‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 6 sur 39 · SES HABITANTS · texte numérisé non relu

SES HABITANTS

niens et les Juifs, sujets des Turcs, et confondus sous la dénomination de Rayas; enfin les Francs, soumis aux différentes nations, et qui sont établis dans la capitale sous la protection des traités conclus avec la Porte Ottomane.

Les Turcs sont les plus nombreux à Constantinople« Us forment les deux tiers de la population.

Ce peuple, dontrorigine se confond avec les races qui habitent à l'est de la mer Caspienne, vint s'établir dans l'Asie Mineure à une époque où l'empire grec possédait encore quelque puissance. 11 avait pour chefs des princes dont les dynasties, oubliées aujourd'hui, se trouvent dispersées dans les divers cantons de la Natolie.

A l'époque où Othmanjeta les fondements de son pouvoir, l'empire grec, ébranlé de toutes parts par les discordes intestines, par les attaques audacieuses des Sarrasins, et par la valeur des Croisés, croulait de tous les côtés.

Othman avait à peine choisi Brousse pour siège de son gouvernement, qu'il menaçait déjà la ville de Théodose ; et bientôt, sur les tours de Sainte-Sophie, le croissant remplaçait la croix grecque. Quand les Turcs en-* vahirent Constantinople, ils étaient encore barbares; leur religion était celle des Abàssides, mais ils étaient même

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priva» de U lumière qui éclairait Bugdiid at Damas. Trop préoeeupéa d'étendre leurs conquêtes et d'affermir un pouvoir contesté noni^seulementparles chrétiens, leurs ennemis naturels, mais encore par les différentes sectes

mahométanes répandues dans l'Asie aux portes de leur empire, ils ne s'inquiétèrent longtemps que d'augmenter leurs possessions^ de résister aux chrétiens, ou de les attaquer.

On a voulu présenter Mahomet 11 comme un homme d'un vaste savoir et de vues étendues ; mais l'histoire de la prise de Constantinople et des événements de cette époque démontre suffisamment que les Turcs étaient encore plongés dans la plus grande ignorance, et rien n'indique que l'action de cet empereur ait adouci leur cruauté.

La ville que les Turcs envahirent était la plus ciiri* Usée; elle avait conservé les traditions de Rome et de la Grèce, perverties toutefois par des subtilités scolastiques.

L'empire grec était arrivé, sous les Paléologue,au der* nier degré de sa décadence. Ces princes accomplirent une période grosse de bassesses et de trahiaons, mais stérile de progrès. Si Ton trouve dans l'histoire les traces funestes de leur passage, on n'y rencontre rien qui puisse attester de l'efficacité de leur gouvernement; ils ne laissèrent pas même derrière eux ces monuments par lesquels le plus vulgaire des despotismes croit deToir prouver son existence»

En s'établissant dans la.ûattle> les princes francs adop*

lèrent lareligionchrétienne, qui étaitpresque la religion du peuple galto-Tomain, et ce fut par ce lien sacré qu'ils purent y assurer une parfaite fusion. Les Turcs, au con* traire, en s établissant à Constantinople, ne purent em«* brasser la religion des Grecs ; l'islamisme, alors à son début, était trop rude dans ses formes pour se laisser gagner par les sophismes des théologiens grecs, ou entraîner par les pompes d'un culte qu'il traitait d'idolà^ trie. Les Turcs d'aujourd'hui sont les mêmes que ceux d'autrefois» et leur population, recrutée de leurs frères d'Orient et des Mores expulsés d'Espagne, a conservé ce caractère distinctif qui rend, entre les deux peuples, toute fusion impossible.

