre.
Celui de Y Amour de Kerlin, modifié d’une autre façon, se retrouve p. 31 m. 3. Même page, m. 7, 8, au chant et à l’orchestre, thème Amour d’Arry. Les deux motifs à' Amour, celui de Kerlin confié aux violons, celui d’Arry aux violoncelles s’unissent p. 32 m. 9 et p. 33 m. 1.
Malgré les supplications des amoureux le père reste inflexible. A ce moment s'avance un autre jeune pêcheur. Kerdée est un ami d’enfance d’Arry qui, deux fois déjà, lui a sauvé la vie. Mon oncle m'a laissé une barque ; elle est à toi , lui dit il. Et se tournant vers Wulf, il le prie à son tour d'unir Arry et Kerlin. Le vieux finit par céder, en grommelant comme toujours. Un nouveau leitmotio apparaît p. 33 m. 4 aux flûtes, hautbois et bassons ; c’est celui de Kerdée dont il peint bien le caractère loyal et franc. 11 revient sous une autre forme, même page, m. 7 et alterne dans la fin de la scène avec ceux de la Brusquerie et de Y Amour de Kerlin. Ce dernier se superpose encore à celui de Y Amour d’Arry, p. 35 m. 10 et p. 36 m. 1. Au lento de la p. 35, quand Wulf dit aux fiancés que le mariage aura lieu l’an prochain, le jour de la bénédiction de la Mer, les bois, les cuivres et le quatuor font entendre une transformation, en valeurs diminuées, du thème religieux qu'on trouvera au 3° acte sous sa forme principale.
Resté seul avec Kerdée, Arry le remercie chaleureusement. Sa reconnaissance est d'autant plus grande qu’il sait fort bien que son ami aime, lui aussi, Kerlin. Mais celui-ci se fait un bonheur de se sacrifier et d’unir la jeune fille à l’élu de son cœur. Cette courte scène, d’un sentiment très juste, est soutenue par les motifs propres à Arry et à Kerlin. Le premier subit
p. 39 m. 4 et suivantes une modification. Un homme entre, l’air sombre et sauvage. Il va s’asseoir dans un coin, sur un tas de cordages. C’est un mauvais garnement du nom de Morik qui n’a d’autre métier que de courir les côtes à la recherche de quelque épave. A son arrivée, deux thèmes se superposent. Le premier, un motif de Haine, de Vengeance éclate aux cors; le second, déroulé par le cor anglais, synthétise la Sournoiserie du rôdeur de grèves.
Une bande de pêcheuses de crevettes accourrent en chantant un petit chœur plein de gaieté puis, sur un joli scherzando, elles se mettent à plaisanter Morik et à le faire enrager. Le motif de la Sournoiserie revient p. 44 à landante et p. 45 m. 1. Parmi les pêcheuses, une jeune fille à l’allure décidée, Djovita, dans les veines de laquelle palpite du sang espagnol, est couvée des yeux par Morik. Deux jeunes matelots surviennent à leur tour et se mettent à lutiner Djovita, mais celle ci ne fait attention qu’à Kerdée. Son regard ne le quitte pas. Elle entonne une chanson pleine de couleur où elle déclare se moquer des hommes et de l’amour. Morik la prend à part pendant que murmure le thème de la Sournoiserie. Si ton cœur est de glace, lui dit-il, -pourquoi suivre ainsi Kerdée de regards brûlants f La foule envahit la scène. Le moment est venu où les barques vont appareiller pour l’Islande. Page 51 m. 3 et suivantes, les violoncelles exposent le motif du Départ que les chœurs développeront tout à l’heure. Le thème de la Haine s’unit m. 4 et 5 à celui du Départ.
Arrv rejoint Kerlin et lui promet encore une fois de ne l’oublier jamais. Réapparition des accords du Serment , du thème à! Amour du jeune marin et du motif de la Mer. Tout le monde se fait ses adieux. Kerdée, songeur, considère Kerlin sans s’occuper de Djovita dont le sombre regard le suit avec jalousie. La pêcheuse de crevettes, d’un air de défi, se met à chantonner les premières mesures d’une ancienne mélodie flamande qu’elle chantera, plus tard, en son entier, au 2e acte. Morik se rapproche de la jeune fille mais elle le repousse. Juste à ce moment Kerdée tend la main à Djovita qui, tout heureuse, lui souhaite bonne pèche et bon retour. Morik, lui, murmure : Périsse ton bateau, tandis qu’à 1’orchestre gronde son motif de Haine. Les barques, les unes après les autres, commencent à sortir du port, alors que, de tous côtés, se croisent, sur le motif du Départ , les souhaits et les adieux. Une trompette p. 63, m. 4 et 5 lance le thème de la Haine soulignant les imprécations que Morik continue à proférer contre Kerdée. Le rideau tombe sur le motif de la la Mer clamé fortissimo par tous les cuivres. Ce final, extrêmement vivant et sans développements inutiles, est tout a fait remarquable.
Le second acte se déroule, quelques mois après, dans la maison de M ulf. Le malheur s’est appesanti sur la famille. Arry a été emporté par une lame, là-bas, en Islande ; la barque de Wulf, son seul bien, a coulé. Et