‹ Constantinople et la mer NoireChapitre 4 sur 38 · PREMIÈRE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LETTRE

dieu!

Par la grâce du Très-Haut (dont la puissance soit à jamais honorée et glorifiée, et dont la parole divine soit exaltée! )

Par les miracles, abondants en bénédictions, du soleil des cieux, de la prophétie, de l'astre, de la constellation des patriarches, du pontife de la phalange des prophètes , du coryphée de la légion des saints, Mahomet, le très-pur (que la bénédiction de Dieu et le salut soient avec lui !...) Et scttis la protection des saintes âmes des quatre amis, qui sont Abou-Reker, Omar, Osman et Ali (que la bénédiction de Dieu soit avec eux tous), chah-sultan Suleiman- Khan, fils de Sélim-Khan, toujours victorieux.

Moi qui suis le sultan des sultans, le roi des rois, le distributeur des couronnes aux princes du monde, l'ombre de Dieu sur la terre, l'empereur et seigneur souverain de la mer Rlanche et de la mer Noire, de la Roumilie et de l'Anatolie, de laCaramanie, du pays de Boum, de la province de Zulkadrie, du Diarbékir, du Kurdistan, de l'Azerbaïdjân, de l'Adjem, de Cham, d'Alep, de l'Egypte, de Mekkè, de Médine, de Jérusalem, de la totalité des contrées de l'Arabie et l'Yemen, et en outre, de quantité d'autres provinces que, par leur puissance victorieuse, ont conquises mes glorieux prédécesseurs et augustes ancêtres (que Dieu environne de lumière la manifestation de leur foi ! ) aussi bien que de nombreux pays que ma glorieuse majesté a soumis à mon épée flamboyante et à mon glaive triomphant, moi, fils de sultan Sélim, fils de sultan Baiezid, chah-sullan Suleiman-Khan :

A toi, François, qui es roi du royaume de France !

La lettre que vous avez adressée à ma cour, asile des rois, par Frankipan, homme digne de votre confiance, certaines communications verbales que vous lui avez recommandées, m'ont appris qiie l'ennemi domine dans votre royaume, que vous êtes maintenant prisonnier, et que vous demandez secours et appui de ce côté-ci pour obtenir votre délivrance. Tout ce que vous avez dit a été exposé au pied de mon trône, refuge du monde ; les détails explicatifs en ont été parfaitement compris, et ma science auguste les embrasse dans tout leur ensemble. En ces temps-ci, que des empereurs soient défaits et prisonniers, il n'y a rien qui doive surprendre. Que votre cœur se réconforte! que votre ame ne se laisse point abattre ! Dans de telles circonstances, nos glorieux prédécesseurs et nos grands ancêtres (que Dieu illumine leur dernière demeure!) ne se sont jamais refusés d'entrer en campagne pour combattre l'ennemi et faire des conquêtes, et moi-même aussi, marchant sur leurs traces, j'ai soumis, dans toutes les saisons , des provinces et des forteresses puissantes et de difficile abord ; je ne dors ni nuit ni jour, et mon épée ne quitte pas mes flancs. Que la justice divine (dont le nom soit béni!) nous rende l'exécution du bien facile ! Que ses vues et sa volonté apparaissent au grand jour, à quoi qu'elles s'attachent!

Au surplus, interrogez votre envoyé sur l'état des affaires et sur les événements quels qu'ils soient ; restez convaincu de ce qu'il vous dira, et sachez bien qu'il en est ainsi.

Écrit dans la première décade de la lune de rebi'second, l'an neuf cent trente-deux ( de l'hégire ) , vers la mi-février 1 526 de J.-C, de la résidence impériale de Constanlinople la bien gardée et la bien munie.

itS CONSTANTINOPLE

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