‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 33 sur 39 · EGY1»TE · texte numérisé non relu

EGY1»TE

d'autre loi que la force. Fier de son indépendance, il vit dispersé dans les gorges des montagnes, où il professie une religion idolâtre dont on ne peut, en raison de sa sauvagerie, reconnaître la superstition et la brutalité. Ce sont d'assez bons cultivateurs, quand l'amour du pillage toutefois ne les éloigne pas de cette profession.

Ils sont, comme tous les Orientaux, généreux et hospitaliers, quoique vindicatifs à l'excès. Leur voisinage, ainsi que celui des farouches Ismaélites qui rôdent dans les gorges intérieures, force le Mousselim de Hatakiéh à tenir constamment sur pied une petite troupe de Barbaresques, presque aussi redoutables pour les populations tranquilles que les Ansariens et les Ismaélites euxmêmes; de même qu'en Turquie, le remède est quelquefois pire que le mal. Une chose étrange à remarquer, du reste, c'est que les gens de la basse police en Syrie appartiennent presque tous à la race africaine, tandis qu'à Tunis, au Maroc, et autrefois même à Alger^ on venait recruter des soldats parmi les montagnards les plus féroces du Liban ; tant il est vrai que si nul n'est prophète en son pays, comme le dit saint Mathieu l'É* vangéliste, nul non plus ne peut y être impunément tyran .

Il paraît que les Ansariens, sous la domination romaine, d'après un passage de Pline, avaient pour tétrarque un de leurs propres princes.

La religion n'est pas la même chez tous. Il y en a qui adorent le soleil, d'autres la lune, d'autres le chien, et d'autres le veau ou la femme. Celle-ci pourtant, au

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lieu d*acquérir de la vénération et du respect, est le plus souvent Tobjet de mauvais traitements. Les affections conjugales» la chasteté et la pudeur sont presque inconnues : pourvu que la femme ne se laisse pas surprendre dans les bras de son complice d*adultère, elle n'a rien à redouter. Le culte que les Ansariens accordent à la femme se célèbre la nuit du premier jour de Tan. Voici ce que dit M. Poujoulat à cet égard : a Alors les « hommes de chaque village se réunissent dans une « maison, et marmottent dévotement une prière à la « lueur de certains flambeaux. Quand la prière est « finie, on éteint les lampes, et on ouvre les portes pour « laisser entrer pèle-mèle les femmes mariées et les a filles du village. Au milieu des ténèbres profondes, « chaque homme saisit la première femme venue, et, « dans cet horrible désordre, il peut arriver que le frère ce rencontre sa sœur, et le fils sa mère. »

Cette fête abominable s'appelle boch-bed^ fête du saisissement. Cette nuit passée, la femme devient esclave de Thomme : elle ne cherche qu'à interpréter et à prévenir ses désirs. Si l'homme déploie pour la femme une sorte de vénération, il ne le fait que dans la considération que Dieu s'est servi d'elle pour multiplier le genre humain, et que par elle il s'enivre de sensations agréables, et qu'il trouve dans ses bras un soulagement à ses maux. Les femmes n'ont aucune connaissance religieuse. Leur salut dans une autre vie est une question dont leurs chefs ne se sont jamais occupés. Elles vivent sur la terre comme des bêtes, et, si parfois leurs yeux

^e tpurnent jef^ ]p cie|i, elles pe sç doiifeut pafi qu^I ^t pijyert pour ellçs cpimpe ]^pr |^firsp[i4îtrQ8.

14 religion 4e rApfiarien est tQifta hérissée de iq^stèjr^s. Quelle que ^pU lapei^e qu'pa lp| iafli^s, il p>- 6era japiais aç plaindre pi divulgper les j^eerets ^e sa foi. yo enf^ot ^rivé à Tl^e de r^ipoA gérait mis 4 iffort p^r 90P prppfp pèrp, p'il réyél^ijt k ^9} ÇP^ W f ûf Igs mj&tèriBs jau^quels il a é(;é initié.

