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surtout aux premiers, la nouvelle fidélité libre, le désintéressement allant de pair avec le goût des fortes études, et ces qualités au superlatif !, qui aideraient l’empereur à ne pas accabler ceux qui vivaient sur les domaines de la Couronne. Constantin exigea, au contraire, principalement des seconds qui étaient libres, l’estime d’eux-mêmes, existimatio sua ?, et en conséquence le refus de tous les cadeaux de leurs clients (Xénia) *. Le concussionnaire Tribonien, rédacteur en chef du Code Justinien, supprima cette défense 4, et la mode des cadeaux corrupteurs fleurit à Byzance.
Constantin avait encore défendu aux avocats de recevoir des honoraires trop élevés et par suite 1llicites 5. Il exigeait d’eux l’Honneur, sous peine d’être chassés de la société des honnêtes gens.
Aussi s’élevait-on, rapidement, au sein de ces ordres privilégiés, au rang de Sénateurs, puis de Comtes de premier ordre.
Mais il serait vain d’énumérer les dignités de cette noblesse, si on n’en dégageait pas le principe.
Ce principe, ce fut la création de l’aristocratie du mérite, basée sur la conscience chrétienne. C’est cette création que justifie l’emploi des codicilles honorifiques et de tous les honneurs qui élevaient, ainsi qu’on l’a vu.
AOMDNCOL ESSAIS 221034):
MECATJUSt 1106112325):
8 Cod. Théod., XI, 11, 1, rappelle la législation de Constantin.
4 La loi du Code Théod., XI, 11, 1, fut supprimée ; d’autres tronquées dans le Code Justinien.
CE RPOU EE 10) 47 (226):
Le gouvernement de la nouvelle monarchie chrétienne n’était pas sans analogie avec celui de l'Eglise.
A la base de la société catholique, tous les fidèles sont libres et responsables. Ils ont la dignité de la conscience. Au-dessus des simples fidèles, s’étagent les degrés du Clergé voué au service de Dieu. Et le gouvernement lui-même vient d’en haut, du successeur de Pierre. ,
En s’attribuant le rôle de Serviteur de Dieu, d’Evêque du dehors, Constantin créait un gouvernement analogue à celui de l’Eglise, mais dans le monde politique. Il établissait le service chrétien et s’engageait lui-même au service du Christ.
La liberté religieuse était assurée, par la distinction des pouvoirs civil et religieux, la paix par leur entente. Les rois Capétiens, abbés de Saint-Denis, et fidèles de l’Eglise, seront les imitateurs de Constantin et les défenseurs de la liberté religieuse.
Mais une autre voie était possible et menait à la théocratie. Ce fut celle que suivirent les empereurs byzantins. En vain, pendant des siècles après Justinien, répétèrent-ils :
« Gloire à Dieu qui t’a couronné autocrator des Romains ! » !.
Un tel Serviteur de Dieu, une telle Servante de Dieu, empereur ou impératrice, sont baptisés, couronnés, fiancés ?, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; en vain leur mettra-t-on le diadème
? Livre des Cérémonies, 1, 38.
2? Ibid., 1, 41. — KEBERSOLT, Mélanges d'histoire et d’arch. byzantines. Paris, 1918, p. 31.
(Stemma) des rois de Juda sur la tête ; ils se seront attribué la représentation directe du Christ dont le siège était vide à côté du leur et l’image présente avec la leur sur les médailles. En rejetant l'Eglise Catholique des chrétiens, ils auront créé un prophétisme. Ils se feront attribuer par les patriarches la puissance spirituelle ! et le Code Justinien reproduira en Europe l’idée païenne du Droit divin.
Constantin ne commit jamais, en effet, le sacrilège de s’attribuer l’Esprit. Il s’inclina toujours devant les décisions de l’Eglise. La preuve en est dans son respect pour celles des Conciles, même de celui de Tyr, car il fut trompé par sa foi catholique sur le caractère de l’Arianisme qui s’insinuait dans l’Eglise comme un voleur.
1 Nicéphore Phocas : Byzantine de Bonn, p. 963.