‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 9 sur 39 · LK3 GRECS · texte numérisé non relu

LK3 GRECS

ses vues infinies sur la destinée de l'humanité, a jeté ce peuple grec au milieu des Turcs, pour remuer Timmobile Orient dans ses oasesles plus profondes, avec oe caractère et cette mobilité toute occidentale qui le distinguent.

€omme Gonstantinople est entre TAsie et TEurope, ils tiennent à ces deux continents par leur génie. Us ont l'imagination colorée des Orientaux, la mobilité et le caractère indisciplinable des Occidentaux. Au moral, ils représentent la fusion de ces deux éléments si dispa^* rates; de même que Gonstantinople est, au physique, le lieu oii rOccident et l'Orient peuvent se coudoyer. Ses mœurs sont orientales ; mais la nature deson caractère, Ia tendance de son esprit sont occidentales. 11 est le point de contact entre ces deux grandes famillerhumaines; il sert de truchement à leurs intérêts, à leurs idées, et il empêche qu'ils ne se heurtent et se détruisent l'un par l'autre .

Les Grecs de Gonstantinople n'aiment point la guerre, et ils n'ont jamais su tirer parti de la facilité qu'ils avaient auprès de certaines cours européennes, d'entrer dans les armées et d'y occuper des postes en rapport avec leur naissance et leur éducation, lis s'adonnent plus volontiers à la marine, et, parmi eux, les enfants du peuple à Gonstantinople sont les meilleurs pêcheurs et les bateliers les plus intrépides Us aiment aussi l'agriculture : les jardins des environs de la ville sont cultivés par les Ghiôtes et les Esclavons. S'ils pou» vaient jouir 4'une entière liberté^ et si le goqv^nement

m CONSTANTtNOnJK

formulait une législation plus protectrice de l'art agri* cde. Je suis persuadé que les Grecs y voueraient tous leurs efforts.

Les troupeaux sont gardés par les Bulgares, Grecs de religion, mais non d'origine. Les Bulgares, en outre, exercent aussi d'autres métiers. Leur contact avec les Européens leur a fait faire dans l'industrie des progrès remarquables. Si, dans sa vie privée, l'Arménien, sous ce rapport, est tout-à- fait Turc, le Grec suit plutôt les usarges européens que les mœurs asiatiques. Les fenames sont beaucoup plus libres, et leur influence se fait sentir dens lesafiaires domestiques; leur liberté Va mêoie quelquefois jusqu'à la licence. L'été, quand la campa* gne étale à profusion toutes ses richesses, les femmes ^rôcques s'abandonnent au plaisir comme les bommes, malgré tous les avertissements du patriarche et le contraste austère de la gravité musulmane, sans retenue, sans arrière-pensée, avec une folle prodigalité^ c(tmme des écoliers en vacances qui ont la bourde de leur ^ère ;pour payer les dépenses qu'ils font.

Ces plaisirs sont toujours bruyants i Hommes et fem« mes passent les nuits à couriir çà et là^ à Id clarté des flambeaux et au son des instruments. Ces bacchanales échevélées se font au milieu des cris et d'un tintbmarre infernaU et finissent presique toujours par l'ivreteeetlà débauché;

Les dàsses qui^ pai^ leur poéitiob, leur fortuné èi leur éducation, sont teiliies à mettre pluri de décence dans lauraactes^ donbèat des soâfées. dansantes^ fontdâbpaiv

LSSQIIfiCS. IM

ties âtir Ttàu et dés repM an plem oiF war Icé ftites lés plus pittoresques du Bosphoi*e. Il nJttvre souvëtit qiie la dépense n'est pas en proj[)orti<m des moyetts^ de lelle soiH;e que là débduefaè dtoit y ôiiffir»; 'auâsi lés lÀeailte y perdent ce qu'y gagtié le plai&ir.

