EXTRAITS DES. INTERROGATOIRES DE BERTRAND
D, — S'il connaît le nommé Jourdeuil?
R. — Dit que Jourdeuil soignait le cheval d'un chef de chouans.
D, — Interpellé d'avoir à écrire sous notre dictée.
R. — Répond que cela est inutile.
D. — Averti que son refus serait une présomption contre lui, et qu'il doit écrire sous notre dictée les adresses que nous lui indiquerons avec les moyens dont il se sert lorsqu'il écrit des lettres.
R. ^ Répond qu'il est fatigué de la chaleur, qu'il verra quand il sera en justice, qu'il n'est pas devant un conseil de guerre et qu'il n'écrira point; que d'ailleurs U est fatigué de tout ce qui lui arrive.
D. — Interrogé s'il peut donner d'autres pièces écrites de sa main?
R. — Répond qu'on en trouvera autant qu'on voudra à Mayence.
D. — Interrogé s'il connaît Chausseblanchc.
R. — Répond qu'il le connaît pour lui avoir acheté de la cire à cacheter.
Dans la maison d'arrêt de la ville de Rennes.
Nous préfet du département d'Ille-et-Vilaine avons fait venir devant nous le citoyen François Bertrand, auquel nous avons représenté que le général Simon nous avait remis une déclaration signée de lui, relative au complot de distribuer des libelles dans Tarmée, et qu'il s'était rendu prisonnier et était parti pour Paris, sous la conduite d'un officier de gendarmerie, qu'ainsi lui, citoyen Bertrand, ne peut plus avoir de motif pour ne pas reconnaître la vérité et nous la dire avec franchise.
R. — Répond qu'il a cédé à la proposition du général Simon de répandre des libelles dans l'armée.
D. — Interrogé sur les circonstances dans lesquelles le général Simon lui a fait cette proposition.
R. — Répond que le général Simon ayant appris la nouvelle du Consulat à vie, et ayant rencontré le répondant sur la place lui parla avec force des inconvénients qu'il prétendait attachés à cette mesure, de l'avantage avec lequel on pourrait profiter du mécontentement qu'elle allait occasionner, et des abus qu'il supposait exister. Le répondant ajoute que le général parvint à lui communiquer son exaltation et lui fit partager le plan de distribuer les libelles.
D. — Interrogé quels sont les auteurs des libelles?
R. — Répond qu'il a fait lui-même l'Adresse aux armées, et que le général Simon a fait l'Appel aux armées et la Pétition de V Ordre de Saint-François....
... D. — Interrogé quels sont les papiers qu'il a brûlés lors de son arrestation.
R. — Répond qu'il n'a brûlé que des correspondances de femme, et aucun papier quelconque relatif aux libelles.
... D. — Interrogé comment les libelles ont été portés après l'impression.
R. — Répond que Jourdeuil est allé les chercher chez Chausseblanche, qu'on les a mis dans un sac, et portés chez lui, et que de là un charretier du général Simon les a portés chez celui-ci où l'on a fait tous les paquets, et ensuite le charretier les a reportés chez lui Bertrand où ils sont restés jusqu'à l'envoi pour les diligences.
ARMAND PINOTEAU