MAISONS DE BOIS
loit. car ce n'est qu'une fois couverte que le menui- HJer intervient pourconfectionner Ich porte», les escaliers et les trop nonibreuscs ouvertures qui |M*rinetteiit, sans doute, (J'rrononiiHer sur le bois, mait» qui ruinrnt le propriétaire en carreaux de vitre. Le riiiii ou [ie vient qu'à la fin pour construire les parties solides, ronirne le fourneau et la cheminée ^enéra- NMiiont en hricpie. puis la grande dalle creuse et la vastpie «le marbre des cabinets. Aussi ces objets sont-ils les seules parties «jui restent intactes après qu'un incendie a réduit le reste en cendres. Quelques pois de couleurs achèvent de lui donner l'asperl de ces <hAleauxlanl«'rfies qu'on accroche aux arbres de .Noël. .Mais il est rare que les pauvres fassent cette dépense. Alors, sous l'action <le l'humidité, le bois prend (>ou à peu les Ions du vieil argent. Des rideaux blancs «Ml relèvent encore le caractère fantaisiste, la nuit surtout, lorsquo les maisons sont éclair«'«'sen dedans. Les pièces sont passées à la chaux bleue, et leurs nombreuses fenêtres leur donnent beaucoup de clarté et une saine apparence. .Nutrefois. à I «'pocjue où la Turquie avait un art. les parois étaient enduites d'un solide vernis vert ou lie de vin. avec une moulure plate c«)mme encadrement. Les vieilles maisons mon trent «MK'ore «l««s spécimens «l'une d«'coration consistant en c«)rb«'illes do fleurs et «le fruits sculptées sur bois, des fontaines au marbre contourne en rocaille, d'un effet charmant. On a également renoncé à les tapisser de nattes fixées au plancher, sans doute à cause (le la poussière et «le la vermine qui v trouvaient re-
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fuge. En architecture, comme dans tout le reste, la Turquie se montre pitoyablement inférieure à ce qu'elle a été. Le présent y a fait toujours regretter le passé.
La pièce principale est uniformément meublée d'un divan et d'une commode en bois de noyer. Une glace s'y penche, au cadre doré, qui renvoie l'image de deux lampes qu'on n'allume que dans les grandes occasions. On y voit encore le mangal en cuivre rouge, et, chez les Grecs, une vieille icône nichée dans un coin. Ces maisons sont peut-être plus saines que les nôtres, mais il serait excessif d'en vanter le confort, aucune porte ne fermant exactement et les fenêtres à guillotine ayant de la peine à glisser dans leur châssis de bois. Les vents y font rage en hiver et leur frêle structure de planches les protège mal en été contre le soleil qui brûle le pavé. Par les fortes chaleurs, l'habitant abandonne l'étage supérieur et s'installe dans le vestibule du rez-de-chaussée dallé d'un carrelage de marbre.
Cet amour du « chez soi » a fait éclore sur divers points de la banlieue de curieuses agglomérations qui tiennent le milieu entre le gourbi soudanais et la case de l'oncle Tom. Les masures qui les composent sont construites avec des feuilles de fer blanc, qui proviennent de vieilles caisses à pétrole. La porte est naturellement en bois, et il y a de vraies vitres aux fenêtres. A proximité du château des Sept Tours, on peut voir tout un village, Ténéké-Keuy, habité par des Tatares immigrés, entièrement construit en cette matière. Quand le pétrole fut adopté comme mode
M A I s (J N s DE BOIS aSg
d'éclairage, chaque ménage hc trouva bientôt encomi)ré de caiuBeH en fer blanc. Au lieu de Ict» vendre, on s'aviHa d'on lirrr parti romme d'un r<Hipirnt tout fait. 11 reiiiplura |)<mj à peu la caibue a charbon, le beau, il en vint à ho .substituer au niangal, à la cuvette; mais comme ces divers emplois nécessitent un fond Holi(i(\ la caisse à pétrole ne tarda pas à se changer <>ti pot à (leurs. La plupart des géraniums qui fleurissent aux fenêtres des maisons pau>res sont logés dans ces caisses. Ce n'est qu'après avoir rempli ces différents emplois que le téncké est appelé à concourir ;i 1.1 confection «les gourbis tatares. N'oublions pas d ajouter qu'il sert aussi à raccommoder les trous des vieux raïques et à rapiécer les vieilles maisons de bois. L'ingéniosité levantine sait tirer parti de tout.
Tour de la Porte Dorée.
CIlAl'ITfU: XIV LE LEVANTIN
l'rt^jiiK^ ronire le travail Hr« fennct. — (^lualil^ da U Levantine. — Madrfinp n« «• pat au marrbé — La prforrupalioa de la dot a dàt* crfdil^ U mari rn Fraore aniani qoe la litirralure — l^% p«riutle«4a Vérm. — Le Lcraotia vit co deliur« dr %oa paya. — Il »'ia|;é«i« k prendre le contrt^pied dr la \ie li>ral«. — Le« raiton* de *on cararlèrv diiaimuU. — Il n'a auruna autorité *ar le« Torr*. — L'affaire de II*chik-Tarh — Le niaria^ du Turc aveo la cbr^tienoa et l'ipaoraMce de not officien de l>(at rivil. — 1^ ugv«M de la peur. — Ko Turquie, Irt diver««s race* te m^pritaol, loule* »e d^te«lent — 1^ àrgré d'activité déployé par le* diver*e« roofeatioa* vi»ible 4 bord da Ckirktt. — Ulnaioat rbréiieones et anbitiona Moaiue«.
ON voit par ces drtails que l'cxislence do la Levantine est éloignée du matérialisme occidental. Elle se rontenle de peu; mais la dureté des toinpH a aj^gravé sa situation do façon à l'ohlijçer a renchérir encore sur cette vertu locale. Contre elle sont liguées la coutume et la misère d'un pays épuisé. A Constantinople il n'y a ni fabriques, ni ateliers où elle pourrait seni|>loyer ; elle ne saurait, d'autre part, sans declioir. entrer on condition dans une famille. J ai deja dit que les aor\antes vieniuMit desCyclades.
Sur la Levantine pèse encore la lointaine influence du gynécée, tel que l'a pratiqué de tout temps l'Orient. Les plus pauvres vont en cachette chez les Turcs rendre des services plus ou moins avouables. La confection et la couture en occupent quelques-unes. Les Juives font de la dentelle à domicile, la Grecque et l'Arménienne de la broderie où elles excellent. Les ateliers de la régie des tabacs fournissent un peu de travail aux jeunes filles de Balatetde Haskeuy. Cependant, le préjugé qui leur interdisait d'entrer comme vendeuse dans les magasins commence à céder à Péra. Il serait encore impossible dans les autres faubourgs, à Stamboul surtout. Mais en somme tout cela est peu de chose. 11 faut reconnaître aussi que l'activité économique du pays est trop faible pour que les deux sexes y puissent trouver un débouché régulier. Par bonheur, les devoirs de parenté ne sont pas un vain mot dans ce milieu où l'antagonisme des races est compensé par l'étroite solidarité qui lie la famille. Le frère ne se marierait point qu'il n'ait d'abord établi ses sœurs, et les gendres vivent généralement d'accord avec leurs beaux-parents. 11 est de règle que l'oncle se sacrifie pour élever des neveux dénués de ressources. La solidarité entre coreligionnaires vient également atténuer le malaise social. Nombreux sont les jeunes gens entretenus aux frais de généreux particuliers. La générosité est la forme que prend le patriotisme des rayas.
Incapable de se suffire à elle-même, la jeune fille n'a d'espoir que dans le mariage. Aussi plaire à