SOCRATE, H E. I
SOCRATE, 1, 26, gegenêmenon au lieu de gegennemenon. RUFIN NA PE ete
# ATHANASE : Chronique des lettres festales. — Mrcxe, Patrol. gr., t. XXVI, colonnes 1351 et 1443.
de Dieu !, Saint Athanase s’entendit facilement avec eux.
Le désert cachait bien des secrets dont les répercussions ébranlaient le monde. C’est au désert qu’Athanase a dû le salut et la possibilité de continuer la lutte pour la foi; celle-ci s’y conservait intacte loin des schismes et des hérésies qui ne procurent que les succès du monde. Ces moines du désert étaient dévoués à Athanase, car ils reconnaissaient en lui le héros de la foi. Tous n'étaient pas nés pour entreprendre les luttes civiles et religieuses; celles-ci ont leurs vocations. Telles furent celles des deux plus grands noms du IV° siècle, dans le domaine religieux, Athanase et Augustin, sortis tous deux de contrées corrompues, l’Egvpte et l'Afrique. Mais Athanase trouva sa voie en jouant tout enfant sur le sable de la plage, où 1il fut aperçu par l’évêque Alexandre ; administrant le baptême, suivant les rites, à ses petits camarades ? ; tandis qu’Augustin eut besoin, pour reconnaître la sienne, de l’holocauste volontaire de sa mère *. Mais les moines admiraient ces lutteurs, sur la scène du monde.
Ï1 fallait, pour atteindre Athanase, faire oublier qu'il avait été le grand défenseur de la foi et transformer un assaut contre les décisions de Nicée, contre la consubstantialité, en une question de disciphine et de politique. On ne pouvait, en effet, échapper au cercle dans lequel le Concile de Nicée
1 Lettres de Constantin : SOCRATE, 1, 27. — SOZOMÈNE, II, 22. C’est bien à tort qu’on a dit que Constantin s’appliquait cette définition à lui-même. I1 ne fut jamais ridicule.
2 RUEIN, A. E., 1, 14 ; HÉFÉLÉ, Hist. des Conciles, I, 266.
3 Confessions de Saint Augustin.
avait enfermé les ariens, que si on oubliait les anathèmes des Pères. Une occasion s’offrait malheureusement aux ariens. Constantin devait célébrer une première fois ses Tricennalia, anniversaire de trente ans de règne, en 335 ; comme il avait célébré ses Vicennalia en 325. Ces grands anniversaires étaient fêtés avec tout l’éclat possible. Ils étaient signalés par des jeux publics, des déploiements de troupes, l’envoi d’ambassades étrangères, la distribution de largesses aux troupes, celle de médailles d’or aux grands fonctionnaires *. La députation de légations des villes à l’empereur et l’envoi de couronnes d’or, coïncidaient avec de grandes fêtes militaires et des cérémonies religieuses.
Constantin, ayant donné le pas au christianisme sur le paganisme, avait demandé que la réunion, reconnue indispensable, du Concile de Nicée, se fît en 325. Il était assez facile de lui persuader qu’un second concile important devrait signaler son second grand anniversaire, en 335, d'autant plus que les travaux poursuivis avec ardeur, depuis le voyage de Sainte Hélène en Palestine, avaient permis d'achever l’église de la Résurrection, construite sur les lieux où Sainte Hélène avait retrouvé, dans le roc, le Saint Sépulcre. Cette église devait être consacrée en cette année ?. Les Pères pourraient s’y rendre après le concile. Ne
1 FHUSÈBE, V. C., IV, 47: — NN. C., I, p. cLxv. Voir les superbes médaillons de caractère religieux frappés à cette occasion (trésor de Helleville) ; têtes dans l’attitude de l’oraison.
2 EUSÈBE, V. C. IL, 34 ; et de laudibus Constant : IX.
serait-ce pas un double triomphe pour l'Eglise !, et pouvait-on soupçonner ceux qui conseillaient de le susciter, d’être de mauvais catholiques ?
Mais on s’arrangerait pour que les adversaires d’Athanase soient les plus nombreux dans cette assemblée tenue en Asie Mineure, c’est-à-dire dans le centre d’action des deux Eusèbe.
Le concile de Nicée avait été vraiment œcuménique. Les noms d’Hosius, évêque de Cordoue — Vitus et Vincent, prêtres, légats de Rome, Alexandre, évêque d'Alexandrie, Eustathius, évêque d’Antioche, et Macaire, évêque de Jérusalem, suffisent pour prouver que l'Eglise entière y était représentée ?. Il n’en fut pas de même du concile de Tyr en 335.
On a accordé une importance ridicule au fait que Constantin a, dans les deux cas, convoqué les évêques. A-t-on réfléchi à l'impossibilité, pour beaucoup de vieillards, de venir à pied des extrémités de l’empire, et encore, n’auraient-ils pas eu le droit de le faire. Il fallait un permis de circulation, dans l’empire romain, et personne ne voyageait, sans utiliser, par autorisation impériale, les services de la poste. Maïs il faut remarquer combien le voyage était plus long pour les partisans d’Athanase *.
Le concile que l’on fit convoquer par Constantin, à Tyr, en 335, n’avait pas besoin d’être œcuménique ; il fallait même absolument qu’il ne le
2 Mansi, Coll. Concil., t. II, p. 882 à 927. — SOCRATE, H. E., ED ER
3 ATHANASE, Apologia contra Arianos, 72 à 83.
fût pas, pour perdre Athanase. On pouvait le justifier au point de vue disciplinaire. Ce serait un synode des évêques d'Egypte et d'Orient. Il s’agirait de juger des crimes contre la discipline et l’ordre public. On se passerait de l’adhésion de l’évêque de Rome. Des mesures disciplinaires pouvaient être prises, en effet, par des synodes locaux *.
En fait, le synode de Tyr n’obtint jamais l’approbation de Rome ni de l’Eglise entière, et Constantin, en exilant Athanase, ne lui retira pas son évêché d’Alexandrie et l’envoya dans les Gaules où il devait être bien reçu par Constantin II.
Athanase avait refusé de se rendre à un premier synode tenu à Césarée où les Eusébiens dominaient. Il ne voulut se refuser à comparaître devant celui de Tyr, auquel le conviait l’empereur; mais une circonstance malheureuse se produisit, tandis qu’il se justifiait, devant le synode, du crime d’assassinat d’Arsénius, évêque d’'Hvypsélé. Il faisait comparaître l’assassiné, devant lequel l’accusateur, Arkaph, prit la fuite, quand ses ennemis fhrent faire, par quelques-uns des leurs, une enquête en Egypte. LA, le préfet, Philagrius, qui était un apostat, accepta toutes les accusations contre Athanase, sans les contrôler 2.
Le domaine de ces accusations doit être délimité si l’on veut éclairer toute cette procédure.
Elles nous paraissent insensées, mais elles ne l’étaient pas alors.
Dès le début, trois évêques re mélé-