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inHignitiant pf r< ii à l'entrcM' des marchandises importées.
A l'exemple des Génois, ils orjçanisèrent sévè rement leur commerce. Les négociants y furent soumis à des règlements qui en faisaient moins une nssocintioii d*^ marchands j^roup/s en vue d'un iiité rét individuel, (ju inn' («tiiiiiiiinauté ferni«'e, disci plinée et organisée par l'État à seule fin de développer le commerce de la métropole dans les mers du Levant. Tout»* occupation autre que d'y écouler les produits manufactures du Languedoc et de favoriser les armateurs de Mars«'ille, leur était interdite. Le terme de communauté appliqué à leur association est d'autant plus exact qu'il leur était défendu d'emmener leurs f«'mmes et d'y épouser des LevantiiK's. Au reste, h'ur si'jour dans le pays ne pouvait y durer plus de sept ans, et défense leur était faite également d'y acquérir aucun bien-fonds. Une vieille ordonnance portait « interdiction à tous marchands et autres Français de s'embarquer pour le Levant à dessein de s'y établir qu'après avoir été examinés par la Chambre de commerce de Marseille qui n'i'n doit recevoir aucun (jiii nait îû ans. »
Marseille était le centre, et sa Chambre de commerce. l'Ame de ce négoce. Elle pavait île ses deniers une partie du traitement des consuls et de l'ambassadeur. Ainsi le marquis de Fériol, accrédite
par le Hoy-Soleii auprès de la Porte ottomane, touchait 5/iooo livres de traitement fixe, dont 18000 étaient versées par la Chambre de commerce. Les charges qu'il donnait aux consuls et aux drogmans, ajoutés à quelques autres droits qu'il était autorisé à toucher sur chaque navire français entrant dans le port, lui rapportaient également de gros bénéfices. Quant aux revenus de la Chambre de commerce, ils consistaient en taxes qu'elle avait établies sur tout vaisseau se dirigeant aux échelles.
Ils habitaient avec leur consul un même local, le han, qui était ordinairement un vaste bâtiment à galeries, encadrant une cour intérieure. Chaque échelle du Levant avait le sien, mais, en raison de son importance, le commerce de Galata avait dû se disperser dans une foule de constructions secondaires qui se groupaient autour du han de Saint-Pierre. Celui de Saida, le plus important de la côte syrienne, existe encore avec sa cour ornée d'un j^assin et entourée de deux étages de galeries correspondant, au rez-de-chaussée, à des magasins, à des chambres en haut, qui étaient occupées par les négociants. A l'angle gauche de la façade, se voit encore l'écusson à fleur de lis. Son importance était en rapport avec celle de la ville, qiii est l'ancienne Sidon. située au croisement des routes qui donnaient accès, d'un côté, à l'Asie Mineure, et, de l'autre, à l'Océan Indien
(, A L A r A L i ^ «) N P A S S K i3.j j)ar riMiplirrit** .S.ikIji n'iiaitra hicntût d** sfh
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Lrr, « ommorraiils (oiistitiiaicnt co (jd ..(, ij-i.. iait « In nation d ••( <>ii.sai<Mit (Mitn.> eux doH députe» (|iii les rf*|>ré8cntaiont devant les ambassadeurs et t'onuls Ils fiaient les intermédiaires entre les iiégoeiants et les fahricaiits. Ils indicjiiaient les délioiuliés à créer, le moyen de dev«do|>|>er les all'aires, et veillaient à ce que tout se possAt conformément aux vues du gouvernement. Kn raison de l'importance du marché <Ie (^mstantinople. les deux députes de la colonie recevaient une indemnit<* « pour soutenir avec décence l'honneur de la nation dans les différentes occasions qui se présentent ».
Ces arranj^ements. qui dans le principe ne favorisaient que la France seule, prirent à partir du xvii' siècle, la forme d un accorti (|ue le l)ivan nu'ttait a la hase de tous les traités que les intérêts de sa politique ou son humeur changeante l'amenèrent à conclure avec d'autres gouvernements. Les Français. »le leur coté, s'atl'ranchirent de la restriction cpii leur interdisait de s'allier avec les familles levantines. On n'a|>-
(') Malgré lou« lp« elTorU, le« Franosi* ne parvinrcnl poiaC k fonder (ie« mniplotrt dan» let ville* d« l'inléneur. Pour incilar la populalioa k In luli^ranrc, le Kan de llalep faitail à la Mer<|ue I 5uo écu» da real*. l.c rontul y ratifiait avrr %tn n/gocianU, mai* il» a'ea pouvaient *ortir <|ir.u-rt>m|M({n^* d'un jantaMiirc.
prendra point sans surprise que cette loi subsiste encore, et que si elle ne fait point parler d'elle, c'est qu'on la laisse dormir dans la poudre des vieilles archives. La France n'y a rien perdu, car c'est bien de l'union d'une Latine de Galata et d'un Français, qu'est né l'un de ses plus purs poètes.
