‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 35 sur 39 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

$Vm ET S^UST-JEirï-D'ACUE,

Sidon, quQ les Tucc^ et h^ 4r^M ^gp^ll^Pt ^ïdèl|, n>at célèbre qqe pair ^op nom. Qu Taperçoit à sept ou hait Ueqes au su(} d^ Beyrouth, ^pr^s avoir traversé §^r un grossier pont en bois l'impétiieuK pbî^ipQur (l'^iici^n Tbamyris de la mythologie grecqviç), et 1q ruisseau ^'Eh Aoul sur un trpnç 4'2irbre. G est ici qvi'il faudrait évoquer le génie de i*histoire ppuir i^aoonteir les grapdemrs et les magnificeuces ^ntoa cherche çp vaii^ les vç^tiges. Sidon ou $aïdèh s'amoindrit tous les jojuirs, laisse top[il)er des maisons, perd des habitants, et vQits^^ç^çrjlisqif a S6S ruines. Cet amphithéâtre, jadis tout couvert d'édifices, et qui embrassait deux ports pleins de vaisseai^x, n'est plus recouvert que de la luxuriante végétatiijm ^e.

la nature syrienne. Les débris de Tancien palais gothique ont été dispersés, il y a moins d'un siècle, par les boulets turcs ; le château mauresque qui commandait la passe, et dont les tours se rattachaient à la ville par un pont aussi hardi que pittoresque, a croulé sous les bombes anglaises. Quelques rues sales, quelques places encombrées de pierres écroulées, une rade nue, une darse comblée de sables, voilà ce qui reste de toutes les richesses accumulées tour à tour en ces lieux par les Phéniciens, les Grecs et les Romains. Quelques auteurs prétendent que Sidon, fils aîné de Canaam, bâtit cette ville. D'autres soutiennent que ce nom lui a été donnée cause du commerce de poissons qu'on y faisait. On l'appelle, dans la langue syriaque, Sida-Belhsida, Maison des Pêcheurs.

Sur les ruines des premiers remparts, dans quelques endroits qui présentent la forme d'un château, s'élèvent aujourd'hui les fortifications de Sidon, fortifications qui, au premier coup d'oeil, témoignent de leur insufilsance à résister à une attaque sérieuse.

Comme elle est située sur la pente d'une colline que borde la mer, les Égyptiens y ont creusé deux larges fossés pour empêcher le débarquement. On voit sur le point culminant de la colline une tour carrée qui domine tout le pays et la plage voisine. Elle a deux pièces d'artillerie, et au nord une citadelle, ou plutôt un amas d'habitations arabes surmontées d'une terrasse, mais en si mauvais état que le tout menace ruine. Là aussi les Égyptiens avaient placé six pièces d'artillerie.

SIDON ET SAINT-JEAN-DACUE. SrW

Cette forteresse délabrée communique avec la ville à l'aide d'un pont long de cent quatre-vingts pas, et qui sert en n\ême temps d'aqueduc.

Malgré sa mauvaise construction extérieure , cette forteresse, lors de l'expédition, pouvait se défendre un certain temps; carie labyrinthe de ses sentiers tortueux et obscurs, les voûtes qu'on y rencontre à chaque pas, les portiques écrasés et les ténébreuses cavités qui les flanquent, une fois barricadés, sont autant de châteaux forts à emporter d'assaut par l'ennemi qui veut y pé* nétrer.

La population de Saïdèh est entassée dans des cabanes chétives, malpropres, humides, et où on respire un air corrompu et malsain.

Sous le gouvernement des premiers pachas , Saïdèh contenait encore vingt mille âmes; depuis cinquante ans, elle a perdu les trois quarts de cette population. Le commerce s'en est retiré ; les Européens ont quitté peu à peu cette plage dépossédée, et avec eux sont partis leurs consuls et leurs correspondants. La garnison , quand nous arrivâmes devant ses murs, était de trois mille hommes.

On avait dirigé contre Sidon cinq navires anglais : le WandereTj les vapeurs Stromboli, Vesuvio^ le Gordon et le brick Wasp; une corvette turque, IdiMohud-ël-Hine^ et la frégate autrichienne la Guerrier a. Les troupes de débarquement étaient de sept cents Turcs, trois cents Anglais et soixante-dix Autrichiens.

Le 24 septembre, ces bâtiments, ayant mouillé dans

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la rade, envoyèrent un parlementaire ftnglaiis au Mmmandant de la place pour en demander ia reddition. Il répondit qu'ayant juré obéissance à son souverain, il voulait défendre la place qu'on lui avait confiée.

Après onze heures du matin, on commença w^c des bombes l'attaque des forts; ils ripostèrent par quelques coups de canon, mais sans nous faire éprcmver la moindre perte; car les canons étaient presque tous hors df service. Vers une heure, la brèche ayant été pratiquée, on fît descendre des troupes dans des embarcations qui se disposèrent à prendre terre au premier signal donné par le commodore Napier.

La troupe de débarquement avait été répartie en trots colonnes : une, composée de Turcs, devait s'emparer du fort du côté de la mer; la seconde, composée d'Autrichiens et d'Anglais , devait pénétrer dans la ville du côté de la teri^; la troisième, enfin, formée d'Anglais spécialement, devait efifectuer son débarquement à l'est pour couper la retraite à l'ennemi.

Vers deux heures de l'après-midi , le signal de l'attaque fut donné : les Turcs s'avancèrent les ^premiers vers les forts ; les Egyptiens les avaient abandonnés et se tenaient dans la douane, d'où ils les foudroyaient. Cependant les Turcs parvinrent à les débusquer, ce qui permit à la colonne de débarquement d'arriver sur la plage. La brigade anglaise mit pied à terre bors de la ville, en se préparant à l'assaut ; le bataillon autrichien s'avança dans les embarcations , harcelé par Is^ mousqueterie des Égyptiens blotti.^' dans les fossés ou eachés

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