YA TS AD AANE
3 -Eusèse, Hist. Ecclés., VIII, 14. — Vita Const., 1, 35. — EUTROPE, Brev., x, 4.
La tactique de Constantin ne fut pas inférieure à sa prévoyance, mais on verra de quel danger la Providence le tira.
Le premier obstacle qu’il rencontra sur sa route fut la place forte de Suse. I1 l’emporta d’assaut et fit épargner les habitants par ses soldats . Une armée l’attendait devant Turin ?. Les ennemis y avaient déployé leurs forces dans une vaste plaine. Les lourds cavaliers couverts d’armures se précipitèrent sur le centre de l’armée de Constantin qu'ils devaient rompre, en jetant le désordre dans les rangs des fantassins *.
A leur grande surprise, le centre se déroba.
Constantin reproduisait avec d’autres éléments la manœuvre de Scipion à Zama. Il avait donné ordre, au centre de son armée, de se replier sur les ailes #. Mais une troupe de fantassins devait se jeter sur les flancs et les derrières de cette cavalerie. Celle-ci s'arrêta, ne trouvant plus rien devant elle. Elle se retournait difficilement, empêtrée dans ses armures, quand les fantassins armés de maïillets, de Constantin, se jetèrent sur elle, brisant les jambes des cavaliers à coups de massues. Ceux-ci tombaient foudroyés par la douleur et les massues fracassaient les crânes. Les jambes des chevaux n’échappaient pas aux coups. Ainsi périt la force principale de cette armée avec ces cavaliers qui
INPANÉMESS IC XXIe
2? Panég. IX, c. vir et Panég. X, c. xxIl. Apud Taurinos pbugna gravior expectat.
SÉPONÉ TER CRIE, ÉPANESIRSNCNERN.
avaient fait reculer Verus dans sa lutte contre les Parthes !.
Le général de Maxence, Ruricius, préfet du prétoire, avait rassemblé ses troupes aux environs de Vérone, afin de surprendre, de flanc, la marche de Constantin sur Rome. Celui-ci le rejoignit par la route qui touche au lac de Garde. Milan se rendit. Un nouveau combat de cavalerie, mais de cavalerie légère, se livra à Brescia. Un tout petit détachement, si l’on en croit Zosime, de cavaliers de Constantin, se jeta sur les derrières de l’armée ennemie, comme ceux de Bonaparte à Porto- Legnano, et mit en déroute la cavalerie de Ruricius. Le gros des troupes de celui-ci se croyait à l’abri derrière le cours de l’Adige. Cette grande armée était ainsi adossée à la Vénétie et à ses places fortes. Mais Constantin franchit le fleuve avec une partie de ses troupes en un gué peu praticable en amont de la ville?. La garnison tenta de le repousser et se fit battre. Vérone était donc sur le point d’être encerclée. Laissant une forte garnison dans la ville, Ruricius courut chercher des renforts dans l’Ombrie. Il revint avec de nouvelles forces *. Constantin paya d’audace, abandonna le siège de Vérone“, atteignit Ruricius avant que la garnison de la ville se fût aperçue de sa libération, attaqua le soir et prolongea . toute la nuit une lutte féroce, afin de triompher avant que les armées ennemies ne pus-
PORC IR SCIE ti Panée. RC NO XIV EX EV, PONCS AIX S NC OVIIT.
SSPONÉTEXS CEX XVe SRPONÉS LS NC VITE.
sent se porter secours. Le matin, il apparut que le massacre avait été impitoyable, le préfet du prétoire était tué !.
Le vainqueur se reporta sur Vérone, fit prisonnière sa garnison démoralisée et la chargea de fers comme 1l avait fait de celle de Milan.
Le nord de l'Italie était conquis; Aquilée se rendit, la Vénétie se soumit?. Mais on ne pouvait pas dire alors, comme Napoléon, que l'Italie se conquiert dans le nord. Il fallait compter avec Rome. Annibal avait commencé à connaître la fortune adverse à Capoue, et, peu avant Constantin, Sévère II et Galère avaient vu leurs armées se dérober devant la Ville Eternelle, aussi forte de son prestige que des deux enceintes de murailles qui la protégeaient.
Constantin s'était, en chaque occasion, comporté comme les plus grands capitaines de tous les temps, mais sa petite armée avait, sans aucun doute, été réduite par des combats acharnés.
Il aurait pu s’installer dans le nord de l’Italie et attendre des renforts; il préféra marcher sur Rome *.
Cette campagne se termina ainsi par une merveille d’imprudence. Prendre d’assaut, avec une petite armée de 30.000 hommes, une ville comme Rome, défendue par les récentes murailles d’Aurélien et par une garnison de plus de cent mille