SINOPE
Dans les convulsions géologiques qui ont bouleversé les mers et les continents, une intelligence supérieure a creusé des racles et des ports, a taillé à pic des falaises, a laissé debout des aspérités menaçantes, pour les besoins du commerce, la défense et la sûreté des villes, le logement des garnisons, l'ancrage des vaisseaux. Cette sorte de devis primitif, tracé par une prévoyance surhumaine, est plus remarquable- dans la mer Noire qu'en aucun autre lieu du monde. Si la ceinture granitique de son étroit bassin n'avait pas eu ses échancrures si bien ménagées par intervalles, toute navigation était interdite sur cette zone, le grenier de la Grimée ne pouvait plus nourrir les peuples de l'Occident; les navires n'auraient point trouvé d'abris échelonnés sur les côtes, lorsque soufflent les tempêtes hyperboréennes qui viennent du Caucase, du Taurus et des Balkans.
Le doigt providentiel a tracé sur la côte d'Asie le gisement de Sinope : il y a deux ports, une rade, de hautes falaises, une colline escarpée pour recevoir une citadelle, tout ce qui appelle enfin un fondateur de ville et des habitants. Aussi, dans la plus haute antiquité, le fondateur est venu, et les premiers colons de l'Asie ont entretenu commerce avec le Bosphore de Thrace, le Bosphore cimmérien, les peuples des Palus-Méotides, et parles bouches du Danube, avec les Daces, les Pannoniens et les Germains. Lucullus, le seul général qui ait fait la guerre pour agrandir le domaine des festins, Lucullus a aimé Sinope : sa côte est poissonneuse et le gibier abonde dans ses montagnes; c'est ce qui explique l'affection de Lucullus. C'est du port de Sinope que partit la première trirème qui apportait à Rome les deux plus belles conquêtes de Lucullus , les premières cerises et les pre-
micres poches. La ville éternelle , un peu dégénérée depuis le repas frugal de Curius Dentatus, reçut avec enthousiasme les produits envoyés de Sinope, et décerna l'ovation au conquérant gastronome. Ces dépouilles opimes furent trouvées dignes d'un consul, coîisule dignœ; on planta les arbres de Perse et de Cérasonte sur les hauteurs apriques du mont Quirinal, où le vertueux Salluste établit ses jardins, et bientôt le cerasum et la persica étalaient leurs teintes savoureuses sur toutes les tables des patriciens. Rome a mis à la tête de ses armées quinze cents généraux environ. LucuUus est le seul qui ait fait, à Sinope, quelque chose d'utile pour le peuple romain.
Mithridate fit de Sinope la capitale de son royaume du Pont. C'est sur le môle de cette ville que ce grand homme déposa un germe qui , plus tard , devait porter ses fruits; c'est là qu'il rêva l'invasion (Je l'Italie et la destruction de Rome. Mithridate obéissait à un légitime sentiment de justice. Le génie insensé des conquêtes lointaines poussait continuellement les Romains vers cette Asie, qui ne demandait qu'à vivre paisiblement sur ses limites du Pont-Euxin. Avec et surtout sans prétexte, les consuls venaient ravager ce beau pays pour se faire décerner des ovations, l'an expiré. Dès que des séditions éclataient en Pannonie, et il en éclatait souvent, on faisait traverser l'Euxin aux séditieux pour leur procurer, en Asie, l'amusement de la guerre et un riche butin. Annibal avait laissé chez les Bithyniens du voisinage ses vieilles traditions de vengeance; Mithridate les recueillit, et crut que le temps était enfin venu de commencer une quatrième guerre Punique. Afin d'épargner à Sinope le sort de Carthage, il tourna ses regards vers le Danube, et résolut, en courant vers Rome, de se créer des auxiliaires, non plus, comme Annibal, avec les Ibères, les Gaulois, les Alpins , les Liguriens, mais avec les Daces,les Germains et les peuples riverains de l'Adriatique. Cette réaction de l'opprimé contre le conquérant était noble et juste. 11 ne fut pas donné à Mithridate de l'accomplir^ mais les
peuples voisins de Sinope recueillirent à leur tour le suprême cri de guerre du roi du Pont; l'écho de la mer le porta aux pieds du Caucase, dans les ports de la Chersonèse, sur les rivages du Don, aux Palus-Méotides , chez les Bulgares, et le monde opprimé se fit conquérant à son tour, et l'ouragan, parti de Sinope, renversa tous les arcs triomphaux, toutes les colonnes votives, tous les monuments de victoire que Rome avait élevés à ses héroïques ravageurs de la Perse et du Pont-Euxin. Puisse la la grande leçon prêchée à Sinope n'être pas perdue pour les injustes conquérants, si leur race doit renaître dans l'univers!
