‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 22 sur 39 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

LTGYPTE

ET

LES DIFFÉIIEKDS TURCO-ÉGYPTIEKS.

CEAPITRE PREMIER.

Après ôtre resté quelque temps à Constant! nople, après avoir vu et noté tout ce qui m'avait paru digne d'intérêt, j'eus le bonheur d'obtenir de l'archiduc la permission de faire partie de l'expédition d'Egypte. Nous nous embarquâmes sur un bâtiment à vapeur anglais en partance pour Alexandrie.

Quelques jours d'une heureuse traversée nous suflfi-^ rent pour arriver à cette ville. Du bord du vaisseau, le voyageur chercherait en vain à découvrir où elle est si« tuée; il n'aperçoit qu'une longue plage, et le seul aspect de la colonne de Pompée, qui s'élance isolée vers le ciel, lui apprend qu'Alexandrie est là.

Le Nil, qui forme à Alexandrie un large canal baigne de ses eaux les terrains environnants de la ville, et va ensuite se perdre inaperçu dans la Méditerranée» après

avoir côtoyé les murs de la résidence d*Ali*Pacba'.

Cette antique cité, fille d'Alexandre, s'était accrue au point d*exciter la jalousie de Rome; elle était sans contredit la deuxième Tille du monde; elle renfermait» diton, au septième «iècèei àsiM une BMceinte d'environ quatre lieues de tour, quatre cents théâtres, quatre mille palais, quatre mille bains^ et douze mille boutiques.

L'ancienne enceinte avait été détruite par les soldats d'Amrou. Plus tard, les Arabes en avaient reconstruit une autre, qui existe encore, mais qui n'offrait, à l'époque de l'invasion française en 1798, qu'un assemblage de chaumières sans importance.

Mais il s'était élevé au milieu de l'ancienne ville une ville moderne, que les Turcs, les Égyptiens riches et les négociants européens habitent tous aujourd'hui. Elle s'est sensiblement accrue sous le règne de Méhémet- Ali; car, d'après les documents les plus récents, la

moderne Alexandrie compte environ soixante mille ha-^

bitants, sans y comprendre la garnison et les matelots. Cettepopulation est, comme jadis, un mélangé de Berbères, d'Égyptiens^ de Syriens^ àe Juifs, de Coptes, d'Ârr méniens, de Turcs, deGrecs, d'Albanais et d*Europëens.. Parmi les monuments de l'ancienne Alexandrie, il reste encore deux obélisques (aiguiÙes de Cléopâlre), élevés jaais devant le temple de César, et la colonne de Pompée. Ces obélisques furent faits, selon rline, parordrede Môsrha^ sans doute le roi Mesrha-Thothmoses» de la liste de Maaethon, et apportés d'Héliopolis à Alexandrie.

ALËiAI^DktE. Và

ils Sont en granîl rouge cortnu feôùà lé nom trié sjrènitè. jL'ûn est encore deboul, il à ettvirôh àbitàhle-dll piéài de haut sur Ufae épaisseur dVnViroh isepl ^ieds à h basé; l'autre est couché tbûk t)rès de son j^liédeiàlal eu èklcàlré blanc; il ësl un péU moins halit (lue l'atitfë, ttikià ixSui aussi épais. Méhémèl-Alî th tl Tail prësénl àuk An^àîs; mais ceux-ci péttséntt|tte 'ce mônufeent, dàtlè Tëtat Uè dégradation où il se trouve, ne vaut pas la peitiè d'èlré tl*ailsporté dàtis leur pays; (Jh pieti & Téfel aè l^tendfcit où se trouvent ces obélisques, on voit les restera d'Uiie vieille tour ronde, appelée tour rofriainè. A iéh jugei^ par son archîtecliiire, elle semblé téhionter âùx Arabes.

La colonne de Pômpéé est àUptès du Hbuveàù Jîdi'l, àû sud de i'ëdcëihté àctriëlle. Elle se cohipbse dû bha^itéàb, du fût, de h basé et du j^iédestàl, qui tepdse sur tlh sdû-* baàsehiefat de petits blocs réunie pai^ dù mnrtibr : êë Sont dès fragmèhts d autres monùrilèhts plusànciènâ. Wîlkinsoti a iù feur Tud dé éës blociS le hoïn de PsâthmëtîcUs II . Béaùëôtip de voyageurs y ont gravé leûrS iidth^, au grand détriment du moiiùifient : Tûn de ^eh ntni^, tout -à-fait obscui-, i^ecotiVré dé lettrée gîgahtesi^des rinscriptidn grecque ttiii S'y tttMVé. Cette cdlbtiùé, qui porte itoproprëitiëht le note de Pôfapëé; à été êrî^éê éh l'honnëufr de Diôclëtiëb pdr Pùbliiis, préfet d'Egy)?té, à l^oécàsioh de là prisé d'Alexandrie, qui s'étWt fëvô^ téë contre cet empereur, l'àh 296 après Jésus-ChHit.

