MAETERLINCK
Adalbert était convoqué chez madame Erbeline aussitôt après le déjeuner, à deux heures. Elle avait promis d'être seule.
Il se dirigeait vers ce rendez-vous avec une certaine appréhension, parce qu'il ne savait pas du tout ce qui allait se passer.
Depuis la veille, et l'apparition lénifiante de Constance aux courses, il avait eu le temps de se reprendre et de réfléchir. Il se rendait bien
i. Sœur Béatrice,
compte que la jeune femme n'était pas éprise de lui, mais d'autre part elle n'avait pas l'air coquette le moins du monde ; il la voyait sincère et amicale, il la devinait un peu triste, et c'est tout. Alors? Que pouvait-il préjuger? Il n'y avait qu'à s'avancer dans les ténèbres.
L'anecdote des Fossés aussi à plusieurs reprises avait surgi dans sa mémoire de façon désagréable. Mais cela ne pouvait amoindrir la passion qui montait en lui, car une passion naissante se fortifie également des satisfactions et des déboires. Quand on a un bel amour planté au milieu du cœur, on voit que le chagrin et la joie sont deux maillets différents, mais qu'ils tapent tous les deux sur le même clou.
Enfin, s'il aimait Constance, Adalbert n'avait pas du tout envie d'elle. Il n'avait pas encore songé à en avoir envie.
Jusqu'ici elle était pour lui plutôt une enfant qu'une femme ; elle était comme une poupée qu'il berçait dans ses rêves, une petite chose fragile qu'on câline et sur laquelle on se penche, à qui l'on dit ses secrets et qui ne sait rendre comme réponse que l'écho adouci des questions qu'on pose.
Depuis un mois qu'il pensait à elle absente, il s'était ainsi fait une Constance à lui, qui vivait devant ses yeux dune vie idéale et peutêtre mensongère, et qui cependant pour lui était plus réelle que celle qu'il devait voir aujourd'hui.
Aussi ne savait-il pas du tout ce qui allait se passer, maintenant qu'il lui fallait entrer de plain-pied dans la vérité des faits, dans cette réalité qui lui était si étrangère, et dont il avait peur.
Il était dans la maison de Constance où u venait pour la première fois. Un domestique lui faisait traverser un salon. Il avait l'âme serrée d'angoisse comme un débutant, et il s'en voulait :
« Cette enfant ne va pourtant pas m'effrayer ! Je me sens plus gauche qu'un collégien, et j'ai passé l'âge auquel la gaucherie est charmante. Si encore on pouvait dire comme un compère de revue : « A moi, la belle assurance des imbéciles ! » — Mais la belle assurance des imbéciles ne se prodigue qu'à ses élus.
» Quelle chose terrible au fond
fronter ainsi la femme qu'on aime. Un instant peut décider de tout. Elle est là derrière cette porte qui va s'ouvrir, elle est là, peut-être à rêver, indécise, et quand cette porte sera ouverte et que j'entrerai, elle verra soudain mon destin qui entre avec moi, et tout ce que je pourrai dire ne changera rien à rien. »
Pendant que M. de Scoury se terrorisait par la puissance du raisonnement, le domestique ouvrit la dernière porte.
Dans son petit salon, près de la fenêtre, Constance était assise. Elle lisait.
« Voilà de la mise en scène, pensa Adalbert. 11 y a gros à parier que ce volume est destiné à m'impressionner et que c'est un ouvrage de vulgarisation scientilique, ou la traduction d'un philosophe russe nébuleux. »
Il aurait perdu son pari. Madame Erbeline referma le livre qui était un simple roman policier.
— Comment? vous qui citez madame Des- Donles-Valmore, c'est vous qui lisez ces stupidités? dit Adalbert.
— Oui, et cela m'amuse follement.
— Moi aussi, j'y prends un plaisir extrême;
seulement il ne faut pas le dire. Et puis j'en lis peu parce que vraiment c'est du temps perdu. Il y a tellement de choses intéressantes à lire, la vie n'y suffirait pas, même avec une rallonge.