Beaucoup de fôtps çt de cérép^ppiep 4p9 Ans^rjeps fre^seffi^lePt ^ f^elk^ de.^ ct^ré^eq? e^ 4p^ ]VIusulp).9ns. Plusi^9rs ioélèbrent la Pâqae» Ti^piphaaie^ ^a CiroonpisÎQii, 1^ PentecQt;e e% la Noël. Un gr^nd noml^r^ d*ootre mif. 89 rieyêf^n]; de le^rs plus beajji^ habits les joqrf de £^ ies çbréUep^, ^^ s'ftl;^^ienq9at ce jpyrrlçi de toute -eispèçp 4«lr^vail- Us fopj dp^ qi^lutiQn§ avant de prier. Tqu§ cîrçpaçîsent Içjftra epf^Js pn leur dop^jant soijvent des nomi^ turç^ oi) chréU^ns.

?■ génépfil, les l^abifîwt^ du l^ibftn, exciepté le? )Warppite^, s^t de^ e^p^^9 d'amphibies religieux qpi prp- (e^finttoiir ^ tQur, selou le besoin, ri^jami^n^, l^icl^ri?' ti^niswe, çt je bjb s»w q^el^e pb^cure idplaitrig qn\ re?-

. fm\>k à ^1« du ^^^ d'or. Us feindraient au besoin

j;pptejs les croyances s^i leur cupidité y trouvi^t ^qo

ç^mp^j s^f ? l?s f ^jfite? qW94 il? p'iauraiept pl»s m- 0rçl; §1 le^ proÇesj^r.

Pd i^^pit qn^ le nnqtbr^ ^^ Ap^ieps est de deux iceot mille environ, quoiqpe dçs yçyqg^ur^ p'en ppmp-

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HIAfllMB. in

LES MÈTHAUS.

Commç nous lavonâ dit, l'i^l^miime est 4i^isé en deux sectes priocjpAl^s : la secte des prosélytes d*AU, et la secte des prosélytes d'Oai^r. Ub, première est trèsnombreuse en Perse, la seconde dans l'Asie een traie. Lps Métualis sont les sectateurs d'Ali» Tanti -khalife. IjCS Turcs sont les sectateurs d'Omar, dont les principes religieui^ sont oioins rigides.

Les tribus des Métualis tirent, comme on le suppose, leur origine d*une horde de bandits qui, dans le seizième siècle, s'empara de Balbek, et qui s'accrut tellement qii'eUe joua ensuite un rôle assez important dans les guerres qui désolèrent la Syrie. Par leur caractère inquiet, cruel, superstitieux et pillard, ils animèrent contre eux une grande partie des populations qui les entouraient. Proscrits d'ailleurs comme sectateurs d'Ali, quand ils se trouvèrent trop faiblfis ih durept p# cadier pour éviter la perséeutioa dftM leurs RiQpt^gpes on dans les plaines les pluB éIolgaée§ ^es villiôs» Avfc eux s'éloignent aussi des grands ^qtJnes de pQpjulatiqn qi^Iqifef} ^ctes idolâtres, dont la vie ponM4^ ^^ ^^^ ^^~ cursionf se révèlent par des pillfge? çt de^ i^^rtres.

Auiomrd*hvii, les Métualis ne hajis^eQt plus» ^omme autrefois, les Francs et les chrétiens: mais ils ^e boiront jamais où un infidèle a bu, et i|s np s'idf piéront pas à la iable où tis font asseoir un étranger qu'ils ont j*eçu nar hospitalité.

904 tGYPTfi.

On fait monter leur population à cinquante mille. La vallée de Beka, dans Tancienne Celsire, semble en èlre le centre. Au fond du désert de Balbek, dans les gorges de TAnti-Liban, il s'en trouve aussi un certain nombre.

D après la relation du missionnaire Thompson , la population de la Syrie pourrait être répartie de la manière suivante :

Musulmans »••••• 565,000 âmes.

Grecs orthodoxes 240,000

Maronites 180,000

Catholiques romains 40,000

Druses 100,000

Hébreux 30,000

Métualis 25,000

Ansariens 200,000

Arméniens et autres sectes. • • 20,000

Mais, d'après un mémoire publié par le Gouvernement français dans une discussion à la Chambre des Députés , la population de la Syrie , supputée dans Tordre des cultes, serait ainsi divisée :

Mahométans 1 ,006,000 âmes.

Chrétiens catholiques 210,000

Schismatiques 31 ,020

Juifs 41,170

Religions inconnues 245,000

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