A Gonstantinople, le Turc est généralement intelli*gent, susceptible de s'adonner aux sciences et aux arts; il est probe, de mœurs régulières, tout à la fois orgueilleux et intéressé, indolent et fanatique. Autant ses habitudes sont paisibles dans sa vie ordinaire, autant sa colère est irréfléchie quand il est provoqué. Chez lui, les vices proviennent des institutions politiques et des mœurs sauvages de ses ancêtres. Le contact des Européens « qui semble polir certains angles de son caractère et modifier ses mœurs, ne fait bien souvent que le per* vertir.

Ses habitudes ont conservé un caractère patriarchal devant lequel il courbe instinctivement la tète. 11. ne craint point de rendre ainsi hommage à ce qui est toujours sacré pour les peuples, au signe distinctif de ses premiers guides dans la vie sociale «

Avani de subir l'influence européenne, la civilisation, à Constantinople, était un mélange de coutumes de l'Asie et des Grecs du moyen âge; des besoins peu nombreux, un luxe barbare, et une extrême simplicité à côté d'une opulence grotesque.

Dans cette simplicité, dans ces besoins limités, dans ce luxe même où la richesse est plus matérielle que variée, les Turcs se montrent artistes habiles, ouvriers intelligents et ingénieux. II existe à Constantinople des peintres en fleurs dont les travaux surprennent par la délicatesse des formes et la perfection du coloris ; ils n'ont pourtant aucune notion du dessin, et ce qu'ils savent de leur art, ils ne le doivent qu'à leurs dispositions naturelles et à quelques règles apprises dans leurs ateliers. Us comptent parmi eux des sculpteurs dont les ouvrages possèdent toute la finesse qu'exige cet art. La religion leur défend de tracer des figures et des animaux.

Leurs édifices sont ornés d'arabesques, de grilles en fer,' de travaux en marbre dont le style ne manque ni d'élégance ni d'exécution. Ils sont très-habiles dans la construction de leurs barques, qui ne laissent rien à désirer sous le rapport soit de la légèreté, soit de la solidité. Les caïques qui parcourent les eaux du Bosphore sont de véritables chefs-d'œuvre en ce genre.

On distingue, parmi les produits industriels des Turcs, les étoffes de soie et celles de coton, les brocarts de velours et les toiles de lin ; toutes ces étoffes sont supérieurement tissues et nuancées. Toutefois, cette branche d'industrie est plus particulièrement exercée

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par les Grecs et les Arméniens. Si leur religion ne leur interdisait pas l'étude du dessin, et si leur gouvernement, par une direction malenlendue, ne s'opposait pas au développement de leur génie, les Turcs seraient sus* eeptibles de perfectionner tous les arts qu'on cultive en Europe.

Voici quelques faits qui donneront une idée de leur manière de voir à ce sujet.

Un étranger avait acheté une pièce de terre dans l'intention d'en faire un jardin. A cette nouvelle, la corporation des jardiniers de la ville fit sa réclamation auprès du gouvernement, disant que, si Ton permettait la libre concurrence, le prix des produits des jardins diminuerait, et que, par conséquent, les propriétaires se trouveraient fort embarrassés de payer leurs impôts. L'autorité prit si bien cette demande en considération, que le jardin ne put être réalisé,

Une autre fois, un négociant avait à exporter une certaine quantité d'étoffes de brocard ; le préposé à la douane lui fit connattre qu'il ne pouvait permettre la sortie de ces marchandises : il voulut en savoir la raison. L'employé répondit que ces étoffes pouvant un jour augmenter de prix, le consommateur serait forcé de les payer plus cher. Le commerce, disait-il, n'en irait alors que mieux.

II y avait enfin, dans la capitale, deux fabriques d'in* diennes. Le Gouvernement, toujours dans la crainte de voir s'établir la concurrence, décida que l'une travaillerait dans un genre, et la seconde dans un autre. On

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voit , par cet exemple » que réoonomie poliâqne en Turquie est loin de rendre hommage au free^^trade dont Cobden se fait à cette heure le champion et qu'il cherche à populariser avec une si malheureuse ténacité.