— Je sais bien; mais quand j'ai des soucis, 'e ne puis supporter aucune autre lecture.
Et Constance détira ses bras d'un air las.
— Vous avez des soucis?
— Peut-être.
Adalbert la regardait : elle était plus enfantine que la veille, simplement habillée, assez mal coiffée; elle souriait un peu, ses yeux étaient cernés et tristes.
— Confiez-moi vos soucis.
— Non, pas aujourd'hui. Et puis les soucis, c'est comme le radium, on peut en faire profiter les autres, il vous en reste toujours autant. Il vaut mieux essayer de ne pas y penser.
» Parlons de vous. Vous êtes gentil d'être là. Je voudrais vous connaître plus... il me semble que vous êtes reposant — ce n'est pas! une injure, vous savez, au contraire. — Ainsi, tout à l'heure, j'étais follement triste et maintenant. <«
— Pardonnez si je vous arrête, dit M. de Scoury, mais voilà deux fois en deux minutes que vous employez le mot follement.
» Alors, je me lâche.
» Toutes les jeunes femmes de votre génération usent du matin au soir de ce follement. Il reste entendu qu'elles sont folles et qu'elles font tout follement, mais il est inutile de le spécifier chaque fois.
» Encore une autre remarque : si on leur montre un petit chien, un porte-cigarettes, que sais-je? elle* ne manquent jamais d'exclamer : « Oh! il est trop joli! »
» Eh hien! non, il n'est pas trop joli, une chose n'est pas trop jolie, elle est jolie ou très jolie, tout simplement.
» Nous sommes arrivés depuis quelque temps à un déplorable abus des superlatifs et des dépasse-superlatifs. De grâce, laissons les follement, les trop, les excellentissime aux Italiens et en général à toutes les peuplades qui habitent au sud de la Loire.
— C'est un cours de grammaire? dit madame Erbeline.
— Oui, petite fille.
— Eh bien ! professeur, je vous demanderai de continuer votre cours dans mon cabinet de toilette, si cela ne choque pas un homme aussi grave que vous d'y entrer. J'attends ma manucure, et je viens d'entendre le timbre qui l'annonce.
— Àh! que cette manucure m'ennuie! s'écria Adalbert. C'était si gentil de causer ainsi avec vous sans personne.
— Mais non, mais non, dit madame Erbeline en se levant, elle ne troublera pas du tout votre conférence. D'ailleurs, elle ne restera pas longtemps et comme je n'ai pas à sortir de bonne heure, nous causerons après. Allons, venez. Et pour la dernière fois je dis : Vous serez follement aimable de bien vouloir poursuivre là-bas votre trop intéressante leçon; j'en serais trop flattée et follement heureuse. Et maintenant, je ne le dirai plus jamais... pour vous faire plaisir. Ltes-vous content?
— Vous êtes gentille, murmura Adalbert.
Donnez-moi vos doigts que je les embrasse l'un après l'autre en remerciement, avant que cette horreur de manucure les tripote.
Il fut assailli, dès l'entrée du cabinet de toilette, par une tourmente de parfums subtils. Près d'un canapé, une petite table pour la manucure était préparée, recouverte d'un napperon, avec divers instruments, un bol d'eau, de la ouate.
Une grosse dame, modestement vêtue de noir, attendait, prête à officier.
Madame Erbeline fit asseoir Adalbert auprès d'elle sur le canapé; et la manucure installée sur un tabouret bas, après avoir sorti de son sac tout un arsenal de pinces, de limes, de fioles et de petits pots, commença son minutieux ouvrage.
Entouré de ces coussins à rubans, de cette atmosphère d'odeurs, Adalbert se sentait tout à fait à l'aise. Depuis la fin de son enfance, il avait trop vécu dans les cabinets de toilette féminins, pour ne pas s'y retrouver toujours comme dans une seconde patrie.
