CAIN DER COMME
CR DRÉOUQS RUE TO er.
ACER EOTOST ARCTIC 02:
THÉDENAT, Le Forum Komaïn. Paris, 1904, p. 127; et Les régionnaires de Rome, VIII.
u’avaient pas l’occasion ; autrement ils auraient vu avec terreur que, dès l’année 314, le Concile d’Arles autorisait les chrétiens à assumer les fonctions de gouverneurs de provinces !, mais avec des correctifs déterminés ; ils auraient su que les combats de gladiateurs auxquels ïls étaient si attachés étaient menacés ?.
La confusion qui régnait, dans les esprits, était très grande. Lorsque Laicinius, en guerre avec Maximin Daza en 313, avait fait réciter à ses soldats une prière néoplatonicienne à la grande divinité du Ciel, Summus Deus, Lactance, habitué au langage analogue tenu par les orateurs de Cour, l’avait prise pour une prière chrétienne *.
Läcinius était un paysan madré; il n’était pas nuancé comme Dioclétien ; 1l n’était pas non plus le sanglier lâché dans les moissons comme Galère. L'avarice formait le fond de son caractère ; il parlait souvent de sa pauvreté et entassait des trésors que Constantin trouva à Byzance. Prudent comme l’homme de la terre, il vécut d’abord en paix avec son rival. Mais il aurait bien voulu s’en débarrasser.
Les circonstances lui avaient paru favorables en 314. Constantin avait voulu élever au rang de César l’un de ses beaux-frères, Bassianus. Il projetait dès lors de s’entourer, comme il le fit plus tard, d’un cercle de rois et de Césars, ses parents, parmi lesquels 1l admettait que Licinius prît son
1 Concile d'Arles, canon v.
2 Concile d’Arles, canon III.
% LACTANCE, De Mort. Persecut., I, ©. XII.
rang. Nous connaissons cette politique et les trahisons qu’elle entraîne.
Constantin tenait donc à son titre de premier Auguste, de chef de l’empire. Il se recommandait tout à la fois de Constance Chlore et de Maximien Hercule, en frappant leurs monnaies commémoratives !. Mais Licinius n’avait jamais admis sincèrement ce premier rôle de son collègue. Quand il eut suscité la trahison de Bassianus, Constantin la découvrit, condamna à mort ce dernier, lequel avait voulu l’assassiner, et déclara la guerre à Licinius.
Cette campagne fut rudement menée par Constantin. Il réunit son armée dans le nord del’Italie, à l’automne, comme lors de la prise de Rome, et prit la grande route qui court de Vérone au Danube, en passant par Aquilée, ville aujourd’hui disparue, au nord de l’Adriatique, dans la Vénétie, puis par Siscia (Sisseck), dont l’atelier monétaire se trouva fermé par le passage de ses troupes, et traversa la Pannonie. Mais là il se trouva arrêté, près de Cibales, par l’armée de Licinius.
Celui-ci avait pris position dans une plaine que dominait la ville et que fermait un lac. Constantin, comme s’il était sûr de la victoire, fit gagner à ses troupes une petite hauteur adossée à la montagne où s’étageait la ville, et plongeant d’autre part dans le lac ?. Il n’y avait pas de retraite possible. L'empereur de Rome avait la certitude, qu’aura également Condé, de triompher à la tête de la
1 Numism. Constant., t. I, p. xCv.
2 ZoOSIME, Hist., Il, 1x8. — Anonyme de Valois, V, 16. — VICTOR, Epitome, 41, 5.
partie de l’armée qu’il commandait. Le geste du général en chef eut, à leurs deux époques, une valeur tactique particulière. Constantin avait déjà vaincu les prétoriens de Maxence, dans la petite plaine sur les bords du Tibre, à la tête de sa cavalerie. Celle-ci pouvait se développer dans la plaine plus vaste qu’occupait l’armée de ILäcinius *. L'empereur de Rome chargea encore à sa tête et soutint le plus dur combat. Il enfonça l’aile ennemie, et commença, alors, le mouvement tournant, comme fut celui de Condé à Rocroy, qui porte la déroute dans le centre et dans l’autre aile ennemie.
La destruction de ces parties de l’armée de Lacinius fut si rapide, que ce dernier ne put que se sauver avec une petite partie de ses troupes, en profitant de la nuit. [1 passa la Save pour se mettre à couvert de la poursuite de Constantin, et gagna la Thrace où il leva de nouvelles troupes. Il put respirer un peu et créer un général César, Valens, et ne s’arrêter que dans les plaines de Mardie ? entre Philippopolis et Andrinople, où il attendit le vainqueur. Celui-ci le suivait, tout en rétablissant les ponts détruits sur les rivières et en assurant ses communications, ce qui explique qu’il mit un mois à le rejoindre.