La religion a combattu en vàiii cette mobilité dans les sensations, sans pouvoir Jamais réusisir à autre chode qh'à trahsiger atee les habitudes, jtoùl* conserver Tàutorité de quelques pratiques religieuses qui lés lient etLeore à elle. Les Gl^ecs sont rigides observateurs de tés pratiques ^religieuses ; ils gardent leùri^ jeûnes avec la plus grande fidélité; ils tiennent allumés des cierges devant les images de la Sainte Vierge, de S. Detnètrë et de S. Spiridibn ; ilé multiplient jusqu'au Hdicule léïki^ si* gties de croix ; tiislis, malgré toutes t^es génufleiiôn^, 1 aUgustis morale de l'Évangile ne dépasse pas leui^s lëvres et ne jMStiètre pas darts leurs cosurs.

L'iiibtitutitin Atk salles d'asile, des écoleà gràlultest la ptiblieation de quelques odvràges simples, mais en bob stylé, attendu i[ue ce peuple est nàturelli^mént gram* tnâirien, lai eussent plù davantage que des commentaires anglicans sur un llVriB tjUé, le premier, il à rendii populaire.

Si le schisme grec n'était pas plutôt politique que ve^ ligieui, il est probable qu'il n'existerait plus, si la RiiSr aie n'était là pour le protéger à Constantihople et âans rôriênt. 11 ne faut donc point espérer qii'il disj)araîtrii tant que la Russie elle-même restera grecque de reli^ gioîi. C^ point dé viio explique la conduite du cabinet

IM CO.XSTANTKHOPLE.

niMe à Athènes. Le schisine grec est pour lui rallié introduit dans la place forte qu'il veut conquérir.

Lea Anglais, intéressés plus qu'aucune nation catholique à ne pas voir cet événement s'accomplir, car leur existence commerciale en serait sérieusement menacée, ont cherché à faire agir l'action des sociétés bibliques à .Gonstantinople» afin de contre-balancer la Russie sur le terrain religieux : ces sociétés sont impuissantes, et les versions incorrectes du Testament qu elles livrent au> Grecs instruits, ne peuvent que leur attirer la déconsi dération. En outre, ces sociétés se présentaient comme des corps enseignants» et à ce titre elles ne pouvaient, avec l'esprit méthodiste qui fait le fond de leurs procédés, plaire à des esprits à qui rien ne peut être plus antipathique que la forme raide» commerciale, compassée, méticuleuse, prude, comme l'est celle pratiquée par le protestantisme anglais dans ses enseignements.

A Constantinople, les catholiques romains ne font pas de prosélytes parmi les Grecs, de même que les Grecs n'en font point parmi les catholiques. On peut dire la même chose pour les Arméniens et les Musulmans. Ces différentes croyances, à quelques exceptions près parmi les Arméniens et les catholiques romains, vivent sans jalousie îes unes à côté des autres.

Indépendamment des écoles dont je viens de parler, les Grecs ont aussi à Constantinople d'autres établisse* ments publics. Le palais du patriarche possède une bibliothèque. Us ont dans plusieurs quartiers des hôpitaux dont un, entre autres, est spécialement destiné aux pesti*

i£S GRECS. 109

férés. Ces établissements sont présidés par des commissions de notables, et on en trouve d'établis sur un assez bon pied. Durant la guerre de l'insurrection grecque, les églises de cette nation rachetèrent avec leur argent beaucoup d'esclaves, et la pauvreté dans laquelle elles étaient tombées démontre suffisamment sur quelle large échelle elles pratiquent la charité : nobles sentiments, qui honorent une nation réduite par l'esclavage au dernier degré de l'ignorance.

De tous les peuples qui habitent la capitale, celui qui voyage le plus volontiers est le peuple grec. Le commerce a attiré les Grecs en Angleterre ainsi que dans plusieurs autres villes de l'Europe, où ils ont fixé leur demeure. La cour de Russie en fit monter plusieurs à d'éminents emplois ; témoins les Cantacuzène, les Fonton, les Kalerdji, les Balch et tant d'autres. En cultivant les nations policées, il est certain que les Grecs ont augmenté leur propre civilisatbn.