A ce point de vue, son éducation était très avancée : il était vivifié par les senteurs délicates des sachets et des flacons, par ces effluves lourds qui traînent dans les chambres où les femmes s'habillent j il se plaisait au jeu des
grands miroirs face à face où les jolis gestes dos bras nus se reflètent et se répètent à l'infini; il adorait toucher les linons impondérables des chemises, et les soies si fines au travers desquelles on sent la peau, et qui énervent un peu les doigts. Une fille de la nature, une Eve primitive, n'aurait eu nul succès auprès de lui ; il ne concevait la femme que parée et ointe de parfums, et il aimait à trouver sur des lèvres l'excellent petit goût du rouge.
Constance, retenue captive par une main, causait avec gaieté. Lui aussi. La présence d'un tiers, en maintenant leurs paroles sur le territoire vaste de l'insignifiance, créait entre eux comme une innocente complicité qui les amusait. La manucure, tout à sa besogne, n'écoutait que juste assez pour pouvoir raconter à ses autres clientes de l'après-midi qu'Adalbert était l'amant de madame Erbeline; penchée et congestionnée sur son labeur, elle coupait, grattait, limait, ponçait, polissait sans relâche, et de ce patient travail d'orfèvre, les ongles tour à tour sortaient en merveilleux bijoux, bombés, luisants et roses. <f
Les mains de Constance étaient encore de
petites mains d'enfant, frêles à la fois et grasses. Elles étaient sans défense, toute faiblesse et douceur, et même leurs griffes taillées en pointe n'apparaissaient pas cruelles; de pauvres mains confiantes qui ne pourraient pas faire mal, qui ne sauraient jamais que s'étreindre et se meurtrir elles-mêmes quand elles auraient du chagrin...
La manucure était partie. M. de Scoury faisait le tour de la pièce, inspectait les bibelots, jetait un coup d'œil aux gravures.
— Qu'est-ce qu'il y a dans cette armoire? ditil au hasard.
— Ça, c'est l'armoire aux chapeaux, répondit Constance.
Elle en ouvrit la porte.
Là-dedans une douzaine de chapeaux magnifiques, garnis de plumes ou de fourrure, dormaient posés sur des perchoirs, comme des animaux dans la vitrine d'un naturaliste.
— Quel beau spectacle ! dit Adalbert. Et tous ; en paille, naturellement?
, — En paille ou en crin. Vous pensez, nous sommes au mois de mars. Nous reprendrons
les feutres pour la fin d'août, pour les dernières grandes chaleurs.
— Etces chapeaux que je vois bordés de fourrure, ils sont aussi en paille?
— Oui, oui, oui. Depuis deux ans on s'est aperçu que la fourrure s'harmonise très bien avec la paille, qu'elle se marie à merveille au* étoffes légères. Alors je crois qu'on va porter beaucoup de fourrure cet été. Vous ne croyez pas?
— Je le crois, répondit M. de Scoury, je le crois parce que c'est absurde, comme a dil le regretté saint Augustin.
— C'est saint Augustin qui a dit cela?
— Non. Jamais; seulement on le lui a attribué, alors je répète la bêtise. Je suis pour l'obscurantisme; il y a de bonnes vieilles bêtises et de bonnes vieilles erreurs sympathiques, et heureusement les savants qui font jonchée de nos anciennes croyances ne sont pas entendus de la foule. Ainsi, il paraît que ce n'est plus Jérémie qui a écrit les Lamentations. Eh bien ! je suis content de penser néanmoins qu'il faudra de longues années pour pénétrer les masses de l'idée nouvelle que Jérémie était
une manière de petit farceur, car si quelqu'un a une réputation bien établie, c'est assurément celui-là.
» Mais ces chapeaux ainsi rangés dans l'ombre me paraissent sans grâce. Savez-vous ce qui serait gentil, ce serait de les essayer. Montrez-les moi, mettez-les, en commençant par les simples pour finir par les grandioses : je donnerai un prix et je choisirai celui que vous porterez pour vous promener avec moi, le jour où nous irons visiter ensemble la fameuse église.