Sinope a eu l'honneur de donner naissance à Diogène, le chef de la secte cynique, le philosophe qui, en inventant la promenade à la lanterne, a découvert l'enfance éternelle de l'homme, avant la moderne invention de l'homme sérieux. Le bagage de Diogène était bien plus léger que celui de Bias. 11 ne portait que ses provisions dans une seule poche, et habitait un tonneau :
Diogenes cui pera penus, cui dolia sedes.
Nous rappelons ce vers , quoiqu'il soit faux, à notre avis du moins : il est d' Ausone , poëte de Bordeaux, et consul, en 379 , sous l'empereur Valentinien. Les deux vers que le même poëte a faits sur la tasse de bois de Diogène sont meilleurs :
Namque cavis manibus cernens potare bubulcum : Cur, scyphe, te? dixit; gesto supervacuum.
Cette horreur pour un tel superflu met Diogène au-dessus de Bias.
Diogène n'a pas habité Sinope longtemps. Ce philosophe avait le goût des voyages, et cela se conçoit : rien ne le gênait en route; il portait son repas dans sa poche, buvait dans le creux de sa main, et logeait dans le premier tonneau venu. Avec une pareille organisation de voyageur, on peut faire le tour du monde. Un jour
il rencontra le grand Alexandre de Macédoine, et lui ordonna brutalement de ne pas éclipser le soleil. Celui devant qui la terre tremblait obéit en souriant. Arrivé sur le sol de la Grèce, Diogène traita les philosophes comme il avait traité le roi de Macédoine : il ne vit que des fous parmi les sages, des orgueilleux parmi les humbles, des infortunés parmi les heureux, des traîtres parmi les bienveillants. Les philosophes voulurent répondre en préparant une adroite coupe de ciguë, mais Diogène, qui connaissait les mœurs et les discussions de la sagesse du Portique, s'obstinait à boire de l'eau claire dans le creux de sa main. Mithridate n'avait pas inventé cet ingénieux contre-poison.
A propos de Diogène, le poëte Ovide a décoché contre Sinope une ingénieuse épigramme que nous oserons discuter, malgré sa prescription de dix-huit siècles, et malgré tout le respect que nous professons pour le grand poëte Ovide, notre maître après Virgile, et notre seconde admiration. Avant tout, il faut défendre Sinope, ville destinée à jouer un grand rôle dans l'avenir, car sa position , comme l'a dit un Anglais l'autre jour, doit faire de Sinope le Gibraltar de la mer Noire.
Or, le poëte Ovide , à qui nous devons toujours revenir, lorsqu'on parle de cette mer, a écrit ce vers :
Non doluit patria cynicus procul esse Sinopeus.
L'accusation contre Sinope est grave, comme on voit, quoique détournée habilement.
Ainsi , pour Ovide, il y a des pays qui ne sont pas des patries ; Ovide n'admet pas le nescio qua natale solum dulcedine; à son jugement, les hommes ne doivent aimer leur sol natal qu'à condition que ce sol sera aimable. Un Lapon doit délester son sol natal.
