‹ Constantin le GrandChapitre 5 sur 46 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

devinrent humains et accessibles à tous. Ils sont au nombre de trois principaux, desquels dérivèrent les autres. Ce sont la Pudeur du bien, Verecundia, qui prit peu à peu, par suite de l’évolution des Institutions, le nom d'Honneur ; la Fidélité consentie, c’est-à-dire libre, réclamant comme condition que les droits de la conscience chrétienne soient respectés, fidélité que Charlemagne, après Constantin, exigera de tous les siens, et la Responsabilité morale de tous les chefs, de tous les Juges, à tous les degrés de l’échelle sociale, jusqu’au plus haut ; Responsabilité qui transforma la juridiction romaine, et assura la grandeur du Moyen Age.

Celui-ci a fait une tache sombre dans l’histoire, pour avoir subi l'invasion des mœurs et des coutumes barbares, venues de Germanie, ainsi que les dures nécessités de la défense locale, mais ce n’est pas une raison pour condamner, avec ces maux et ces souffrances, la Chevalerie, le Traité de Foi, l'Honneur et la Conscience chrétienne.

Les principes moraux de la chrétienté et les rapports qu'ils déterminent entre les chefs et les fidèles sont permanents. Ils furent d’abord particuliers au Palais chrétien de Constantin et de Charlemagne puis à la Chevalerie, mais il arriva un jour, dans l'Histoire, où ils s’étendirent à tous les membres et à tous les groupements d'hommes d’une nation. Ce fut lorsque le bûcher de Jeanne d'Arc illumina l’anoblissement d’un peuple consacré par elle à l’accomplissement de la Foi, laquelle supprime les castes sociales et les servitudes morales. A partir de ce jour, les chefs féodaux : Comtes, Ducs, Maîtres du Palais Constantinien, Marquis, Barons, Vassaux de tous rangs nés de son démembrement, purent disparaître sans que les principes hérités du Palais et du premier gouverne-

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ment chrétiens soient supprimés. Une réforme morale survivait au naufrage des Institutions. À l'avenir les nations ont pu transformer leur organisation sociale, sans changer leur idéal moral, et la Chrétienté existera tant que ces principes ne seront pas détruits. Eux seuls permettent, en effet, l'ascension constante des mérites, de la base de la société vers ses sommets et suspendent les luttes de classes.

L'Histoire du mme et du 1ve siècles de notre ère montre que ce qui perd la civilisation grecque, romaine et chrétienne, c’est, à toute époque, l'invasion des doctrines asiatiques. Ces dernières pénétrèrent une première fois dans l’Empire romain, sous la forme d’une législation universelle, obligatoire, qui prit sa forme concrète dans l'Etat socialiste. Elles étaient venues du proche Orient Hellénistique et Sémitique, par l'intermédiaire d’Alexandrie et de la Syrie. Elles avaient pour support la divinisation de l'Humanité. L’Asie et l'Egypte avaient, de tous temps, adoré leurs maîtres. Mais la divinité humaine prit le caractère de l’Un ou du Nombre; ce fut tantôt le Pharaon ou le César adorés au fond des Temples, tantôt le Peuple Hellène ou Romain divinisés, c’est-à-dire le pouvoir de la foule, la loi du Nombre. Dans les deux cas, sous le poids de la divinité humaine, les peuples écrasés se partagèrent en classes chargées de servitudes sociales. Le triomphe des Hellènes et des Sémites (Juifs d’Alexandrie, Syriens), avait transformé l’Empire Romain au re siècle, de notre ère, avant Constantin, en un vaste monde socialiste. L'invasion barbare devait s’ensuivre, quelques siècles plus tard. Nous assistons dans les temps modernes à un retour offensif analogue de l’Asie contre l’Europe, lequel permet de comprendre le passé.

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