Constance, docile, obéit. Mais M. de Scoury n'avait cure des chapeaux, il regardait Constance. Elle évoluait à travers la chambre, agile et vive dans sa jupe courte, et pour atteindre au dernier rayon de l'armoire, elle grimpait sur une chaise comme une pelite fille qui va chiper des confitures dans le haut d'un buffet; et une fois grimpée, elle se dressait encore sur la pointe de ses pieds.
Il y en avait pourtant d'intéressants parmi ces chapeaux. Plusieurs étaient inspirés des coiffures militaires du premier Empire; d'autres, vasteset circulaires, rappelaient les som-
breros des picadores ; d'autres plus simplement tenaient du cache-théière, du chou à la crème et du plumeau ; deux ou trois enfin ne rentraient dans aucune catégorie définie et avaient dû être perpétrés par la modiste pendant une griserie d'opium ou quelque délire équivalent.
Constance essayait, faisait des mines devant la glace, et consultait son juge.
— Non. Pas celui-ci, disait Adalbert. C'est tout à fait le mamelouk de l'empereur.
» Ni encore celui-ci : avec ses deux longues plumes, cette toque a l'air trop diabolique pour une église ; ce serait Méphisto, et le sacristain vous aspergerait d'eau bénite.
Quand la jeune femme levait ses bras en arrière, sa poitrine tendait son corsage ; quand elle se tournait pour voir son profil dans la glace, elle avait un gracieux mouvement du cou, et sa hanche ployait un peu.
Et tous les chapeaux, jusqu'aux plus monstrueux, devenaient jolis sur elle. Mais quels chapeaux ne siéent, pas aux filles de vingt ans? Elles ont le tranquille aplomb de la jeunesse et de l'inconscience, et le ridicule qui tue les hommes, est désarmé par leur grâce.
A chaque essuyage, Constance apparaissait Jifférente. Sa figure était transformée tour à tour parles toques qui l'enfouissaient jusqu'aux yeux et les larges Gainsboroughs aux plumes amazones qui au contraire dégageaient tout le côté gauche.
Les bords diversement contournés des chapeaux l'égayaient ou barraient son front d'ombre ; ceux aux nuances claires tranchaient sur sa chevelure d'hyacinthe, et un immense manille noir tout simple la fit menue et pâle en la recouvrant de ses ténèbres.
L'idée habituelle que suggéraient la plupart de ces coiffures contribuait aussi à changer l'apparence de son visage. Elle fut garde-française en tricorne, Shéhérazade en turban, gravure anglaise, mousquetaire ou Merveilleuse, et, ainsi que dans un album dont on eût tourné les feuillets, il naquit et il mourut en quelques minutes douze petites héroïnes cueillies au travers des âges, et qui se ressemblaient comme des sœurs.
D'un commun accord, on choisit pour la visite projetée à l'église, un splendide canotier d'un blanc immaculé, doublé de velours bleu
C0N9TANCÈ DANS LES C1EUX toi
marine, seyant comme une auréole et de tuilie à abriter une famille entière.
Adalbert était dans l'embrasure de la fenêtre où il avait reculé pour prendre une dernière vue d'ensemble.
Quand Constance eut tini d'essayer, elle vint en courant et sauta à genoux sur un petit fauteuil vis-à-vis de lui. Elle se mit à rire et dit :
— Ouf! j'ai chaud.
— Vous êtes toute dépeignée, maintenant.
— Gela m'est égal. Il faut que je me recoiffe pour sortir.
Elle enleva deux fourches d'écaillé, secoua la tête, et ses cheveux tombèrent sur ses épaules.
Elle riait toujours, à genoux, face à la fenêtre. Le jour du dehors se reflétait dans ses yeux et sur ses dents. Sa figure était nette et pâle, couleur de rose-thé, et ses lèvres entrouvertes étaient deux bandes plus roses. Elle avait l'air d'avoir quinze ans.
Alors Adalbert lui prit la tête entre ses deux mains, les doigts dans les cheveux défaits, et ne penchant sur elle, il l'embrassa violemment sur la bouche...