Bien des choses ont eu leur commencement dans ce faubourg. C'est là que s'installa d'abord le premier ambassadeur qui fut envoyé à la Porte, après que le chevalier Duprat et la régente Louise de Savoie, eurent inauguré la fameuse alliance. A Galata furent également institués les premiers consuls. Le traité de iBôg allait consacrer cette institution et la généraliser, suivant les besoins du commerce. Les consuls furent investis de pouvoirs judiciaires et de la mission de recueillir les successions pour les transmettre à leurs héritiers légitimes, de réclamer les captifs français tombés au pouvoir des pirates musulmans. Au début, ces fonctionnaires étaient choisis par les patrons des vaisseaux qui les recrutaient parmi les marchands établis dans les lieux où ils faisaient leur principal commerce. Nommés et révoqués par la même voie, on s'avisa enfin qu'ils manquaient de l'autorité nécessaire pour accomplir les délicates fonctions qui leur étaient attribuées. On y remédia en les rattachant à l'administration centrale du commerce et de la navigation.
En général, ces hommes se distinguaient par un savoir solide et une haute probité. Ils se recrutaient parmi l'élite de la bourgeoisie française, alors
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admirable autant |)ar sa science que par la dignité <ie sa vio. Il y parait a inirs écrits qui sont rcsl»*» les seuls documents de valeur qu'on possède sur la Turquie de ce temps-là. Seuls, ils ont vu clair dans ses affaires, mais il ne parait point que les différents gouvernements qui se sont succédé en France se soient inspirés de leurs conseils pour régler leur <'onduite dans la solution des questions qui s'y rapportaient. ()uo de fautes ils se fussent épargnés I Une autre institution, le drogmanat. s est développée à l'onihre du cI(m her de Saint-Louis de l'«'ra. Le ^ juillet idutj, les capucins français arrivaient a (îalata, envoyés par les soins du fameux P. Joseph Tremblay, (b'signé souvent sous le surnom iV éminenre f/riite . M. de (lésy. alors ambassadeur de France, les installait provisoirement à l'église Saint-(fef)rges, puis, deux ans après, il les invitait à prendre logis à côté de l'ambassade, es vit/nes de l*ira. Bientôt s'ouvrait en ce lieu une école dirigée par ces religieux, à l'usage des fils de Français rési<iant dans le faubourg, (^omme on la vu plus haut, les Pères Jésuites avaient à Saint-Kenntt une autre petite école. Ces deux établissements donnaient des séances littéraires, dont les archives de Saint-Louis notent le succès ('). En i665 Colbert fondait à Saint- Louis l'école des « Jeunes de langues ». destinée à la formation des drogmans ou interprètes, pour faciliter les opéra-
(') C.p» <ti^(ait«, extraits Hr» archiTp^ He Saint-l»uit. m'ont fl^ fr«ri«« •en«al ftiamii par U 1*. Bruno, directeur d« c«l él«bii«««mcat.
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lions commerciales avec les pays du Levant. On ne saurait dire si ce l'ut un elï'et du hasard ou de l'émulation, mais, à ce même moment, le grand-vizir, Amed Kuprugli, ennoblissait cette fonction dans la personne d'un Grec, Panayot Nikoussios, pour qui il créa le titre de p?'e??iier interprète et secrétaire de l'Empire.