Gomme ]e l'ai déjà dit» les Grecs n'ont point d'es-« claves ; mais, à l'exemple des Turcs et de toutes les autres nations de l'Orient, la servitude voIqu taire et domestique n'est aucunement chez eux un état dégradant* Elle est considérée comme le premier échelon de la hiérarchie sociale. S'il arrive qu'un commerçant trouve dans son domestique quelque intelligence, il lui confie une certaine quantité de marchandises à vendre au détail, et, petil à petit, il l'amène à devenir son associé» et même parfois le fait entrer dans sa famille. Cet usage civil de TOrient est assez caractéristique : il s'é-^

166 COttSÎAirmôPLE.

loigne entièrement di» idées qu'on st à cet é^afd en Occident^ et mérite d'être jiri^ eii considération. Le despotisme produit parfois des effets semblables à ceux produite {)ar Un gouvernement libéral et progressif. Les (îrecs perfectionnèrent chez les peuples de l'Asie leurs coutumes nationales; Rome, qui en fut rhéritièré, eut ses affranchie ; mais les nations germaniques ont oonçu différemment leurs institutions socialed.

LES âAMÉNIËNS.

Après les Turcs et les Grèce, la nation qui est la pluk nombreuse à Gonëtantinople est celle des Arméniens. Ellene présente pas dans les individus qui la composent une différence assez frappante pour qu'on puisse en discerner les origines. Les Arméniens forment un peuple qui a conservé ses traditions et qui a constamment gardé ses relations avec l'Arménie. Quoique divisés eii diffé- Mntes sectes religieuses, c'est-à-dire en Eutychéens et catholique^ romains» ils sont parfaitement d'accord entre eui quand leur intérêt le commande. Il est assez difficile de connaître le motif qui les a fait émigrer de leur )[)ayô pour se répandre en Turquie; maison assure qu'à Côdstàntinopie seulement il y en a plus de soixantedix mille.

La inollôSsé asiatique» quoique empreinte dans ses ffioéuils,' ti'empêche pas l'Arménien d*être plus indus-

Les ARUilHEIfil. IM

irieut et pitis actif que le Turc^ quoique moins sobre. Il s'adonne prëféi*ablement au commerce, et il voyage {)lué &é4uemtileilt eu Asie qu'en Europe. Austère dans kèà mœurs, il est d*unë tbi ardente et d'un zèle exem-» plaire dans Tobservance des cérémonies de son culte. Là discipline ne lui èëiûble point pénible, et il s'engage avec plaisir dans la carrière des armes. De même que le Grec, rAhhënien courbe le front soùs la puissance otiomahe, mais sàné se sentir entraîné avec autant d'ardeur vers la liberté. Le Turc a plus dé sympathie pour r Arménien que pour le Grec et le Juif; car T Arménien 'se rapproche davantage dé ses habitudes; l'usage delà langue turque, qu'il a exclusivement adoptée, quoi* qu'il l'écrive avec des caractères arméniens, le rattache encore pluà aux ihâîtres du pays.

i\ à de l'aplomb et de l'intelligence, et, comme le talent de l'imitation est très-développé en lui, il réussit assez bien dàiis les bèaùx-àrts. Cette nation est très- mesurée dans ses habitudes sociales ; elle prend facilement lés coutumes européennes, niais elle résiste difficilement à la séduction. En eiîet, beaucoup de ses jeuneà genè, qui, à doiistantînoplë, menaient une vie régulière et s6bré, lirié fois à Paris ou à Londres se livrent avec une facilité extrême aux désordres et à la débauche. t^fecQnoinie que TArménien inet dans sa dépense pour satisfaire ses goûts et ses plaisirs l'a fait accuser d'avarice. Il y en a bien iqûi n'ont d'autres pensées que d'accumiilér èf d'arrondir leur fortune; niais de là a èti-e avare et sordide, il y a un terme moyen que doivent toujbuirs

iOi GONSTANTINOPLB.

prendre les hommes qui veulent vivre dans Tindépen^ dance et ne pas se condamner à la misère.

