RECTIFICATION
Une erreur, commise dans la traduction d'un passage de l'historien Phramzès, nous oblige à rétablir le texte de quelques phrases dans le chapitre viii de VHistoire de Constantinople, page 131 .
Il s'agit de l'émigration des peintres grecs, en 1453; et par suite de cette erreur, le petit-fils de Cimabué a été confondu avec son aïeul, ce qui a amené une erreur nouvelle dans les citations des noms de quelques peintres, antérieurs à 1453.
Le soin scrupuleux apporté au travail de cette histoire nous impose une rectification, malgré son peu d'importance.
Voici les passages tels qu'on doit les hre:
« C'était Cimabué, le petit-fils du grand peintre florentin; il avait à ses côtés tous les peintres italiens qui étaient venus étudier, comme son aïeul, l'art grec à Constantinople... »
Plus bas, page 1 37, depuis : Dans une anse de Chrysocéras, jusqu'à la sacristie de Sienne, la rectification porte çà et là sur quelques mots; mais il faut citer le passage en entier.
« Dans une anse de Chrysocéras, le peintre Cimabué, échappé providentiellement au massacre et à la bataille, quitta son épée, prit ses pinceaux, et donnant un dernier regard à la ville sainte, il s'écria comme l'Athénien : « Cette patrie des arts, de la gloire et de la religion est aujourd'hui en proie aux barbares ! » Cela dit, il s'embarqua, suivi de ses disciples florentins, et gagna la première
i8i RECTIFICATION.
terre de la Propontide. L'Énée de l'art emportait en Italie ses pénates et ses dieux vaincus. La Providence donnait à cette colonie un vent favorable, la protégeait contre les sirtes de l'Archipel, dans le détroit de Scylla sur les côtes orageuses de la Trinacrie, et la conduisant comme par la main sur la mer Tyrrhénienne, elle la fit aborder sur les côtes hospitalières où brillait encore la croix glorieuse des chevaliers pisans.
« Ces artistes apportaient avec eux toutes les facultés puissantes, tous les trésors d'imagination, toutes les provisions de souvenirs, qui soutiennent les hommes dans les missions divines : ils avaient connu les douleurs; ils avaient entendu les gémissements d'un monde écroulé; ils avaient laissé une première vie dans les ruines de l'Orient, et ils ressuscitaient, de l'autre côté des mers, sur une rive tranquille, ayant foi dans ce qu'ils allaient accomplir, parce qu'ils savaient que la Providence, toujours intelligente, en les sauvant par un miracle, les réservait à quelque chose de mystérieux et de grand. A peine arrivés dans les jardins de la Toscane, berceau lumineux des arts, ils trouvèrent la première Vierge, peinte par l'aïeul de Cimabué pour l'église Santa-Maria-Novella. Ils ranimèrent l'antique enthousiasme de ce peuple, qui, un jour, abandonna les villes pour saluer la trirème sur laquelle arrivait la statue de Cybèle, mère des dieux. Santa-Maria-Novella vit aussi, dans ce grand jour, la théorie grecque sanctifiée par la procession chrétienne. Les jeunes filles d'Empoh, de Ponto-d'Era, de Sanminiato, toutes vêtues de blanc et couronnées de fleurs, accompagnèrent une seconde fois triomphalement la Madone de Cimabué dans le val d'Arno; le peuple était accouru de toutes parts pour voir la Madone peinte à Constantinople; on se précipitait en foule pour admirer l'œuvre et honorer l'image; tous les monastères et les jardins du val d'Arno la couvraient de nuages d'encens et de fleurs; des milliers de voix angéliques, comme la terre n'en avait pas encore entendu, créaient aussi en ce jour la mélodie orientale, en célébrant dans un hymne merveilleux la reine des anges, la Vierge céleste, rose mystiquCf