MAHMOUD U
le gouvernement, bien plus oriental qu'occidental » ne peut se trouver dans son élément que par-delà le Bosphore. D'une part , la Turquie appelle les idées de l'Europe pour se maintenir; de l'autre, sa religion repousse ces mêmes idées. Quand on étudie l'histoire de l'humanité, tout ce que contient à première vue le progrès matériel disparaît pour faire place aux questions religieuses, les seules qui renferment les idées morales, métaphysiques, philosophiques, qui soutiennent l'homme dans Tordre élevé de la création où Dieu Ta placé. Le schisme de Mahomet pèse aujourd'hui de tout son poids sur les populations qu'il a élevées depuis des siècles. Quelle ne serait pas aujourd'hui la puissance d*une population catholique , comme l'Italie ou la France par exemple, sur les bords du Bosphore, à Gonstantinople !
Le portrait de Mahmoud est difficile à tracer. Dans la vie publique, Mahmoud est un homme de notre civilisation ; dans la vie intérieure et domestique, nos mœurs le repoussent. Il y a dans cet homme deux personnes qni forment contraste : le souverain qui ne néglige rien pour relever la puissance de la nation qu'il gouverne ; le Sultan qui s^abandonne avec intempérance aux femmes et à tous les excès de la volupté orientale.
Pour donner une idée de l'esprit de vengeance qu'il avait de coiûmun avec tous les princes orientaux, je rappellerai iu qu'après l'affaire de Navarin il eût fait massacrer tous les chrétiens de son empire , si le séraskier ne lui avait montré tout ce qu'une pareille action
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aurait eottléTé d'indigntttlmi, de odlète et de yengeaiicé.
Il unidftftit aut plus folles eiti^àtaganceà la cfaauté la plufii fétoltaute. Un banquier Juif lui ayant fait un jour préaeut d'un kioaque maguiflquément orué, il l'acôepta^ Puië, réfléehiftaant à la yaleut du dou qu'on lui ayait fait, il conclut que le dtiUafeur avait dû yoler énormémeut. En conséquence, il le fit décapiter.
Néanmoins, malgré ee caractère sanguinaire qui le pottait instinctivement à la cruauté, souvent la té^ fletion, la raison, rintelligeuce le tendaient humain. Il était, par politique, tolérant entera les chrétiens, et il cédait naturellement aui impulsions géuél^uses qu'il éprouvait devant tout ce qui était beau et grand. Doué d'une persévérance que tien Ue pouvait lasser, et qu'il portait jusqu'à l'opiniâtreté, il eût pu venir à bout de toutes les choses qu'il entreprit, si une édUdation plus libre Teût mis' & même d'ftcquérir des connaissances plus éteudues suf les hottttne§ et Mt les (^oses dé sot? tempSi
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