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SPARTIEN, XVIII

PROMDREOL, AT et 2;

représenta, sous Alexandre Sévère et Caracalla, le triomphe du Droit oriental dans le Conseil du Prince. Il reçut, commme Préfet du Prétoire, la direction de l’Empire, qu’il acheva de soumettre aux mesures socialistes !, Son nom se trouve à la base de cette conception étatiste du monde romain qui se manifesta, dans la pratique, par le dépeuplement des villes et la mort des campagnes. Car ce fut sous son influence que les corporations de commerçants et d’industriels devinrent chargées des fonctions de l’Etat et asservies au Préfet du Prétoire, de même que les Curies ou les Sénats municipaux ?. Ce fut alors que l’Edit de Caracalla enferma, dans des classes caractérisées par l’impôt, la masse des citoyens romains.

Rome avait déjà subi une première corruption qui a été mise en lumière dans une page célèbre de Montesquieu, lorsque l’ordre des Chevaliers supplanta celui des Sénateurs :

« Lorsqu’à Rome les jugements furent transportés aux traitants, il n’y eut plus de vertu, plus de police, plus de lois, plus de magistratures, plus de magistrats *. »

Ce fut une corruption pire que produisit, au bout de deux siècles, l’adoration de la divinité impériale. Elle nécessitait l’infaillibilité de l’oracle divin du prince et l’absorption de la puissance législative du Sénat et du peuple en une seule personne placée au-dessus de toute loi divine ou humaine.

ULPIEN, Diveste XXE ET, ere

2 Digeste, livre L, tit. 1, 1 et 2, ad municipalem ; et tit. 11, 1et2,; ULPIEN, De decurionibus.

3 MONTESQUIEU, Esprit des Lois, XI, 17.

Cette superstition venait de loin. Les Pharaons d'Egypte avaient été, pendant quarante siècles, dieux, fils de dieux et du plus grand de tous, de Rä le Soleil. Et lorsque les conquêtes d’Alexandre le Grand amenèrent la chute de Memphis, la ville de Phtah, du dieu qui avait donné son nom à l'Egypte; Alexandrie, création du héros macédonien, ressuscita à son tour les dynasties divines de rois !.

Alexandre avait créé l’Heliénisme en Asie, lorsqu'après ses conquêtes foudroyantes, 1l avait restauré dans la Cité grecque elle-même les anciens cultes des peuples, depuis les antiques croyances des Summériens jusqu'aux cultes de l’Inde, de l’Asie-Mineure ou de l’Egypte?, et pour donner l’unité à cet immense Panthéon par une vaste fusion des croyances, il avait admis les Juifs dans la Cité grecque. L'homme ne crée rien avec rien, et les conquêtes d'Alexandre n’auraient rien laissé derrière elles si le héros n'avait ressuscité partout, ou organisé, avec les indigènes, des colonies grecques qui vécurent d’elles-mêmes *. Mais le cosmopolitisme, développé sous le nom d’Hellénisme par les Orientaux Sémites, allait uniñer le monde. L’admission de tous les dieux et de toutes les traditions dans la Cité grecque ne pouvait, en effet, qu’enfanter un Hellénisme universel qui ne serait plus une patrie. L'Alexandrinisme fut l’Hellénisme de l'Egypte.

La cité d'Alexandrie eut sa bibliothèque et son

1 JOSËPHE, Contra Appion, II, 3.

? DROYSEN, Hist. de l’Hellénisme, I, p. 667 (trad. franc.)

3 ARISTOTE avait écrit un traité : Des Colonies. — Dro- DORE, XVIII, 8.

Musée. Ce dernier établissement fut une université grecque dirigée par un prêtre égyptien. Les dieux de l'Egypte devinrent grecs, et les rois Lagides, les Ptolémées, furent à leur tour divinisés.

Mais l'Egypte avait déjà reçu les cadres sociaux de la Perse et de l’Inde. Son clergé formait une caste comme celle des Mages ; ses guerriers en formaient une autre : les cultivateurs étaient des parias. Au-dessus de tous planaït le Pharaon.

Ce fut en Egypte que César éprouva le besoin d’être adoré.

Mais l’Alexandrinisme allait devenir cosmopolite, sous la même influence que l’Hellénisme. Il y avait une colonie juive à Alexandrie; ce fut dans ce centre que naquit Philon, un peu avant l’ère chrétienne. Vaste esprit, d’une extrême complication, 1l voulut concilier la science grecque avec la théologie des rabbins }, de même qu'avec les croyances de la Perse et de Babylone ?. Ce que nous devons retenir de son action, c’est cette tendance à l’unité, à la civilisation universelle, au cosmopolitisme, qui caractérisa partout l’action des Juifs. Cette tendance se manifesta plus tard dans la philosophie néoplatonicienne.

Il! nous est également utile de relever ce que Philon dit au sujet d’une députation juive à Rome et de la joie de ses coreligionnaires, de leur enthousiasme que relève également Dion, lors de l’apothéose de César, dans lequel ils saluèrent la divinité impériale à.

1 PHILON, De Sacrific., 860.

? De Abraham. Edit. Pfeiffer, t. V, p. 284 et suiv. S Dion Cassius, REIN, 51.

Ainsi, cette divinité de l’empereur, et l’unité de l’empire, sous la forme socialiste, allaient devenir le but des efforts de la race la plus prosélyte du monde.

Lorsque deux siècles plus tard, des souverains de mérites divers, Septime Sévère !, Klagabal et Caracalla, le bienveillant et faible Alexandre Sévère ? furent atteints plus ou moins du vertige sacré de devenir de nouveaux Alexandre le Grand, ils trouvèrent malheureusement l’héritage du grand conquérant à Alexandrie.

C'était le mélange de toutes les civilisations et de tous les cultes de l’Asie avec ceux de l’Egypte et de la Grèce, formant une vaste synthèse sociale et religieuse, laquelle allait fournir le moyen de rendre asiatique l’empire romain. On ne pouvait pas en effet ressusciter simplement dans le monde occidental le régime des castes de l’Inde et de la Perse; mais l’esprit sémitique qui avait déjà fait la synthèse de tous les dieux, pouvait effectuer celle de toutes les formes sociales.

Cela s’obtint à l’aide d’une simple disposition législative, l’Edit de Caracalla *, qui sépara les citoyens romains en trois castes, noblesse, bourgeoisie et plèbe, par le moyen de l’impôt#.

Nous savons, par une expérience toujours répétée, que rien n’est plus dangereux que de vouloir

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