L'école était entretenue parle « commerce de Marseille » au moyen de dîmes prélevées sur les redevances, gabelles, etc., des pays de Gascogne. Les premiers élèves drogmans étaient des Français de France envoyés à Constantinople de trois ans en trois ans. Plus tard, on crut devoir y associer l'élément levantin, sous cette condition que les jeunes gens seraient recrutés dans la population latine de Péra et de Galata et qu'ils feraient leurs études en France. Dans ce but, on constitua deux bourses au collège Louis-le-Grand. On raconte que les élèves débarquèrent à Paris en chalvar et en veste courte. Leur accoutrement se complétait d'un kalpak byzantin de couleur noire. Le premier nom que l'on découvre sur l'état des premiers élèves est celui de Pantaléon Xavier Lomaca, de Péra, âgé de 23 ans, dont la fille fut la future dame Chénier, mère du poète et grand'tante d'Adolphe Thiers. D'autres élèves se succédèrent à Paris dont je ne citerai que les noms de Justiniani, de Roboly, Jankowsky, Wiet, dont les descendants sont encore à Péra, toujours Français, sinon drogmans. La Révolution ayant fermé les couvents, les capucins italiens remplacèrent les Français
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:i Saint-Louis. Cette anomalie ne devait cesser qu'en i88i. A|)n''s entfiitf mutucll*» ontrr Home ot Ï*ari9, la province des (-a|>U(-iMs dr l'aris envoyait u l'éro les P^res Marcel et Laurent qui reprenaient f»o8»e»- -i(tii «le lélablisHemenl.
l'n autre «'v«-nemenl, non moins digne de mention, r'eflt l'apparition a (îalata du premier journal (|u'ait \u l'Orient. Il lut cré»* par un Iranrais. M. Iilac(|ue, (jui. déjà, en iSaS, avait fondé à Smyrne Le Sperta leur d'Orient, transformé peu après en Courrier de Smi/rnr. Son sucrés f»it gran«l par l'ardeur avec J.Kjuell»* il s'appliqua a djMeudre les intérêts de la Turquie contre les Grecs révoltés. Le sultan Mahmoud Il «-Il c«>ni ut d'iuitant plus de joie que les tcnjoignages de turt^qiliilie du journal sniyrni«»te trouvaient alors peu d'imitateurs. On sait comluen le romantisme de Lord IJyron, de Chateaubriand et de Victor Hugo, était peu favorable à la cause turque. I.i'ayant appelé à Constantinople. il le chargea d'éditer le premier journal «dliciel. qui parut d abord en français sous le titre de Moniteur oltntnnn (i83i). puis on lui adjoignit une partie turque qui n'était que la traduction de la feuille française.
Au ilire d'un voyageur du xvm* siècle, la colonie européenne a (^onstantin<qde ne comptait pas plus de 3(K> membres, tons marchands. Ils ne pouvaient pas être autre chose. Les mœurs et l«*s conditions d'existence du pays, si difr»'renl«'s de celles de nos pères, réduisaient slri«*tement aux seuls «'changes les points de contact entre I Luropeen et l'Oriental. Il n'y
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avait guère place alors pour aucun métier. Bien que considérablement appauvri, le pays se suffisait encore à lui-même. Il avait ses modes, ses industries propres etses vieux corps de métier. On a vu, par l'exemple dos Jeunes de langue, que la population latine elle-même s'habillait à la levantine. Les Turcs, à cette époque, ne savaient faire de distinction qu'entre les F'ranrais et les Russes, c'est-à-dire les seules nations qui avaient été le plus activement mêlées à leurs affaires. C'est à peine s'ils connaissaient les Anglais et les Hollandais. Ils n'avaient, au surplus, aucune idée des sectes ni des langues de la chrétienté qu'ils confondaient dans un même mépris. Aussi les Italiens, les Suédois, les Suisses, les Allemands se disaient-ils Français. Au surplus, le particularisme, qui est un produit moderne, comme son correctif l'internationalisme, n'avait pas encore pénétré dans les mœurs, alors beaucoup plus uniformes, et les divisions entre chrétiens étaient moins tranchées qu'aujourd'hui. On y vivait sur un pied de tolérance réciproque, dont s'édifiaient les voyageurs. « Le faubourg de Péra, écrivait l'un d'eux, présente la réunion de tous les peuples. On y voit tous les costumes, on y entend toutes les langues ; on s'accoste volontiers, on se donne la main. Les Francs s'y visitent fréquemment et vivent quelquefois en frères. » C'était l'idéal. L'inconcevable mépris, dont les enveloppait alors l'orgueil ottoman, ne pouvait que contribuer à développer cet esprit de solidarité. A quelques exceptions près, les femmes s'astreignaient à une exis-
