‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 16 sur 39 · MAHMOUD IL · texte numérisé non relu

MAHMOUD IL

ne réussirent qu'à demi, constamment entravées par des obstacles sans nombre, et qui eussent fatigué une volonté moins généreuse et un courage moins ferme que sa volonté et son courage. Pour trouver la cause des embarras de Mahmoud, il faut remonter au 20 octobre 1827, lorsque les trois amiraux, sir Codrington, le comte de Rigny et le comte Heyden, incendièrent la flotte turque dans le port de Navarin, sous prétexte qu'on avait violé le blocus établi par les trois puissances qui avaient interposé leur médiation dans le différend entre la Grèce et la Turquie. Un historien n'a point craint d'appeler cette attaque des trois puissances un assassinat prémédité. Reiss-Effendi, lorsque les ambassadeurs de France, d'Angleterre et de Russie lui annoncèrent le désastreuse nouvelle, tout en l'assurant de l'intérêt que leurs gouvernements portaient à la Porte, répondit : a C'est té^ c( moigner à un homme la plus sincère amitié tout en « lui brisant la tête. »

Cet événement fit disparaître en un seul jour le fruit de toutes les améliorations que Mahmoud avait projetées, pour sa flotte. Des tréâors pour la réalisation desquels on avait opéré des prodiges se trouvèrent anéantis, et de longtemps il ne sera possible à la Turquie de mettre sur pied une flotte semblable à celle que Mahmoud vit brûler, pour ainsi dire, sous ses yeux.

Après ce désastre commença la question de l'indcpen* dance de la Morée, question dans laquelle les ministres des trois puissances insistèrent pour obtenir un territoire nécessaire à la constitution d'un royaume hellénique au*

l-^ CONSTAiSTLNOPLE.

qj^ét h Twqnm devait tmonnef i JiuniVB. Lo refus du S^lta^ de «oBseatir à une pjireil}6 demanda proFoqua, aprè« quatre moU â^ pour p9iierA « um ûéehmwa de guerre de h part de la Ru^sj^s»

I^'arméa de Mahmoud, quoique iuiUée depuis peu à h t^tique (suropéeorie^ se eouvrit néanmoins de quelque glipire} QftF ia ïlu^si^, pour remporter sur elle uw victoire cQ^iplète et décisive, dut fomaater d^ troubles, dep insurrieçti^us ^ de^ désordres daps la Sulguie et la Thracie^

La paix d'Audriuople fat l'évèuemeut la j^us désastreux pour AJabmoud 1I« qui dut céder a son heureux rival plii9 de deux ceats li^u^^ de cotes, livrer Anapa, la clef de h C^raa^sie, accorder Teif^pal^oiii d<ss MusalmaQs des priucjips^utés de la Moldavie ejt da ia Valachle, établir une quarantaine pern|.an^i:i(;e /entre cie^ dpux pdys, et enfiQ dimim^çr le^ iwpôîô de 4oii«ap payais à 1» Turquie par le pavillon russe.

Après m 9^^oir terminé 0.%m ^i déplarnbl^ m^fuièrâ ave<; c^t^a^emi., il se vit meuaeé par |^ paih^ d'Egypte, quf, i^près ^voir euvabî 1» Syrie, s^ dispo.wit h ^ssiég^r Çonstaatjiaople. f^a IVigissie, yoyant siveç regret les ps^gr^s ^;^pi4^s dij vig^rroi d'Egypte, pr9P9§a m Sulta» sa prpr fe^^tioja .ejt sQft amitié. Jj^spér^iee d'êJre secQuru par lisi «Trance et l'Angleterre le tint quelqç^ temps eïf. balance ; mais e^i^^, iroyant que ces #epojur$ n^ lui yeuaient pas, il se trouva forpé d'i^vpqjf^r l'appui du bras qui venait de )^ f^^pper, et sigi^ le traité d'IJokiarr-IsKelessi, qui ne h^i donnai qu'une p^JK Qpb^m^re, ^^ alliapce sus-

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peqte, et porl4 un «oup fune^ta à la dignité fit mx intérêts da Tempir^, «n livrant à la Russie des avantages et des privilèges nouveaux. Méhémet-Ali se refusa encore à payer se» tributs», et reprit son allure menaçante devant son souverain. Mahmoud redoubla d'efforti pour réduire son vassal rebelle à robéissanee} mais la mort vint lui épargner le tr^te spectacle de la perte de la bataille de

En résumant ici tout ce que Je viens de dire sur la vie de cet homme remarquable, trois choses doivent le faire regarder comme un des plus célèbres souverains qui aient gouverné la Turquie* Il est vrai que sous son règne Tétendard du prophète ne se montra pas aus popula*tJoDs sanglant et redoutable , comme il le fit dans les moments où l'Europe terrifiée se liguait tout entière pour le repousser; il est vrai que cet étendard, au contrair8| fut oblige de reculer i mais que pouvait Mahmoud, avec une armée comme celle qu'il trouva en montant sur la trône, contre les armées européennes, aguerries depuia C|uatre-<vingt-dU ans par le bruit du oanoii qui , des bords du Nil à la Vistule» n'avait eessé de se faire en« tendre? Le seul parti qu'il eût à prendre était moins de gagner des batailles sans but> que de préparer les moyens par lesquels il pouvait les éviter, ou s'en assurer le succès* Trois choses étaient à faire pour que ee résultat fût passible ; ramener l'unité du commandement dans les mains du Sultau en supprimant les Ueré^^Beys, qui représentaient dans l'empire la féodalité sous la forme la plus inique # la plus brutale; affermir, consolider le

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pouvoir suprême en détruisant les Janissaires ; maintenir enfin l'intégrité du territoire en amenant la soumission de l'Albanie.

11 est certain que Mahmoud^ secondé par une fortune égale à son génie et à l'énergie de sa volonté, n'eût pas toujours éprouvé les revers qui sont venus l'atteindre. Il était trop supérieur à ses conseillers pour être compris par eux. 11 renversa trop d'abus pour que ces abus ne se redressassent pas, à une heure donnée ^ contre lui; la position qu'occupe le siège de son empire est une position trop nécessaire à l'Occident pour que Mahmoud ait pu, avec les misérables ressources qu'il trouva, tenir contre les puissances européennes, la Russie, la France et l'Angleterre réunies contre lui. Il est des choses impossibles à faire, et Mahmoud se trouva toute sa vie en présence d'impossibilités.

Unissant les idées occidentales aux mœurs de rOrient, il voulut fondre ces deux éléments en un seul, et tout son génie s'appliqua à conclure ce difficile mariage.

Ses successeurs seront- ils assez heureux pour réaliser cette œuvre , la plus étonnante, peut-être, à laquelle il sera donné au monde moderne d'assister? Nul ne le sait. Si, d'un côté, la Porte a besoin de suivre le progrès de la civilisation occidentale , de l'autre , toute réforme des vieux abus sape le mahométisme dans ses fondements, . et la désarme de tout ce fanatisme qui fait sa puissance inébranlable. L'immobilité hâte sa chute; le progrès la met à la remorque des autres ; elle est impuissante à lutter avec avantage contre les efforts de la Russie, dont

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