Quelques partie* de lai ttécrôpblè ou dès èâtàcéihbes se voient êncofë aujdùi'd'hui. On y remarque Surtout l'architecture élégaûté btl&^y&iêtHiâéf^ fehambris^*^ Vtti*

m EGYPIE.

tablement est dans le meilleur style dorique . Pour visiter ces catacombes, on doit se munir d*une corde et d*une échelle. Leur distance du quartier franc est de près de trois milles ; on peut s'y rendre par eau ou par terre. Chemin faisant, (m rencontre plusieurs tombeaux à fleur d*eaa, quelques-uns même au-dessous du niveau de la mer, auxquels on a donné à tort le nom de bains de Cléopâtre.

Au nord-est du couvent grec, derrière le jardin de M. Gibarra, riche italien établi à Alexandrie, se voient les débris de plusieurs grandes colonnes en granit, qui Ja* dis ont dû faire partie de quelques beaux édifices. On en voit d'autres plus petites derrière la maison de M. Costa, au bout du quartier franc. On soupçonne que ces colonnes ont appartenu à Tancien temple d'Arsinoé* situé près du môle. Pline place dans ce temple la statue d*Arsiooé sœur de Ptolémée Philadelphe : cette statue en fer était, dit-on, suspendue à la voûte du temple par d^énormes aimants. 11 y avait aussi un obélisque qui fut envoyé à Rome et élev.^. sur le Forum.

Du phare^ considéré à juste titre par les anciens comme une des merveilles de l'industrie humaine, il ne reste plus rien de visible. Au douzième siècle de notre ère, ce phare comptait encore cent cinquante coudées de hauteur, sur les mille qu'on lui attribuait jadis. Il fut élevé dans Tîle de Paros, que Ptolémée réunit à Alexandrie par-une chaussée. Le phare d'Ostie, élevé par l'empereur Claude, et qu'on trouve reproduit sur plusieurs médailles, en est un petit exemplaire.

La ville actuelle d'Alexandrie n'occupe qu'une faible partie de la côte, la huitième partie environ de remplacement ancien. Avec son port hérissé de mâts de navires, Alexandrie ressemble de loin à un paquet d'aiguilles plantées sur une pelote jaune. Des moulins à vent couvrent les hauteurs voisines de la ville; les Français ont construit les deux premiers, tous les autres sont l'œuvre du Pacha.

La côte est trop plate pour que la ville puisse se présenter avec avantagé. Venise seule, bien que bâtie à ras des flots 9 est d'un effet admirable; elle le doit à ses clochers et à ses dômes. Alexandrie ne frappe point par son aspect; elle n'attire que par son nom et ses souvenirs.

Son enceinte, ainsi que ses portes et ses maisons, sont de construction moderne.

Les rues sont étroites, la plupart non pavées ; queiques*unes cependant sont larges et tenues avec une propreté européenne.

Parmi les édifices publics, on remarque l'église de Sainte-Catherine, appartenant aux Grecs; l'église deSaint- Marc, qui appartientaux Coptes; et la belle église de Saint- Athanase, qui a été convertie en une mosquée. Il y a un petit théâtre, dont les acteurs, tous amateurs, sont Européens. Au coin du quartier franc se trouvent un cabinet de lecture et une librairie. Le palais du Pacha, l'arsenal et quelques bazars, sont des édifices qui offrent quelque intérêt.

Diodore, Straibon, Ammien Marcellin, Quinte Curce et Gelse ont vanté la salubrité du climat d'Alexandrie. Strabon l'attribue, non sans raison , à ce qu'on faisait

dériver l'eau du Nil dans le lac M aréotis^ qui ne pouvait ainsi se convertir en marais pestilentiel pendant Tété. A l'époque de rocctlpation française^ les Anglais y firent passer la mer poUr empêcher les assiégés de s'approvisionner d'eau douce par la voie du Caire \ maintenant il est redevenu lac. A deux milles environ au^-delà des catacombes, on voit les vestiges d'un ancien canal qui faisait communiquer le lao Maréotis avec le vieux port.