Parmi les habitants de Constantinople, les Turcs sont reconnus les plus probes. Cependant il y a plusieurs classes qui ne sauraient être considérées ainsi : là , comme dans l'Europe civilisée» les positions sociales les plus élevées sont travaillées par l'ambition, l'intrigue, Tavidité du pouvoir^ en un mot par tous les vices qu'engendre la soif des dignités. Néanmoins^ l'on rencontre d'honorables exceptions, et souvent il me fut permis d'admirer plus d'un exemple où la noblesse du caractère savait dominer l'intérêt.

. Mais, pour connaître une nation à fond, c'est surtout dans les classes moyennes et parmi le peuple qu'il con* vient de rétudier.

Le Turc ne trahit jamais la personne qui a confiance en lui : il tient religieusement sa parole, il ne descend jamais à des moyens insinuants et lâches, et si quelquefois il se rend coupable d'un tort, c'est bien plutôt dans un momrat d'empiH'tement que de dessein prémé» dite.

Chez lui, il est laborieux, mais lent, non pas à la manière de certaines natures allemandes; sa lenteur revêt un calme qui est le signe de la puissance, de la quiétude de l'âme et d'une grande confiance en soi-même.

A Constantinople, on se lève avant le jour, et chacun se rend en silence à aon travail. Le peuple ne déjeuna

ordmaifeoMiit qu'avec nne tasse de café sans sucre, un morceau de galette mal euite ou une tasfte de ialep aro* matiaé. Le ittner qn'i) fait avant midi est composé ordinaîreiDeiit de motitan, de poisdon salé, et particnlièraoaeBt de fruits. 11 mange peu et trèsr-^rHe; Teafo: pure forme sa seule bmse«i« On eraiut si peu les voleurs à C(»mtaotîiiii^e^ 4{ue les mardiands, lorsqu'ils qtritteiit lewra bottti^es à Vbeure de la prière, n^'y laisseiïf personne ]N>ur les garder et se eonteirtetit de couvrir d'un filet lea mareliafidiâe» étalées en dehors. La journée se temfaie pour eux un peu srv^ani le coucher du soleil . ÂbrffksitrâmfHMt, les adminisf rations et les bûiars se fonaent su fwbUev et to»B Ut mmiie se retire chez soi. Le oMnefaftisà ea détail habite souvent loin de son ma^MEt;. c'est pourquoi ^ à cette heure, les rues de GcnMtntîffopte seûttrès-'IréQuenrfées; le port et le Bôsphon sêot fflUotfifés par m grsMd ntmbtë de bateaux dai» lesqisel» les étt^m^cm voct jouir de la vue magnifique de la Fï-ef diràde , su« lai^elle fe soleil couchant 86 reAète en eeiov^iii de sies derniers rayons les cîmes iieige!a8eadt?lf(%mpe. Â cette heure, eu entend au ibin le tiftteiBttnt des ^cfaes des chrétiens et le chant grave dss mMOémy qui, du haut des miïiàrets; appeirent les fiéèèes:àlafidfer0(i).

Toute cette scène forme un spectacle enchaûteur dont oa fie peut m hsmv d^eiànÂrer lu licbesse, la variété et

(1) n^entidaq prlèfrcs par jour. Ces prières portent le nom de

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l'harmonie, et qui ne peut s'effacer du souvenir de eelui qui en a été le spectateur, ne fût-ce qu'une fois.

