‹ Constantinople byzantine et les voyageurs du LevantChapitre 27 sur 34 · CONSTANTIN*)PLE BYZANTINE · texte numérisé non relu

CONSTANTIN*)PLE BYZANTINE

rassemblé dans un décor luxueux plus de soixantedix statues antiques 1 . Certaines maisons, comme celle de Lausos, qui ne le cédaient en rien aux palais comme aménagement et comme décoration, en abritaient aussi

Constantinople contenait d’autres œuvres adaptéès à la décoration architectonique d’une grande ville. Üne tête colossale de Méduse, mutilée dans sa partie supérieure et conservée à Sainte-Irène, provient soit de là Chalcé du Grand Palais 3 , soit du forum de Constantin 4 . Ses dimensions indiquent qu’elle ornait autrefois un édifice de proportions considérables (fig. 58). Sur une autre place s’élevait l’Anémodpulion, girouette monumentale, ayant la forme d’une pyramide, dont les flancs étaient couverts de sculptures; au sommet une figure de femme ailée tournait à tous les vents a . ‘

Sur les places on ne rencontrait pas seulement les hautes colonnes, qui, comme à Rome, portaient sur leur fût un développement de bas-reliefs en spirale. On voyait aussi des monolithes en granit ou en

matière de prix, marbre ou bronze. Les Byzantins savaient apprécier la valeur décorative de la colonnejoyau, admirer la beauté de sa couleur et de sa masse précise. Quelques-uns des fûts magnifiques que l’on voit aujourd’hui dans les mosquées, où ils ont été

1 Cl". Description de Christodoros (Anthologia (Jrace a, édit. Stadtînueller, t. I, Leipzig, 1894, p. 36 s.). i

- Cf. Richter, op. cit ., p. 376 s., 41 5 s.; Unger, op. cif. y p. S6-88.

Cf. J. Ebersolt, op. cit ., p. 21.

4 Cf. Bjeljaev (Vizantijskij Yremennik, t. I, p. 777-778).

. ?i Cf. Th. Reinach (Revue des Etudes grecques, t. IX, 1896, p. 85 ); J, Coinpernass (Roemischc Quartalsclmft, t. XXII, 1908, p. 55 - 56 ).

ET LES VOYAGEURS OU LEVANT

utilisés par les Turcs, décoraient autrefois tueuses places publiques.

ae majes-

Parmi ces places les deux plus belles étaient le forum de Constantin et l’Augustéon. Le voyageur qui, au x c siècle, visitait ce quartier, où s’élevaient les édifices les plus imposants, en rapportait certainement la plus belle vision de la capitale.

Le forum de Constantin était de forme circulaire, pavé de larges dalles, et entouré de portiques. Sur le

côté nord de la place se trouvait le Sénat d’autres édifices, notamment une église de la Vierge 1 2 , étaient, disposés sur le pourtour. Au centre se dressait la Colonne de porphyre, dont la base était entourée de larges degrés; au pied du monument s’élevait un oratoire élevé à lalimémoire du Grand Constantin 3 .

En suivant la rue centrale, la Mésé, bordée de portiques, le voyageur arri vait à la place de FAugustéon. A l’entrée se dressait le Milion, auquel venaient aboutir les grandes voies, qui traversaient la ville, Mais à Byzance, le Milliaire n’était pas, comme à Rome, une colonne de marbre c’était une espèce

1 Cf. Richter, op. cif., p. 3 i )6 s.

2 Cf. De Cerimoniis aulx hyzantinx, édit. Bonn, App. ad lib. 1 , p. 5<)2; I, 96, p. 4.3g; II, 19, p. 612.

•’ Cf. De Cerimoniis , 1,-1, p. 2 S- 3 o; 1,10, p. 74 - 75 ; I, 3 o, p. 164-165; cf. Bjeljaev (Ljetopis istoriko-pliilologiceskago obscestva pii imperatorskom Novorossijskoin Universitetjé, IV, Viz. Otdjel., II, Odessa, 1894, p. i 3 , ». 1, i 5 ). On ignore à quelle époque furent construits cet oratoire et l’église de la Vierge. Les voyageurs n’en font pas mention.

•'» Cf. H. Thédenat, Le forum romain et les forums impériaux, Paris, 1904, p. 23 o, fig. 5 o.

■d’arc de triomphe décoré de statues 1 . A droite du Milion se dressait la niasse imposante des thermes de Zeuxippe, et plus loin l’Hippodrome retentissant des clameurs de la foule.

Sur la place le voyageur voyait surgir l’entrée du Palais impérial, avec la coupole de la Chalcé. ïl longeait les portiques 2 , passait devant le Sénat, qui occupait le côté oriental de l’Augustéon 3 4 , et contemplait les statues, qui décoraient cette place, surtout l’imposante Colonne, surmontée de la statue équestre deJuslinien.

Ici on était au cœur de la capitale, de même que sur la place Saint-Marc on est au cœur de la cité des doges. Sainte-Sophie dominait tout cet espace de sa masse énorme. En sortant de çe sanctuaire, le voyageur, tout ébloui par l’éclat des marbres et des mosaïques, pouvait visiter encore deux églises voisines, Sainte-Irène et la Vierge Chalcopratia, où l’on conservait une relique précieuse, la ceinture de la ViergeCe quartier impérial, où étaient réunies toutes les splendeurs dé l’immense capitale, était bien pour ce peuple un centre de vie, où quelque chose de son essence semblait devenir visible.

1 Cf. J. Ebersolt, o/). cit., p. i5-i6.

2 Sur l’ivoire de Trêves, on aperçoit une porte surmontée d’un arc et des portiques, où J. Strzygowski a cru reconnaître une partie de la façade du Grand Palais; cf. Orient oder IÇoni, Leipzig, 1901, p. 85 s., fig. 38 .

3 Cf. J. Ebersolt, oft. cit., p. 14 s., 19 s.

4 Cf. Bjeljaev, loc . cit.. H, Viz. Otdjel., I, Odessa, 1892, p. 85 s.; JSyzantina 111 (Zapiski classiceskago otdjelenija imperatorskago russkago arclieologièeskago obscestva, t, IV, Pétersbourg, 1907, p. 92 s.).

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