Une singulière coutume imposée aux prêtres^ et qu'on lit dans l'inscription de Rosette, obligeait leû tribus sacerdotales à faire tous les ans un voyage par eau à Alex'^ andrie. Le nom de cette ville pourrait faire supposer que cette obligation imposée aux membres de la caste sacerdotale était une innovation introduite par ks Ptolémée, en mémoire peut-être d'Alexandre, fondateur de la monarchie grecque en Egypte; mais on ne saurait trouver la preuve d'une innovation de cette importance, faite en Egypte par les Lagides. A l'exemple d'Alexandre, ilsrespectèrent les anciens usages de œ pays ; et si^ soua les Ptolémée, les prêtres étaient tenus de faire tous les ans un voyage à Alexandrie, c'était sans doute par suite d'une ancienne loi qui obligeait les m^nbres du corps sacerdotal à se rendre, une fois par an» dans les capitales du royaume, Thèbes, Memphis, et ensuite Alexandrie; là était le grand-prêtre, le centre de l'union et de la discipline religieuses, l'autorité qui jugeait et qui conseillait, la source des promotions, des récompenseset des faveurs.

La fondation d'Alexandrie, due, comme on le sait, à Alexandre^le*-6rand, dont elle porte le aom^ rem^ite à

Tannée 323 avant Jé&u&^Christ, c'est-à-dire à lepoque de son voyage au temple de Jupiter Ammon.

Elle occupait remplacement de Rhocotifi, port corn* mode, qui avait déjà quelque importance sous les anciens rois d'Egypte. En face de la côte était située l'îla de Pharos, séjour de Prêtée, dont parle Homère. Selon ûiodore, Alexandre traça lui-même le plan de sa ville, entre le lac Maréotis au sud-ouest, et la Méditerranée, qui forme, au nord-est, un golfe profond en forme de lac.

C'est autour de Sérapium, au cœur de la vieille Alexandrie, que se heurtaient surtout, dans un conflit ardent et opiniâtre, le polythéisme et le christianisme. C'est sur les degrés qui conduisaient au temple, que se tenait intrépidement Origène, mêlé aux prêtres égyptiens, distribuant comme eux des palmes à ceux qui se présentaient, et leur disant: a Recevez-les, non pas au nom des idoles, mais au nom du vrai Dieu. » C'est là que, sous Julien, les païens traînaient les chrétiens pour immoler ceux qui refusaient de sacrifier à Sérapis; c'est encore là que, sous Théodose, les chrétiens se pré* cipitèrent en furieux, brisant les portes, renversant les idoles, et remportant sur les murailles et Les chapelles abandonnées cette victoire qu'Eunape, le Plutarque des philosophes alexandrins, célébra avec une ironie si amère.

Le Sérapium^ élevé dans l'acropole, sur cette émi*» nence d'où la vue domine encore la ville et la mer, et qui avait dû être la citadelle de l'ancienne Rhocotis,

IW EGYPTE.

était on magnifique édifice, comparé par Ammien Marcellin au Capitole; c'était le palladium de la religion égyptienne et de la philosophie grecque. A l'époque de aa destruction, il représentait l'alliance que toutes deux avaient fini par former contre l'ennemi commun, la religion chrétienne.

Dans une de ces extases prophétiques auxquelles aspiraient les philosophes alexandrins, l'un d'eux. Antonius, fils du visionnaire Sodépatra, avait prédit la chute du Sérapium, comme les prophètes de Jérusalem prédirent la ruine du Saint des Saints. Un oracle sibyllin disait : <c Sérapis I du haut de ton rocher, tu feras une grande chute dans la trois fois misérable Egypte. » Il fut détruit par les ordres du patriarche Théophite.

Ceci permettrait de supposer que la destruction de la bibliothèque du Sérapium, attribuée au calife Omar, aurait bien pu être accomplie par les chrétiens antérieurement à l'invasion des Arabes.

La foi religieuse des premiers Musulmans n'était pas plus passionnée que ne le fut celle des chrétiens, quand, sortis des persécutions, ils purent reprendre l'offensive. Le mahométisme n'avait point traversé le martyre. Triomphant tout d'un coup de ses ennemis, il s'imposa par le glaive aux populations vaincues, et, dédaigneux des idées qui n'étaient pas les siennes, il pouvait bien n'avoir aucun souci des manuscrits égyptiens et grecs qui composaient cette bibliothèque. Quoi qu'il en soit, cette perte est immense^ car elle nous empêche de con-

ALEXANDRIE. tôt

naître l'êxiâtence de bien des faits de l'histoire de Tan» tiquité, dont nous profiterions à Tavantage de notre instruction classique, pour rectifier les erreurs qui se sont glissées dans beaucoup de nos affirmations sur l'histoire religieuse et politique, les mœurs, la poésie et les arts des anciens.

Près d'Alexandrie est le village connu par la cél^re bataille navale que gagna Nelson sur les Français, commandés par Brueys, et par celle non moins célèbre ga* gnée sur terre par Bonaparte contre Mustapha appuyé du Commodore anglais Sidney Smith. Aboukir renferme un fort qui sert de prison. d'État.

k deux lieues à l'est d'Âboukir est une ouverture ap* pelée Modick, par laquelle le lac Etko communique avec la mer ; on croit que c'était l'embouchure de la branche occidentale du Nil, c'est*à*dire la branche canopique formant l'angle ouest de la base du Delta.

