VIII PRÉFACE
dent et d'Orient, pour consacrer le triomphe chrétien, fut le prélude de la liberté religieuse. L'Église prit, officiellement, le rôle de protectrice des consciences qu'elle avait assumé, pendant les persécutions, dans les catacombes.
L'histoire du premier souverain chrétien soulève tous les problèmes de Droit qui divisent aujourd’hui le monde. L'étude du rve siècle est, à ce point de vue, actuelle et cette remarque justifie l'addition d’une conclusion et d’une lettre récente (1), à la fin de ce livre.
Le siècle de Constantin-le-Grand est plus près de nous, à certains égards, que le Moyen Age. Cette dernière époque est en effet caractérisée par le morcellement des droits souverains et par les rapports des Suzerains et des Vassaux.
Le bas empire romain, au contraire, et les temps modernes, se ressemblent par l'unification du monde. C’est dans la grande unité romaine que notre civilisation est née, quelques siècles et même un millénaire plus tôt qu’on ne le dit, quand on ne fait dater son origine que du Moyen Age ou de la Renaissance. Elle est sortie, toute armée, et avec ses principes constructeurs, du Conseil de Constantin et de sa réforme morale.
C'est ce que le présent volume mettra peut-être en lumière. On y verra que les principes du Droit ne proviennent pas toujours de la raison humaine mais qu'il en existe d’historiques et même de religieux. Le triomphe de l'Église, en effet, introduisit, dans le Droit romain, par l'intermédiaire du législateur chrétien, la morale de l'Évangile et les principes qui en découlent. Mais ceux-ci
(1) L’une de mes lettres au Président des Etats-Unis.