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trnc»' <rint<Ti«Mir. KIN-s n** sortaient jamnis soûles, niais se promenaient par groupes, comme font encore les Turrpies. les hommes d'un côtr, les femmes de l'autre. (Juand elles Iraneliissaient les portes du faubourg, c'était pour respirer le frais sous les cyprès (les • C.ham|>8 des Morts ». Les portes fermaient an coucher du soleil, et. l'heur»' passée, on ne se les faisait |>as ouvrir sans peine. Seuls, les Trancs avaient licence de circuler la nuit dans les rues, un l'anal à la main On allait :i la veillée. Les usages d** l'Occident et même sa littérature commençaient à pénétrer dans ({uelqu(*s familles. Les étrangers v apporluienl «les notions de la vie européenne et les l'rançais un vague parfum «le la grâce de l»'ur pavs. Des liens s'y nouaient. « Je ne crois, ajoute le même voyageur, cpiil y ait sous le ciel des créatures plus ainiahli's (|ue les f«'mmes de Péra..., l«Mirs manières, leurs regards, leurs gestes, sont si tendres qu'il est impossible «le s«' soustraire à b'ur domination. > Avec tant il«' moyens «!«' plain*. il ne faut point s'ét«)nner qu'«'ll«*s ai«*nt eu b' p«)uvoir d«* fain* oublier à n«>s c«)mpatriutes les lois antisociales d(* (:«db«Mt.
Puis, la France était bien loin h cette époque. Le service des «ourrii'rs était si irrégulier «pu* les |)a«|uets «'t les btlres étaient souvj'iit «*n arriére de «leu\ ou tr«)is mois. On mettait plus de trente jours pour faire le voyage de Marseille aux rives du Bos |»hor«'. (|uaiul les vents n'étai«Mit pas tr«q> c«»ntraires. et tous les vaisseaux n"arrivai«'nt pas à destination.
BKaTRANO BaRIILLS». I0
Les écumeurs de mer foisonnaient dans l'archipel, et la partie qui sépare la Morée de l'île de Candie était réputée la plus dangereuse. La voie de terre n'était guère plus sûre. Des caravanes s'organisaient à Raguse. Les voyageurs, après s'être groupés en nombre suffisant, pour résister aux voleurs de grand chemin, comme cela se pratiquait encore en Anatolie en ces derniers temps, traversaient à petites journées les terres de Bosnie, de Serbie, et. par Sofia et Andrinople, atteignaient les rivages de la Marmara.
Les souvenirs que les Français ont laissés dans la ville franque se réduisent à quelques écussons ornés de fleurs de lys, aux inscriptions latines des églises qui magnifient la sollicitude de Louis XIV pour les sanctuaires de la catholicité. La nellatérale de Saint- Pierre et l'église de Saint-Georges sont entièrement pavées de pierres tombales où reposent les Français que la mort a surpris là-bas. Elles rappellent que ces marchands, pleins de vertus et de loi, s'éteignirent dans la paix du Seigneur. Elles s'effacent sous les pas des nouveaux possesseurs, mais l'oubli ne pèsera pas sur eux tous, car l'on se souviendra de cette famille de joailliers levantins, les Lomaca, qui s'allièrent aux Chénier.
On sait que la mère du poète emporta sous le ciel de Paris la nostalgie du })ays natal. Comme toute bonne Levantine cjui ne saurait oublier son lieu d'origine, elle en parlait avec ime sympathie qui ressemble fort à des regrets. Son lils, André, n'a fait
passer dans sa lyn* qur l'écho des sentiments maternels ; car, l'ayant quitte à l'âge d<* trois ans. il ne pouvait connailre lr faubourg <\\it' par les récit» c|u'(*ilc lui <*n avait fait :
Partons, U liarqiir phI pnM«* «M Hy/anre m appelle. Salut (Jieiit de I Kuxiii, llclU-, Scstoî», Abydc, Kt nymphe du BoHphore, et nymphe l'm|»ontide. IIMirc, Pangt-c, llcinuii et llhodopc ot Iliphce, Salut Tlirari' ma nnT«>, f» la mi-rc <l •»q»h«-f. (ialata, <|ut* mes veux i ;><(,
(^ar «• cHi U ({u une (ir< , ^ , iintempii,
Itillr, au lit d'un époux, nourrisson de U France, Me fit natire Krançai<i, souk 1rs roun» de Byxance.
Coupole de la petite Sainle-Sophie.
ciiAi'i rni: vu