‹ ConstantinopleChapitre 17 sur 47 · BEBEK ET SON JARDIN · texte numérisé non relu

BEBEK ET SON JARDIN

\sperl lie la cMe d'Asie. — Ma maitoa. — M^flancra iadigénc« et situation critiquA. — Le flair atavique de l'indigène. — Ma voittne me soumet .'i un iotcrro^toire. — Dr« inronvrnirnts de lire dan» la rue.

ANMir. vrn.iit (!«• n;»itr«' alW aniuo ia. par oxreplioii. lit'iif fl l)U'»i. Jf vottlus le passer dan» la verdure naissante du iiosphore cl je m'installai à Bébck, gros village peuplé de Grecs, de quelques familles turques, et d'une colonie de négociants anglais, lifbek possède cette chose rare en Turquie qu*est un jardin public, elle sien est remarquable par

la beauté de ses platanes. Des quais y aboutissent qui, d'un côté, contournent la baie pour aboutir à la forteresse de Roumélie-Hissar. Du côté opposé, achevant la courbe, ils longent la rive jusqu'aux premiers cafés d'Arnaout-Keuy. Le soir, ces cafés se peuplent de consommateurs, occupés à respirer la brise rafraîchissante, tandis que les jeunes Grecques du village, en toilette claire, s'entassent au rebord des terrasses de ces établissements pour voir et être vues. Arnaout- Keuy, exclusivement grec, est le seul endroit du Bosphore où les bords de l'eau soient animés. Dans les lieux habités par les Turcs, chacun se tient chez soi, et la rue reste vide sous les chachnichines farouchement clos.

Les consommateurs, assis sous les platanes de Bébek, ont devant eux l'un des plus jolis coins du Bosphore. En face, Candilli avec son mélange de verdure et de vieilles habitations. Des jardins en terrasse surplombent le courant qui, à cet endroit, est si impétueux que les embarcations ont peine à le remonter. Au delà d'une ligne de yalis, s'étend, entre deux ruisseaux, la prairie des Eaux Douces d'Asie boisée par endroits. Un petit palais de marbre rose y dessine dans l'eau bleue l'ombre mouvantt* de son architecture. Plus loin, s'élève la forteresse croulante d'Anadol-Hissar, que des bâtisses neuves aux toits rouofes assiègent de tous côtés. En amont, les collines se couvrent de sombres taillis où se mêle le cyprès, et le caïque longe des clôtures percées de fenêtres où grimpent des vignes sauvages et des

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clématites qui laissent traîner dans le courant leur feuillage festonné. Derrière ce décor se dressent (ji's pans do murs tal( inés, dos cheminées de hamams, rcsl«.'s (le yalis incendifs. A cet endroit, les rives sont si accidentées, qu'elles forment comme un couloir de fraîcheur, et si rapprochées que Darius y put jeter un pont flottant. Je comprends la fantaisie de ce Français (pli, traversant Constantinople, a interrompu son voyage pour s'établir dans cette solitude et cacher sa vie derrière le treillis d'un harem. Son yacht, désormais inutile, pourrit à l'ancre dans un coin de la baie <!o Hébek. Il ne reprendra plus le chemin de la patrie oubliée.

Comme les abords de ce gros village sont occupés j)ar les propriétés de l'ex-khédive d'Egypte, les maisons ont dû se réfugier au fond de l'étroit vallon, dont le milieu se creuse en torrent. Elles s'étagent, toutes pareilles, à droite et à gauche, sur des pentes disposées en terrasse. J'y avais loué un de ces vieux conaks en bois qui faisaient la joie do l'aquarelliste Prez- /.iosi. Sur un mur de pierre de cinq pieds de hauteur s'élevaient deu.x étages, dont le premier surplombait le rez-de-chaussée. Comme d'habitude, il était sur ses trois façades percé de fenêtres. Il y en avait de grandes et de petites, et dans ma seule chambre a coucher j'en comptais une dou/aine. Par bonheur une vieille glycine en cachait une partie, ce qui me valut une notable économie de rideaux. Un énorme jasmin remplissait le même office dans la salle à manger où s'rparpillaient jusque sous la table ses pé- BaaTKAMD Barkilli». i4

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