‹ Conspiration pour l'égalité dite de Babeuf (volume 3)Chapitre 9 sur 46 · l'insurrection · texte numérisé non relu

l'insurrection

les nuances , et de la joie que des changemens si populaires eussent excitée dans la classe nombreuse des hommes laborieux et des malheureux , allait s'élever la nouvelle convention i , portée a fonder solidement légalité par les principes de presque tous ses membres , et par les vœux du peuple dont elle eut été entourée.

A coté d'elle , le comité insurrecteur secondé parles magistrats installés par l'insurrection, eut présidé , au moins provisoirement , a l'exécution des dispositions de l'acte qui devait mettre les citoyens en mouvement; a sa voix, Ténorme masse des pauvres de Paris eut été subitement tirée de ses taudis , et transportée dans des logemens sains et commodes; des habillemens eussent été fournis aux malheureux, et les effets, déposés au montde-piété , leur eussent été gratuitement rendus.

En même temps on eut veille soigneusement à assurer la subsistance du peuple ; les principes de la nouvelle révolution auraient été expliqués aux citoyens , dans les assemblées qu'on devait rouvrir ; une nombreuse garde populaire aurait contenu les malveillans et facilité toutt s les opérations qu'on aurait jugées nécessaires pour l'affcTmissement du nouveau système.

11 est impossil)lc de déterminer avec exactitude

» Compostée d'environ i7odcputd3.

combien il eut fallu déployer de force; les conjurés voulaient l'emporter à tout prix et étaient bien décidés a vaincre ou a s'ensevelir sous les ruines de la patrie. Hors le cas de résistance , la sévérité à employer n'eut pas excédé la punition des usurpateurs en chef, et l'arrestation des hommes dangereux , dont le comité insurrecteur avait fait faire la nomenclature.

Aux préparatifs , jugés nécessaires pour renverser l'échafaudage construit par la nouvelle aristocratie , il avait fallu joindre ceux qui paraissaient les plus propres a rendre la révolution de Paris commune à toute la république, et a y établir les institutions de l'égalité et la souveraineté du peuple.

Dépariemens. Dcs Ic commencemcnt de son existence , le comité insurrecteur s'était occupé des départemens et des armées ; partout il avait fait circuler ses écrits ; partout les démocrates connaissaient ses projets et étaient prêts à y coopérer. Il y avait auprès d'un membre du comité , une correspondance volumineuse, qui indiquait les lieux où les démocrates étaient en force , et les hommes en qui on pouvait placer le plus de confiance ; de toute part on apprenait que les révolutionnaires, abandonnant les nuances d'opinion qui les avaient divisés, se ralliaient unanimement au parti de la pure égalité.

A regard des armées , le comité savait combien les commissaires de la convention avaient eu de peine a y étouffer , après le g thermidor , ce qu ils appelaient ï esprit d'anarchie et d'insubordination ; il n'ignorait pas que la constitution de Fan III avait fait murmurer des armées entières ; il était instruit que les soldats supportaient impatiemment le commandement des officiers réintégrés à la suite du 9 thermidor , et que , parmi les chefs dont quelques-uns correspondaient avec lui , il y en avait plusieurs qui étaient encore fortement attachés aux principes de la démocratie ^ ; il était d'ailleurs autorisé à compter sur le concours de quelques conventionnels , que le directoire exécutif avait envoyés auprès des armées de la république.

Au surplus , il était vraisemblable que l'exemple de Paris donnerait au peuple de toute la France une impulsion que la connaissance de la vérité eut rendue irrésistible. A Teffet de répandre parmi les soldats cette connaissance sur laquelle le comité insurrcctcur fondait principalement ses espérances , on devait leur envoyer des commissaires, et leur adresser des proclamations » conformes à celles par lesquelles on se préparait

I Ils nMtaicnt pas encore couverts des clc'pouillcs de l'Italie , de la Suisse , de l'Egypte, de TAUcmagne et de l'Espagne.

' Voyez-en l'esprit dans celle 'nuiMo. aux pièces justificatives , n« 27.

à annoncer au peuple français la nouvelle de sa rédemption.

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