A un certain point de vue, cette première opinion d'Ovide me parait assez raisonnable. Je conçois le sauvage Potaveri pleurant
devant un fantôme de palmier, dans une serre du Nord; je conçois le Napolitain pleurant au mois de janvier sur le quai Voltaire ', mais je ne comprendrai jamais un prisonnier finlandais pleurant ses glaces et ses ours blancs, au mois de décembre, dans le soleil de la ville d'Hyères, sur la radieuse place des Palmiers. Me voilà donc d'accord avec mon adoré maître Ovide sur ce point. Je crois, comme Ovide, que Dieu a créé les beaux pays pour être habités, et les mauvais pour servir de contrastes, comme déserts. Je crois que l'homme a méconnu les intentions paternelles de la Providence, et que Pierre, surnommé le Grand par lui, a commis une faute énorme en bâtissant Pétersbourg sous le pôle, faute que les pauvres Méridionaux expient à l'heure présente; faute qui a créé le rêve chaud de Constantinople et mis au monde l'éternelle et sanglante question d'Orient; je crois que le froid, les glaçons, la neige, sont les plus horribles des fléaux, et que les deux pôles devraient se faire naturaliser équateur : voilà pourquoi, étant du parti méridional d'Ovide, je vais le combattre sur le terrain de Sinope, dans les rayons du soleil d'Anatolie et d'Amasia.
Ovide était exilé à Tomes, sur la rive européenne de la mer Noire, près des Balkans et des bouches du Danube, scythicas relegatus in oras. L'hiver est long et rude dans ce pays; Ovide regrettait ses tièdes abris de l'Aventin, ses chaudes collines de Tibur, son promenoir d'Octavie, sa treille du Janicule, son doux soleil de décembre, ses nuits étoilées, ses mélodies aériennes du mont Palatin. Ovide avait bien raison de regretter tout cela au pied des Balkans; à sa place, j'aurais regretté les mêmes choses perdues; mais la rive européenne de la mer Noire ne ressemble nullement à la rive asiatique. Ovide, qui connaissait tous les secrets de l'âme, de l'esprit et du cœur, comme Virgile, n'était pas fort en géographie; il ignorait que Sinope est au quarante et unième degré de latitude, comme Naples, et qu'ainsi Diogène de Sinope, cynicus Sinopeusj pouvait très-bien regretter sa terre natale, dans ses
moments d'ennui, lorsqu'un importun ou un Alexandre lui volait un rayon de soleil. Ovide a commis une erreur du même genre en plaçant le palais du Sommeil à Scbastopol, près du Bosphore cimmérien; est prope Cimmerios. Du fond de son exil, ce divin poëte voyait tout en noir aux quatre horizons du Pont-Euxin; la presqu'île de la Crime'e lui paraissait aussi sombre que la grotte de l'Averne. Si le Sommeil n'a pas changé de domicile depuis Ovide, il va se réveiller en sursaut, un de ces jours, dans son palais de Sébastopol. Ces erreurs du poëte proviennent toutes de l'incurable mélancolie de l'exil. Tout ce qui n'était pas Rome était pour lui le domaine du vide, inania régna ^ le désert de la mort. Jamais le patriotisme n'alla plus loin.