Mollement étendu dans son caïque et fumant tranquillement son ichibouck ou son callianne^ le Turc rentre chez lui en rapportant quelques provisions à sa famille ; elles consistent généralement en poisson, en viande et en lait caillé nommé yasurtk. Le repas du soir est plus substantiel que celui de la matinée , mais il est toujours frugal. S'il survient quelque convive, on lui offre de l'agneau , du mouton; de la volaille, et quelquefois du bœuf. Les Turcs mangent rarement du poisson et du gibier ; ils donnent la préférence aux. mets composés de choux, de courges, d'épinards, de concombres , d'ognons, de feuilles de vigne et de beaucoup de laitage. Ils ne se servent jamais d'épices tels que noix muscade, clous de girofle, cannelle, moutarde, ni d'aucun assaisonnement piquant; mais, en revanche, ils font grand usage de tous les fruits et légumes marines et confits. Les couverts ne paraissent jamais sur la table. Après leur repas ils se lavent les mains et la barbe avec de l'eau et du savon parfumé. Leur pain est d'une qualité inférieure au ïiôtre; il est mal pétri, noir, et niai cuit.

Les étrangers se servent ordinairement de boulangers étrangers, qui peuvent exercer librement leur métier à Constantinople.

Le Turc ne veille jamais fort tard dans la soirée^ mais il passe cependant quelques moments au café.

Leurs cafés ne sont pas des endroits oii l'on puisse faire de fortes dépenses; presque exclusivement aban-

donnés aux oisifs et aux voyageurs, ils servent plutôt de lieux de conversation. Pour un para, le Turc prend sa tasse de café, qu'il boit à petites gorgées en s'entretenant des choses qui Fintéressent ; mais il parle sans vivacité et avec une lenteur qui fait d'autant mieux ressortir les inflexions d'une langue éminemment harmonieuse.

Les cafés,à Constantinoplct ne sont pas aussi élégants que ceux des villes de l'Europe. Leur ornement le plus apprécié est un bassin de marbre avec un jet d'eau placé au milieu. Tout autour des murs s'élève une estrade recouverte de nattes et de tapis. On se sert aussi de certains petits escabeaux en bois nommés skemlè, que l'on place en dehors du café quand les Turcs veulent jouir du beau temps et des belles soirées d'été. Les Turcs ont une si grande habitude de fumer, qu'ils fument continuellement et en tous lieux. Ils tiennent essentiellement à avoir d'excellent tabac qu'ils hument dans une belle pipe dont le tny^xi ftchiboukj est en bois de cerisier, de rose ou de jasmin. Les riches ornent ces tuyaux avec des fils de soie recouverts d'or et d'argent, et avec des bouquins d ambre jaune ou blanche. Les pipes des femmes sont souvent ornées de pierreries fines. Sitôt que vous entrez dans une maison, on vous offre une pipe choisie dans la riche collection que chaque particulier possède toujours.

Les cafés sont tenus très-proprement, mais sans aucun luxe; on y joue aux échecs et au tric-trac; les cartes y sont prohibées ainsi que les liqueurs spiritueuses; on y boit le salep, que les Turcs préparent avec une habileté pàrtibulièré, et qui est la boisson de prédilection du

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peuple. Une autre boisson de la claase pamrreeeiki 4om« ou espèce de millet fermenté et bouilli avee ds miel et de Teau.

Laclasse aisée en Turquiei et surtoatà Conatantinopley fait nne grande consommation de scNrbrta et de boîaaoïis composées de fleors» de fruitSt de radnea et de végétaux. Le Sultan euToie, chaque année, en Égypta, faire des approvisionnements de tout ce qui a'y trouve do plus rare et de plus exquis dans ce g^re.

Il y a à Conatantinopla beaucoup d'okifis qui passent leur temps au café ; seulement ila se gardent bieiL de s'entretenir de politique ; le gouvernement tore no veiit pas qu'on s'occupe do lui; il ne veut poo qu'on diaosteses actes, ses pensées et sea tendance».

Malgré les innovations introduitea par le Suites ». et qui ont tant soit peu refroidi» dans la eapitak, k sentiment religieux,, on y trouve encote beaucoup de ferreet . A l'heure de la prière on voit un concours eonsidéndile de peuple a£Eluei dans les mosquées; et elles sont aï moibreuse^ à CQnst£mtin(]^I& qu'il n'y a pas do plaoe, de rue ou de carrefour qui n'ait la siome.