La seconde victoire de Constantin fut-elle due à la chance ; cela semble peu probable. Pourtant la lutte fut acharnée dans la plaine de Mardie, et les soldats ayant épuisé leurs traits, se servirent de la lance et du poignard. Soudain, un détachement de cinq mille hommes, probablement de cavaliers, qui
* EUTROPE, Brev. H. R., X c. 5. — ZOSIME, livre IL, c. 19. ? Anonyme de Valois, V, 17.
s'était égaré, dit Zosime, à la poursuite de l’ennemi, fondit d’une hauteur sur l’armée de Lacinius !. Cette manœuvre ressemble tellement à celle qui acheva la victoire du Pont Milvius, qu’il est difficile de croire qu’elle fut fortuite.
Cette fois, Licinius qui avait d’abord refusé les conditions de Constantin, dut les accepter. Il était remis au rang de subordonné ; il livrait son César, Valens ; les provinces des Balkans dans lesquelles on levait les meilleurs soldats, c’est-à-dire l’Ilyrie, une partie de la Moesie, la Macédoine, la Thrace, ainsi que la Grèce ?. Constantin recueillait, avec la frontière de Scythie, la surveillance des Barbares. Il entendait l’exercer en rétablissant la Dacie de Trajan *.
Laicinius était relégué en Orient où les armées se corrompent. Ses prétentions ne trouvaient plus de support. I] avait maintenant à choisir entre la pro-
tection des chrétiens, en se montrant le second de
Constantin, ou la révolte en groupant autour de lui tous les partisans des anciens dieux. Il hésita trois ans. S1 l’élévation des Césars, dont il a été question plus haut, l’avait satisfait, il fût probablement resté le corègent fidèle de Constantin, mais il craignit sa subordination. Dès lors commença la persécution des chrétiens en Orient, elle devait aboutir à la guerre.
On est frappé, lorsqu'on considère cette époque, révélée par les documents juridiques, de ce que, de 318 à 324, Constantin transforma tout le Droit
? ZOSIME, Hist., II, 19, 20.
? Anonyme de Valois, V, 18.
? XÉNOPOL, Hist. des Roumains, t. I, p. 21 et suivantes.
civil Romain en y introduisant le christianisme.
Cependant le paganisme dominait encore la vie publique dans toutes les cités occidentales.
Les municipalités païennes traînaient de force les chrétiens aux processions et aux sacrifices des lustres. Constantin dut l’interdire, en 323 .
Licinius se fit des illusions sur la force du paganisme. Îl espérait profiter de l’impopularité que Constantin s’attirerait en reniant le culte du Soleil. Mais ce dieu devait tromper ses adeptes. Laicinius comptait aussi sur les Barbares paiens, car irrités de la surveillance de Constantin, les Sarmates et les Goths s’enrôlaient dans les armées de son rival, tandis que les peuples grecs maritimes, les Phéniciens et les Egyptiens, ennemis du Christianisme, lui préparaient une flotte ?.
La lutte était ardente dans tout l’Orient contre cette nouvelle religion qui s’était trop rapidement développée, au gré de ses ennemis.
Aussi ce ne fut pas sans succès que Läcinius commença à interdire en 321, les réunions des chrétiens, et en 322 tout synode d’évêques 5. Cette première persécution n’était qu'hypocrite ; bientôt l'ère des martyrs recommença. En 323, l’empereur d'Orient voulut obliger tous les chrétiens à offrir des sacrifices aux dieux pour son salut #. Il fit emprisonner et mettre à la torture les récalci-
1 Code Théod., XVI, 25.
2 ZOZIME, Il, 22.
2 Saint JÉROME, Chronique, année 2337. — HÉFÉLÉ, Hist. des Conciles, t. I, p. 247
SEUSÉBE) Vit. Const. TE, Cr.
trants !. Il fit mutiler les confesseurs et les envoya aux mines. Enfin il réduisit les chrétiens en esclavage et confisqua leurs biens ?.
Cependant, en la même année 323, les Goths avaient envahi trois provinces faisant partie des nouvelles possessions de Constantin, dans les Balkans. L'une de ces provinces, la Moesie, était partagée entre les deux empereurs. Constantin accourut, poursuivit les Goths et les battit sur le territoire de Licinius *. Ce fut le casus belli. Chacun des deux rivaux s'était préparé à la lutte.
L'empereur d'Occident construisait, depuis trois ans, une flotte dans le port de Thessalonique.
La guerre qui allait s'engager mettait en opposition des croyances religieuses.
Licinius rappelait, sur ses monnaies, à ses soldats, le Jupiter de Dioclétien, organisateur de l’Empire #, et faisait offrir par ses troupes, en Moesie, un grand sacrifice au Soleil Invaincu $. Il s’entourait de prêtres païens, de devins, d’haruspices, et offrait des sacrifices aux dieux dans les bois sacrés $, comme le fera plus tard Julien. Et de même que ce dernier le fera, il reprochait à Constantin d’avoir abandonné le culte du Soleil. Il ne pouvait croire, dans son entêtement de paysan, que les temps fussent révolus où la religion de l'Etat triomphait.
1 EUSÈBE, Hist. Ecclés., X, 8.
Via Constant; II, C.730, 137, 34:
5 I1 prit le titre de Gothorum Victor ac Triumphator, CTI ta Di320:ett.eTII 06, E50;