Les mœurs des familles arméniennes sont pures. Les femmes se font rarement voir dans les rues, et, quand elles le font, elles sont toujours voilées. Chez eux les mariages se contractent par des propositions, et l'époux futur ne connaît sa fiancée qu'au moment de la cérémonie nuptiale. L'obéissance des enfants envers leurs parents est absolue. Ce respect filial a quelque chose de touchant et de profondément patriarcal ; ainsi l'on voit souvent le chef d'une famille nombreuse, entouré de ses fils, petits-fils et neveux, qui tous, debout devant lui et dans l'attitude du plus grand respect, rivalisent entre eux à qui lui rendra les services les plus délicats et à qui préviendra le mieux ses désirs. Un fils ne se permet jamais de fumer devant son père. Sans la polygamie, les familles turques présenteraient le même tableau de soumission filiale, de concorde domestique et de sérénité intérieure.

Les Arméniens sont très- attachés à la foi de leurs pères, par conséquent très-religieux et très-réguliers à pratiquer les cérémonies du culte. Chez les Eutychéens, le clergé est d'une ignorance extrême. Il a été impossible, malgré ses fréquentes communications avec les Européens, de réveiller en lui le goût des études et d'une solide instruction. Pour ce clergé, le christianisme est dans la lettre et dans la forme liturgique ; cependant il fut un temps où cette Église jetait un certain éclat dans rOrient.

LES AllMENlENS. 16*

L'histoire ecclésiastique nous parle des troubles sans nombre qu'elle suscita au moment de la séparation de l'Église de l'État. La croyance dans laquelle est cette Eglise, que tous les chrétiens de bonne foi et observa-' leurs rigoureux de leur religion sont sauvés, malgré les différentes interprétations de la Sainte Écriture et des symboles dogmatiques, estunehérésie trop monstrueuse pour que les conciles n'aient pas cherché à combattre celle erreur, trop commune encore de notre temps.

Cette croyance pourtant facilita à la cour de Rome le prosélytisme chez les Arméniens. Trouvant une partie des Eutychéens disposés à accepter toute croyance, elle dut utiliser cette disposition. Chrétiens déjà, ils pouvaient, mieux que les Turcs et les Grecs, passer sous le drapeau du catholicisme. Pour peu qu'on les presse à devenir les clients de toutes les sectes chrétiennes, les Eutychéens, par leurs traditions et la forme de leurs pratiques religieuses, penchent bien plus à accepter le catholicisme romain qu'ils n'accepteraient le proies tan* tisme. Rome a donc dû tourner vers eux ses efforts» préférablement à tous les autres dissidents. C'est ce qui explique comment un bon nombre d'Arméniens reconnaissent son aiftorité : aussi l'Église romaine ne déraoge^t-elle rien dans leur rite et dans leur liturgie* qui est en langue arménienne, de même qu'elle respecte leur calendrier. La propagande, pour mieux conserver ses prosélytes, a fondé un collège à Rome, à Venise et à Paris. C'est dans celui de Venise, connu sous le nom du couvent Saint-I^zare, que viennent s'instruire les

Arménions qai doÎTent recevoir les ordres. Ce collège possède une typographie arménienue d'où sortent nooseulement tous les livres de piété à Tusage de cette nation» mais encore beaucoup de livres de littérature. Au nombre des ecclésiastiques attachés à ce collège, on eo compte de très-savants. Nous devons à cette typographie la meilleure version d'Eusebe, version d'un ancien manuscrit retrouvé dans la bibliothèque du couvent arménien d 'Etchmiad rinn .

Les Arméniens se livrent avec plaisir à letude des langues orientales» et les polyglottes les plus distingués de Cwstantinople appartiennent à cette nation. Souvent ces qrientalisles arméniens interprètent mieux que les Turcs leurs anciens manuscrits.