Le vers épigrammatique décoché de Tomes contre Sinope peut se résumer ainsi : « Oui, moi, Ovide, j'ai le droit de m'affliger en me voyant si loin de Rome ; mais Diogène, à coup sûr, n'est jamais tombé en tristesse en se voyant trop loin de Sinope. No7i dohiit proculesse. » Si Diogène eût vécu quand Ovide écrivait ses Tristes, il aurait pu répondre au poëte, avec son cynisme habituel : « Vous ne savez ce que vous dites, jeune exilé. Quoi ! vous osez comparer votre Rome à ma belle Sinope! Rome, une ville morte, une ville enterrée dans les vallons de sept collines! une ville abreuvée par un petit fleuve jaunâtre, flavus TiberiSj comme votre ami l'appelle! une ville qui ne respire jamais et se débat dans une ceinture de fièvres marécageuses! une ville qui ne connaît pas la mer et grelotte dans les froides brumes de l'Occident! Je comprends, moi, Diogène, qu'on ne regrette pas Rome; mais Sinope! oh! je la re^ gretterai toujours, même dans Rhodes l'illustre, ou dans les bois de myrtes de l'île de Crète, ou dans la ville de Minerve, la ville brouillée avec les Naïades et avec Thétis ! 0 poëte Ovide, vous n'avez donc jamais vu Sinope, cette fleur de l'Anatolie, cette perle de l'Euxin? Si vous saviez comme il est doux de s'asseoir au bon soleil sur la rive de Sinope, et de suivre de l'œil les navires tourmentés par le Neptune de la Tauride ! Comme il est doux de respirer dans ce
portique de l'Orient, et de s'endormir sous les arbres aimés de Lucullus, en écoutant les vents tièdes qui sortent des profondeurs mystérieuses de l'Asie, comme les voix des sages de l' Indus! Oh! il était bien inspiré, l'argonaute Autolycos, lorsqu'au retour de sa fabuleuse expédition, cherchant une terre propice aux dieux, il fonda Sinope, en souvenir de la Colchide aimée ! Ce voyageur, qui avait vu tant de beaux pays, cherchait le repos et des abris doux, et en voyant ma terre natale, encore vierge, il s'écria :
Vos etiam silvée, vos Colchidos hospitis orfe!
« Il reconnut le climat d'or où régna Œtès, le père de Médée, le sol vigoureux qui mûrit les poisons et les fruits doux, et dompte la mort par l'exubérance de la vie. 0 poëte ! quand j'habitais Sinope, je n'avais point de tonneau; je vivais à l'air, je dormais aux étoiles; on m'a exilé en Occident, et j'ai cherché un abri contre les injures de l'air, un toit économique affranchi des tribulations du trésor pubhc. Rendez-moi Sinope, et je change mon tonneau du Nord contre l'ombrage du cerisier. »
Ovide, le poëte le plus spirituel qui ait jamais existé, aurait probablement répondu par des raisons ingénieuses à Diogène plaidant pour Sinope, mais, à coup sûr, l'illustre cynique n'aurait pas été convaincu.
On peut ajouter quelque chose encore au plaidoyer de Diogène. La mer Noire a deux aspects très-opposés de teintes. Ovide la regardait du mauvais côté. Son agonie dans la ville de Tomes n'a duré que sept ans. 11 est donc mort bien jeune, et dans toute la force de son esprit, cet admirable génie, ce divin plagiaire de tous les pauvres poètes de l'avenir! Elle s'est éteinte trop tôt avec lui, cette merveilleuse langue virgilienne, auprès de laquelle toutes les autres langues sont de sourds et vulgaires patois. Eh bien! si l'édit impérial qui désignait Tomes la Bulgare comme lieu d'exil eût désigné Sinope, le poëte des Tristes et de l'amour aurait re-
vêtu l'épiderme de soleil que l'Asie donne à ses enfants ; il aurait vu luire à ses pieds cette mer orientale qui console avec son chant éternel, et sur sa tète ces constellations chaldéennes qui parlaient de Dieu, môme aux païens. Ovide aurait vécu, aurait vieilli au milieu des splendeurs de cette nature qui a changé les peuples de l'Euphrate en peuples de poètes. Nous n'aurions pas aujourd'hui dans nos bibliothèques la désolante élégie des Tristes ^ sombre livre inspiré par la neige des Balkans, lugubre poëme de la mort; nous aurions le poëme de la vie, tout un firmament d'alexandrins chauffés au soleil asiatique; un hymne d'amour parfumé de toutes les fleurs de l'Orient; une mélodie de dactyles, une cascade d'or, comme les oreilles de l'homme n'en entendront jamais.
