‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 31 sur 39 · MARONITES · texte numérisé non relu

MARONITES

Le nombre des Maronites monte à deux cent trente mille environ, dont deux cent vingt mille habitent le Liban et dix mille l'Ânti- Liban. On peut donc regarder les Maronites comme la seule population du Cosruan.

Leur origine est obscure. Quelques-uns les font descendre des Arabes, d'autres font remonter leur origine aux Syriens. C'est une tradition établie, qu'un solitaire nommé Maron, dans le troisième siècle de l'ère chrétienne, vint habiter leur pays, et, comme le nombre de ses disciples augmentait chaque jour rapidement, il dut bâtir des couvents, où les chrétiens de la Syrie vinrent s'établir. C'est au nom de ce solitaire qu'ils ont emprunté le leur. Ils professent la religion catholique romaine. Leurs prêtres, leurs curés sont cependant mariés; mais les moines vivent en communauté, et leurs évèques restent célibataires. La simplicité, la pureté de leurs mœurs, leur foi ardente, la tempérance de leurs discours, leur désintéressement pour les choses du monde, vont au-delà de tout ce qu'on peut imaginer. C'est parmi eux qu'on peut dire que la religion est dans sa simplicité primitive.

Gén^râtémetit îês fcmmés, ae même que les Musulmanes, sont couvertes d'un ample vdle; mais dans leurs maisons elles sont en pleine liberté. Un jour, François Mazzolini, chirurgien à bord de la Guerriera^ démandait à un père de famille si son fils n'avait pas fait abus de boisson, car il l'avait trouvé atteint d'une forte gastriste accompagnée d'un violent mal de tête. Le père lui répondit que non, car il ne se rappelait pas avoir vu et entendu direjâmaîs que quelqu'un de leur contrée se fût enivré. II faut remarquer toutefois que le vin du Liban est assez fort, et monte facilement au cerveau.

Les Maronites habîleilt de nombreux villages : ces villages sont bien différents dés nôtres. Ils consistent en des groupes de maisons dispersées sur la pente de coteaux cultivée, b'après leur système, il faut habiter dans les lieux qu'on cultive. Le gouvernement de ces villages est confié a un chéick qui dépend du gouverneur dé la province où de l'arrondissement.

Leur langue est celle des Arabes, et ils ont par les formes extérieures beaucoup de ressemblance avec eux. ïls sont doux et bons. Tout homme, quelle que soit sa croyance, est pour eux un frère.

t€s Maronites sont très-sensibles à l*insul<e, à l'offense ef aux bienfaits ; ceux pourtant qui se livrent au éôoiniérce sont menteurs et égoïstes.

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