A l'époque où les Turcs s'emparèrent de Constantinople, les Arméniens, soit mépris, soit ignorance, ne voulurent exercer aucune des professions fiscales, qui sont^ à ConsUmtinople, une source de richesses pour celui qui en détient les ressorts. Les douanes étaient entre les mains des Juifs, de même que les Juife étaient les peseurs publics. La diplomatie était réswvée aux Grecs. Aujourd'hui les Turcs, plus avisés, après s'être apprcus que les bén^ees qu'ils abandonnaient sfhx rajfas étaient bons à prendre, occupent une partie des places qui as* surent ces bénéfices.

L'hêtel de la ^H)nnai^, Béanmeins,estaujourd'hui coo^ fié aux Arméniens, qui retirent un certain bén^ce de là refonte des monnaies, une dés branches principales (hi revenu public. Cette position donne aux Aveoéme^^

'(.■• •"Vr'»!,-!-.^,,.^

Les arméniens. ttl

une influence étendue, beaucoup de richesses , et leur ' Taut rbonneur d'être appelés souvent dans l'intimile du Sultan, et de partager avec ses ministres ses confidences sur les affaires de VÉtat.

La considération que leur donne à Constantinople cette confiance du souverain les met à même de pouvoir tenir dans la société turque un rang distingué. Plusieurs fa* milles, pour se maintenir constamment au niveau de leur rang, envoient leurs enfants en France et en Angleterre pour y finir leur éducation. Ils bornent cependant leurs études à certaines connaissances superficielles, et ne les poussent pas, comme les Grecs, jusqu'à des connaissances profondes. FjC Grec s'instruit pour l'amour des lettres et pour la gloire qui en revient, L'Arménien étudie seulement pour élever sor intelli-; gence à la hauteur des persopnes qu'il doit approcher dans ses rapports journaliers. Le Grec, dans spn éducation, n'envisage que le beau, l'agréable ; l'arménien j voit l'utile, le moyen. De cette manière, si l'on fait abstraction des études spéciales auxquelles les prêtre» arméniens catholiques se livrent, c'est-à-dire des langues orientales, le Grec est générale^ient supérieur s^ TÂrménien en conjaaissauces spéciales pt yariéçâ*

Quant à ce qui regarde le développement de l'inteUi*gence, il est toujours ii^variable dans ses résultats,. Ia Greq l'emporte sur l'Arménien dans les choses çt'imar giaation ; mais l'Ariqénien réussit mieux que lui (faua les études scientifiques. Cette comparaison q'es^ q^*^^9 simple conjecture; mais quand le temps aura poui?YiU

VU progrès auxquels ces deux nations peuvent aspirer, il sera plus facile de juger les tendances de leur esprit. Le Grec imitera Tltalien et le suivra dans les arts de lesthétique; TArménien suivra T Allemand et le rejoindra dans les profondeurs de ses études philosophiques.

Les Arméniens entretiennent à Constantinople un grand nombre d'écoles et beaucoup d'établissements publics. Leurs hôpitaux sont très*bien administrés. Ils ont des caisses d'épargnes pour les pauvres, et une imprimerie possédant des séries de caractères bien fondus.

Les Grecs et les Arméniens ne sympathisent guère entre eux. On reproche aux premiers d'avoir facilité aux Turcs l'invasion de la Roumélie. Ce reproche serait fondé, que le fait personnel de quelques chefs ambitieux ne serait pas une raison pour décrier une nation si recommandable. II semble plutôt que ce défaut de sympathie tire son origine de l'inégalité de leurs habitudes.

L'Arménien aime la table; l'ouvrier de cette nation s'abandonne facilement à l'ivresse, aussi l'accuse-t-on de manger immodérément et de boire avec excès. Malgré cela, on doit croire les Arméniens plus réservés que les Grecs lorsqu'ils s'adonnent aux plaisirs.

Ils aiment la propreté , et leurs habitations , même chez les individus de la classe inférieure, sont toujours un modèle par le soin qu'ils mettent à les entretenir, rieurs habitudes domestiques les rapprochent beaucoup des Turcs, mais ceux qui ont vécu avec les Européens suivent facilement leurs coutumes et les gardent tou* Jours.

Page 1