LE BLESSE
BRONZE
Tembrasure des fenêtres, s'éveillait pour ce diapason insolite, on avait soudain la sensation d être entouré de présences mysturieuses et inquiétantes qui vous regardaieni
Meunier subissait, sans en être tourmenté, ce magnétisme frémissant des choses qui laissait Tillusion d'une survie d âmes tenaces et clandestines. « Je ne suis jamais seul dans mon atelier », disait-il en riant, avec le plissement de ses yeux pâles , frais , limpides d'homme du Nord demeuré enfant sous Page et où si lucidement se reflétaient les états de sa pensée.
A ce commerce avec les ombres, il gagna toutefois un affinement de la vie nerveuse et comme une exaspération de la sensibilité qui, montée du profond de ses fibres, à mesure imprégnait sa création de plus de douleur et de pitié.
Pendant les huit ans qu'il habite Loavain, sa genèse est jaillissante : le flux n'en tarit pas. Elle embrasse le cycle des formes en mouvement ; elle instaure définitivement l'ouvrier, l'homme des rythmes plastiques dans la statuaire. La
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beauté de son art est d'être neuve, originale, spontanée, primitive. Elle est moderne et antique : elle s'applique à des choses éternelles. 11 se suscita lui-même 1 ouvrier attendu^ le maître qui porte en soi la succession des âges d'art et les refond dans une œuvre où, à son tour, notre âge avec son idéal d'héroïsme rationnel et sensible prend corps. C'est bien la création d'un simple qui par ses afflictions s'égale aux opprimés. Le travail, la méditation, la vie repliée et comme en prière Pont sauvegardé du mal des âmes compliquées et furieuses. 11 a cinquante ans et on croit qu'il naît seulement à l'art, tant tout le passé, malgré les racines profondes par lesquelles il se noue au présent, s'efface devant le miracle de cette soudaine et toute-puissante éclosion de sa vie spirituelle nouvelle. Le champ profond qu'à la sueur de son martyre il laboura