Sans quitter Sinope, rentrons maintenant dans le domaine du positif; essayons de soulever un coin de ce voile, qui bientôt se déchirera et qui nous dérobe encore les secrets de l'avenir.
Un ministre qui a laissé un nom vénéré dans l'histoire ottomane, l'illustre Mohammed-Soliolly, conçut un plan gigantesque, mais fort exécutable aujourd'hui, surtout avec nos nouvelles ressources. Il s'agissait alors de réunir par un canal le Don et le Volga vers le quarante-septième degré de latitude, point sur lequel ces deux grands fleuves se rapprochent. Mohammed-Sokolly envoya une petite armée d'ouvriers pour exécuter son entreprise; mais des nuées de Cosaques s'abattirent sur les travailleurs turcs et les mirent en déroute. Le ministre ottoman croyait rendre un grand service aux Cosaques, il se trompait. Les Cosaques s'émurent à la pensée d'un perfectionnement; ils s'opposèrent à cette œuvre de civilisation, et ne consentirent pas au mariage du Don et du Volga.
Un de ces jours, les Cosaques deviendront les plus actifs travailleurs sur le chantier de ce canal, dès que l'idée du grand ministre sera remise à exécution. Le canal de Riquet, le canal de Craponne, le canal de Roquefavour, ont présenté des difficultés bien plus grandes, et pourtant on les a menés à bonne fin.
Or voici, d'après le plan de Mohammed-Sokolly, les avantages que l'avenir doit retirer de ce canal : d'abord, en première ligne, il crée une mer nouvelle, aujourd'hui simple lac, malgré son nom menteur; il crée la mer Caspienne, une véritable méditerranée de l'Asie. Les vaisseaux à vapeur de la mer Noire, après avoir traversé la petite mer d'Azoff, remonteront le Don, et au moyen du canal ils entreront dans le Volga et descendront, par le plus large courant, dans la mer Caspienne. Peu de jours suffiront à ce merveilleux trajet. On prévoit déjà toute l'animation qu'un projet pareil exécuté va donner à des déserts, qui seront des jardins. C'est mieux que la résurrection d'un monde, c'est une création, car jamais, dans les plus beaux jours de Darius et de Chosroès, la Perse n'a eu les éléments de prospérité qui sont aux mains de l'industrie contemporaine. Erzeroum, Tiflis, Érivan, Tabriz, et vingt autres villes, situées entre la mer Caspienne et la mer Noire, s'élèveront bien au-dessus de leur importance antique; on ne peut prévoir le degré qu'elles atteindront. Trébizonde, par sa position heureuse, recueillera les premiers fruits de cette conquête pacifique; et Sinope n'aura plus rien à envier à son passé, elle sera la capitale de la Turquie asiatique, comme elle était autrefois la capitale du Pont. Tout marche à cet avenir; le verset pieux Renovabis faciem terrœ est adressé aujourd'hui à la civilisation chrétienne; c'est elle qui renouvellera la face de la terre, et donnera la vie, comme dit le psalmiste, aux peuples assis dans l'ombre de la mort. Dieu n'a pas mis des fleuves sur le globe pour servir de barrières, mais pour servir de traits d'union. "On s'est aussi longtemps trompé sur l'emploi du fer : on en fabriquait des armes, on méconnaissait les intentions d'en haut; le fer, c'est la charrue, l'outil, le chemin, le locomoteur, ce n'est pas le glaive. Il y a de la place pour tous les hommes au grand soleil de Dieu; là où coulent des fleuves, là, où circule l'air de la vie, il ne doit point y avoir de jachères, de plaines en friches , de déserts et des créatures souff*rant la misère et la faim. Le travail civilisa-
teur et chrétien sera accompli, lorsqu'on aura employé à faire vivre l'homme toute l'intelligence qu'on a dépensée pour le faire mourir.