Il se heurta à une bouche fermée, hostile, dure et froide comme un mur.
Quand eniin il la lâcha, Constance s'échappa brusquement, et blême de rage, les sourcils joints, essoufflée, elle s'écria :
— Ah ! j'ai horreur de cela l Est-ce que vous êtes fou?
Elle s'approcha d'une glace ; elle se recoiffa à la hâte, remit tant bien que mal les peignes dans ses cheveux.
Elle dit encore :
— Pourquoi avez-vous fait cela?... Eh bien 1 répondez.
Mais Adalbert ne répondit pas. Il s'était ren cogné dans sa fenêtre, et il demeurait immobile, le regard au loin.
Il y eut un interminable silence. Madame Erbeline alla fermer l'armoire aux chapeaux, puis elle s'assit près de la cheminée, tisonna un instant et, les pincettes à la main, continua de fixer le feu qui mourait dans l'âtre.
Le bruit monotone de la pendule devint la seule chose vivante.
A la fin, Adalbert dit, comme pour luim$me : « Je m'en vais >, et il alla lentement vers la j>orte.
— C'est par cette porte-là, n'est-ce pas?
— Oui, répondit Constance.
Et d'une voix devenue étrangement douce, elle ajouta :
— Je vous ai fait de la peine?
— Oui, un peu.
Elle se leva, marcha vers lui, et lui mettant ses deux mains sur les épaules, elle dit :
— Je ne veux pas que vous ayez de la peine, entendez-vous? N'ayez pas de peine, je ne saurais pas vous consoler. C'est moi au contraire qui ai tant besoin d'être consolée... Soyez mon ami... pas autre chose... j'ai tellement besoin de vous, d'être un peu aimée, d'être câlinée, de me sentir à l'abri... près de vous... comme ceci...
Elle appuya sa joue contre l'épaule d'Adalbert et ferma les yeux. Un frisson de bien-être la parcourut et vint affleurer ses lèvres. Elle murmura : « Je suis bien. »
Ils étaient debout. Adalbert la tenait ainsi dans son bras, blottie et molle de langueur. Il
13i CONSTANCE DANS LES CIEUX
voyait tout contre lui la figure de Constance renversée sur l'oreiller des cheveux à demi écroulés. Une douceur infinie semblait g/exhaler d'elle.
Il inclina la têteet posa longuement sa bouche sur le front lisse, puis sur la peau tendre des paupières, et Constance, les yeux clos, répétait à voix basse : « Je suis bien », comme une enfant qui s'endort et qui rêve.
— Il faut vous en aller, mon Ami. Il est très tard.
Et madame Erbeline promit de revoir Adalbert, si de son côté il voulait s'engager à ne rien réclamer d'elle.
11 promit tout ce qu'elle voulut, et à ce moment-là, le désarroi de sa conscience était tel qu'en disant cela, il ne crut pas mentir.
Il sortit, il alla parmi la foule des rues sans rien voir, il côtoya au hasard des passants innombrables dont peut-être quelques-uns, comme lui, marchaient au milieu d'invisibles chimères ; et pourtant, dans le monde entier, il n'y avait qu'une Constance.
c II n'est pas possible qu'elle ait un amant.
CONSTANCE DANS LES CIEUX i3B
Elle est une poupée qui ferme les yeux quand on la prend dans ses bras et qu'on lui renverse la tète, et rien ne peut réchauffer sa bouche de porcelaine. Bouche de poupée, sentirez-vous jamais la vie courir dans vos lèvres d'émail, connaîtrez- vous jamais une émotion qui vous entr'ouvre? A force de tendresse, parviendrai-je à vous animer? Peut-être, après bien desjours. Et ne faut-il pas aussi que pendant bien des jours le printemps se penche sur les jardins, pour y déclore les boutons des roses? »
BYZENUS
Il ne faut cependant s'appliquer qu'avec discrétion aux exercices du corps, et ils ne conviennent pas également à tous.