Le canal MahmQudieh, qui relie Alexandrie au Nil, fut commencé en 1819 par Méhémet-Ali. Celui-ci lui donna le nom de Mahmoud, alors sultan de Constantin nople. Plus de deux cent cinquante mille ouvriers furent, assure-t'on, occupés à creuser ce canal, qui, suivant Mengin, a coàté 7,S0O,000 francs. Près de vingt mille hommes y perdirent la vie^ par suite de maladies ou d'accidents.

Pendant les travaux de déblaiement^ on trouva une inscription dédicatoire de Ptolémée Evergète, gravée sur une mince lame de cuivre et ainsi conçue : « Le roi Pto- « lémée, fils de Ptolémée et d'Arsinoé, ses deux frères^

in tGTPTE.

« et la reine Bérâiiee» sa sœur et bà femme, ont dédié ce c temple à Osiris. i» Méhémet-Ali fit remettre eette antique épigraphe à Sidney Smifh^ par Tintermédiaire de M. Sait, alors cimaul général d'Angleterre à Alexandrie. . Les bords du canal Mahmoudiçh sont garnis, de distance en distance, de télégraphes qui établissent 'une communication immédiate entre Alexandrie et la citadelle du Caire. On y trouve quelques fermes et des mai« sons de campagne appartenant à des Européens qui habitent Alexandrie.

Dans une partie de sim parcours, le canal M ahmoudieh suit la direction de Tancienne branche canopique et du vieux canal de Fouah. On rencontre cà et là des débris d'antiques cités, telles queSchedia, tSiereu, près de Kariouvi, Anthyllaet Archandra, Hermopolis parva de Strabon, entre les bords de Mahmoudieh et le lac Etko.

Certaines maladies ont, en Egypte^ un caractère particulier : les uns les attribuent aux miasmes répandus dans l'atmoi^hère par les eaux stagnantes des lacs ou par les eaux débordées du Nil ; les autres veulent y voir l'effet de l'extrême chaleur et du rayonnement des sables qui l'augmente encore ; ceux-ci prétendent que la malpropreté et la misère du peuple sont la cause unique de ces maladies ; enfin, suivant ceux-là, les trois circonstances d'humidité, de chaleur et de malpropreté réunies engendrent la plupart des maladies régnantes. Selon M. Pariset, il faut reconnaître que la peste est endémique en Egypte, qu'aUe y est spontanée, et qu'elle s'y

développerait par des causes propres quand même le reste de la terre n'existerait pas.

Les causes dont Teifet paraît être le plus constant sont les pluies, qui, pendant le trimestre de la mauvaise saison, en novembre^ décembre et janvier, tombent dans la Basse-Egypte et dans sa capitale. Plus dangereuses que l'inondation, non-seulement ces pluies dégradent et ouTrent les sépultures, mais encore elles détrempent ces amas prodigieux d'immondices qui oeignent les viU lages; et lorsqu'elles s'arrêtent, pour peu que Tair soit calme et le soleil ardent, tous ces éléments de putréfaction fermentent^ et chaque village devient un cloaque d'émanations pestilentielles. Ces émanations, retenues par les brouillards, stationnent avec eux sur le sol; elles pénètrent par toutes les voies de l'économie, et se déposent soit sur les matières textiles, soit sur les tissus fabriqués.

L'unique foyer de peste qui soit au monde, toujours selon M. Pariset, c'est le Delta, parce que nulle part dans le monde vous ne rencontrerez ce que vous rencontrez dans le Delta : une terre étendue, égale, unie, chaude, humide, et saturée de matière animale. Où l'homme ne peut rien sur la chaleur, il ne peut presque rien sur l'humidité; mais il peut tout sur la matière animale, et, une fois cette matière soustraite, la. peste serait chassée pour jamais.

A Alexandrie, le chiffre des morts s'éleva pendant longtemps à dix-sept par jour, sur une population de soixante-dix mille âmes, ce qui fait une moyenne an-

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nuelle de neuf à dix sur cent. Cette effrayante mortalité a diminué un peu depuis qu'Alexandrie n'est plus un lieu de grande concentration de troupes. Néanmoins, le climat des côtes septentrionales de TÉgypte ne serait pas plus meurtrier que celui de la Nouvelle-Orléans, de Batavia, etc., etc. A Londres» la mortalité annuelle moyenne de toutes les classes réunies, présente une proportion de vingt à vingt-deux sur mille. A Ceylan, parmi les troupes anglaises, la proportion la plus considérable ne s'élève pas au-delà de trente sur mille, et au Cap de Bonne-Espérance, où la mortalité atteint un véritable minimum, on ne compte que neuf à dix décès sur mille Européens.

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