‹ Constantin le GrandChapitre 35 sur 46 · LC: Thécd. RE, 7e · texte numérisé non relu

LC: Thécd. RE, 7e

+ C:Théod, XI Sa Go

SC Théo RL EC TO 20):

loureux de donner la vie dans ces conditions; l’empire romain se dépeupla, et les terres restèrent incultes !, pour ne pas payer l'impôt. On remédia au dépeuplement par l'introduction des barbares ?.

Le tort de Constantin fut de croire qu’il pourrait soulager une telle misère en mettant de l’ordre dans l’administration *. En voulant mieux répartir les charges, il ne fit qu’enfermer plus de monde dans le cercle d’enfer des servitudes {. Le mal remontait plus haut, à la divinité du peuple, à celle de l’empereur, à l’édit de Caracalla qui avait parqué chacun dans une caste fiscale, à l’emploi fait après Trajan, et surtout depuis les Sévère, des corporations comme services de l’État.

Pour sortir de cette impasse, il fallait supprimer

l'empire païen; Constantin ne s’en crut pas le droit, et l’eût-1il voulu, qu’il n’aurait peut-être pas pu le faire. Seuls, les rois Francs, en entrant dans le Palais chrétien, en jetant par terre l’administration du Préfet du Prétoire, supprimeront le socialisme d’État. Puis ils relèveront le Palais, dont la création par Constantin assura la continuité de la civilisation.

.. L'autorité des rois barbares, même désordonnée et sans règle, supprimait le mal rongeur. L’humanité put connaître de nouveaux destins. Elle ne fut plus divinisée, mais elle put vivre d’abord péniblement et sur des ruines.

1 Cod. Just., XI, 58, x; de omni agro deserto — loi de Constantin, sans date.

3 Il en est de même de nos jours.

3 C. Théod., XI, 16, 4 et Justin., XI, 48, t.

CADRE RTINIMO IAE XIV ES -2

C'est pourquoi une comparaison reste à faire entre Constantin et Alexandre le Grand. Le héros chrétien, plus grand que le héros macédonien, n’a pas fait dévoyer sa civilisation. Alexandre le Grand, parvenu au faîte de la gloire, a ressuscité tous les cultes de l’Asie, et ouvert la Cité grecque À ses ennemis en la livrant à une civilisation universelle, sans patrie, le premier internationalisme.

Quelque nom que l’on donne à cette civilisation : Hellénisme ou Alexandrinisme; elle vint d’Asie apportée par les intermédiaires principalement Syriens et Juifs. Elle détruisit la liberté des cités antiques.

En créant le sentiment de l’Honneur ou de la responsabilité morale partagée, comme principes du Droit public, Constantin suscita la seule force capable de s'opposer au développement du socialisme universel dont la doctrine déferle sans cesse, comme un flot dévastateur, de l’Asie sur l’Europe. En même temps il rétablit la société sur ia base de la famille, mais de la famille chrétienne. Il organisa l’ascension des mérites, par l’appel du chef, dans le Palais chrétien. Il fit de sa noblesse une grande famille chrétienne, s’élevant par le mérite plus que par l’hérédité. Il fournit dans son Palais, parce qu’il avait accompli sa réforme sous l’influence de l’Eglise, la première image de la Chrétienté, qui prit son nom latin un peu plus tard (Christianitas) ?.

* Elle n’atteignit à une organisation complète qu’au Moyen Age. On peut même dire qu’elle n’atteindra à cette organisation que dans l’avenir, si le socialisme est évincé de force et remplacé par la Liberté, la Fidélité et l’Honneur.

Page 1