‹ Constantinople et la mer NoireChapitre 2 sur 38 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

lues; ce sont d'immobiles oriiemeiils de bibliothèque. Nous avons voulu nous rendre le lecteur propice et mémoratif , en ëmondant du chêne immense du Bosphore toutes ks broussailles qui desséchaient sa racine, toutes les feuilles parasites qui chargeaient ses rameaux. 11 n'est point de patience humaine qui puisse tenir les yeux ouverts devant une série d'un million de noms plus ou moins barbares, qui hérissent toutes les lignes de telle histoire byzantine et ottomane que nous connaissons. 11 fallait épurer, éclaircir, réduire et pourtant ne rien omettre d'essentiel; il fallait glisser sur les faits d'importance subalterne et développer davantage les événements majeurs. Nous avons eu du moins la bonne intention de faire ainsi.

Nous avons pris pour guide, depuis 1453, l'excellente histoire allemande de M. de Hammer, ouvrage qui sera toujours consulté par les érudits; les historiens grecs nous ont été utiles pour Byzance ; Phramzès nous a donné de bons renseignements pour le quinzième siècle. Nous avons aussi consulté les chroniqueurs vénitiens et les principaux historiens de la Perse et de la Turquie, mais en nous réservant toujours le droit de contrôle, car tous les chapitres de ces historiens ne nous paraissent pas des articles de foi.

Nous avouons notre antipathie pour les traductions, et nous sommes très-heureux lorsque nous pouvons lire et consulter une histoire dans l'original. Par malheur, l'ouvrage qui doit être le plus feuilleté, lorsqu'on écrit l'histoire de Constantinople, est celui de M. de Hammer, quoiqu'il ne commence qu'au règne d'Osman P"", et c'est un ouvrage allemand; nous avons toujours reculé devant l'étude de la langue d'outre-Rhin, par une raison

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assez puérile : à notre avis, cette langue a le tort d'avoir conservé la forme répulsive des caractères primitifs de Gutenberg. Quand la réforme s'opérera, etr rendra aux pages imprimées en allemand la netteté de lignes des impressions modernes, il sera trop tard pour nous; probablement nous serons arrivés à l'âge où la meilleure mémoire ne veut plus rien retenir. En attendant, nous avons eu recours à l'excellente traduction de M. J.-J. Hellertj elle est écrite dans un très-bon style, un style net, concis, clair, qui se fait simple dans les récits ordinaires, et qui s'élève lorsque grandissent les événements.

En lisant plusieurs fois les dix-huit volumes qui forment l'histoire de M. de Hammer, après avoir parcouru, chez les autres, toutes les chroniques, depuis Byzas jusqu'au règne d'Osman 1% nous avons éprouvé un vrai sentiment d'admiration devant ce gigantesque travail entrepris par l'historien allemand. 11 a fallu trente années pour conduire à sa fin cet ouvrage, lui donner, par des recherches, des notes et des documents infinis, son caractère d'irrécusable authenticité. M. de Hammer est le Humboldt de l'histoire ; il a fallu autant de patience et de génie pour écrire cette histoire, qu'à l'illustre savant pour écrire Cosmos.

Ce livre, Constantinople et la mer Noire, que nous publions aujourd'hui, a pu être divisé en deux parties, grâce à l'étendue de son format; la première et la plus importante renferme l'histoire complète de la ville de Constantinople, qui est après Rome la ville de nos affections. Dans la seconde partie, nous avons abandonné souvent la gravité de l'historien pour raconter des légendes, peindre des mœurs locales ou décrire des sites et des monuments. Le côté pittoresque a donc sa large part dans notre ouvrage, et il

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