DES REFORMES DE MAHMOUD
incorporé dans un autre régiment où se trouvait son père. De pareils faits peuvent donner une idée de Torganisationmorale^ maisnon deTétatmatériel des troupes, qui est pire encore. Les désordres de l'administration et Tavidité des pachas font que les soldats sont obligés de s'habiller comme ils peuvent, et souvent à leurs frais. Dans l'infanterie, il y en a bien peu qui aient des souliers; la plupart sont chaussés de sandales , et les nègres YODt toujours nu-pieds; les cavaliers, à part le fesch (bonnet rouge), qui est de rigueur et sur lequel on ne peut transiger, s'accoutrent du reste comme ils le veulent. Il n'est pas rare de voir, devant les corps de garde de Constantinople, des soldats en faction laisser de côté leur fusil, et, assis à la manière turque, ravau* der leurs bas et raccommoder leurs souliers.
Pour ce qui regarde l'instruction militaire, comme Mahmoud ne pouvait surveiller l'instruction des corps principaux de son armée^ elle était abandonnée, dans les provinces éloignées et à Constantinople même, à toutes les interprétations de l'ignorance, de l'ineptie et de la brutalité. D'ailleurs, les instructeurs militaires ayant été pris dans toutes les nations sans être réunis d'abord pour qu'ils s'entendissent sur une méthode unique, les troupes qu'on leur avait confiées furent instruites d'après des méthodes différentes; de sorte que, lorsqu'elles étaient rassemblées pour les manœuvres de lignes, il y avait des hésitations sans nombre, des maniements d'armes qui juraient les uns avec les autres, et des commandements qui se heurtaient sur tous les points.
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Ces inatructeun sont bien payés «t sont tdttt^à^iait indépetidants) mais ils n'ont pas de grades dâtis rar<mée, ils ne peuTent y espérer aneun coriimandettlént, et sont privés même de la liberté d'enseigner diaprés les règles les plus généralement reçues.
Les eolohels tures^ ignorants et trop orgueilleux pour apprendre la science militaire des instructeurs chtétienSf incapables par ce fait de commander d'après la méthode suivie pour Tinstruction des soldats, furent ttn obstacle trop sérieux pour que la réforme tant désirée par Mahmoud se réalisât aussi proroptement qu'il leût voulu* Pourvu que le salut militaire au passage du Sultan soit bien exécuté^ ces colonels se montrent satiafaitSi tout le reste est juge inutile. Dans les revues générales, pour tromper Mahmoud, qui souvent les commandait en personne, on disposait les troupes de manière que les plus petits et les plus mal habillés occupassent les rangs du milieu, tandis que le premieîratig était formé de soldats d élite qui présentaient UU front suffisamment régulier. Mahmoud^ eU passaut devant des troupes si attificieusement rangées, croyait posséder une belle et bdnne armée.
L'état de la marine n'est pas plus satisfaisant. La jDdtte de Mahmoudi si vantée en Europe peut^^ètre à cause de son luxe et des peintures doUt les vaisseaut sont etnbellis, est moUtée par un équipage composé de jeunet gens tout^-fait inexpérimentés. Les chefs, pat leur ignorance, compromettent très-souvent l'existence du vaisseau qui leur est confié. Aussi reçoit^on souvent la