U Si^mhle^ aojîoiwrd'bui^ i|ue le poudrant vevsileanunrs européennes 9it beaucoup diminttéloSsaatissie reUgâeex; mais il est tlà&-idifiUilo dor prévmi neore. j«Bqv*à quel point ces iàém nouvettea pourmt imbUSbc L'idamisau. Dans la praCMpe des p véoeptes. da soft culte^ k Tùite n'obéit paa ^^utement à la Irai^tiion relîgiwM fuî le» kt imp^e, il obéit encore aux inatitutions natmales que lui ont transmisses sea ancêtre».. L'actim de tonde tirfc»-

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cratie a pour but oonatant d'étouffer^ par dle9 usagea iu'* ileatruotibles» les dons gépéreux qui pourraient inspirer Tamour de la patrie et les traditions de raucienne gloire,

Lamuaulmau ne se montre jamais grand enthousiaste des liauts faits de ses pères } il voit dans les événements glorieux, duns les conquêtes de ses princes les plus célèbres, la main de Dieu, qui guida leurs drapeaux, ai* guisa leurs épées, et conduisit leurs armées à la victoire ^ de même que dans les revers qu'ils essuyèrent il recon<naît encore le châtiment de Dieu. Four les Turcs, tout procède de la puissance divine, dont l'homme n'est que l'instrument.

On doit regarder aussi comme une conséquence des sentiments religieux, la résignation que le Turc montre dans le malheur; mais c'est une erreur de penser qu'il se croit sous l'influence de la fatalité lorsqu'il prononce majestueusement la parole sacramentelle : Cf gui est or-' rivé est écrit; Mlah est grondf et Mahomet est 9on prophète 1 Dieu étant à ses yeux, tout-puissant, selon la croyance qu'il a de la divinité , c'est lui seul qui règle toute chose. Ce principe, qui est celui de toutes les Églises chrétiennes de l'Orient, semble résulter de la poUtiqua des gouvcarnenients de l'Asie*

Le musulman professe un ardent amour pour le pro* sélytisme; la chanté le lui impose comme le précepte d'aimer son prochain* La tcdérance pour le genre humain est chez lui plutôt une maxime d'indifférence qu'une maxime de chai^ité. Un musulmant w vous souhaitant uue heureuse %, entend i^ U vaut yw devenir nm-

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sulman , parce qu'il s'estimerait heorenx si le ciel loi accordait la grâce de propager la foi de rislamisme dans le cœur de ceux qui en sont exclus.

La majesté avec laquelle le Turc procède dans cette circonstance n'est pas de l'oi^eil; mais elle paraît ré^ sulter de la même conviction religieuse qui le rend intrépide et brave jusqu'à la témérité. Il se croit illuminé par une inspiration divine refusée, suivant lui, à ceux qui pratiquent un culte différent du sien.

Lorsque vous paraissez ne pas agréer les conseils qu'il se plsdt à vous donner» il en accuse votre opiniâtreté, et croit que Dieu s'est retiré de vous; c'est peut-être ce sentiment qui vous fait passer à ses yeux pour un être d'une autre espèce ; vous ne jouissez plus auprès de lui du titre de frère.

En Mahomet seulement vous êtes quelque chose d'humain pour un Turc.

Les hautes classes, nourries par les études européennes, n'ont pas à un égal d^ré ce mépris pour les hommes qui ne sont pas musulmans ; mais le bas peuple, ce peuple que les voyages ne modifient pas, et à qui lès études philosophiques sont inconnues, ne voit toujours dans un chrétien qu'un GMaaur (chien). Le temps n'a pas transformé sa sauvage nature.

Les Turcs, en général, sont charitables. Depuis les revers de Tempire, les ressources pécuniaires des particuliers ont beaucoup diminué; par conséquent, les aumônes et les libéralités sont devenues plus rares : mais l'assistance des pauvres est un sentiment tellement inné

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