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extérieure fut certaineuient ajoutée plus tard. ITu fossé large de 20 mètres sépare les nuirs du terrain situé en avant ; à certaines places, ce fossé atteint encore une profondeur de 10 mètres.
Un parapet à hauteur d'honune s'étendait à 18 mètres en arrière de ce fossé : c'est là que les archers se tenaient postés. L,e mur extérieur était
La Porte Dorée du Ch.iteau des Sept Tours.
le moins liaut, avec ses petites tours au nombre de 75 environ : eu arrière de ce mur, une terrasse de 18 mètres, et enfin, au dernier plan, la grande nmraille intérieure haute de 20 mètres ; de nouveau, les tours succédaient aux tours, mais beaucoup plus hautes, profilées plus nettement sur le bleu du ciel, distancées de 50 mètres l'une de l'autre, si bien qu'elles sont au nombre de 120 sur toute la périphérie. L,es trois côtés extérieurs de ces géants de pierre étaient munis de créneaux, servant d'abri aux défenseurs, lycs tours avaient plusieurs étages ; les voûtes se sont effondrées, mais, çà et là, à l'intérieur on peut encore remarquer leur disposition. Une tour avancée est toujours flanquée des deux autres tours construites dans
go CONSÏAXTIXOPLE
la ligne des remparts intérieurs. La plupart sont carrées, quelques-unes octogonales, hexagonales ou en heptagone ; d'autres en demi-cercle. Au cours de notre pérégrination, nous en rencontrons même quelques-unes de forme pentagonale. Le système de défense se composait donc d'un parapet et de deux murailles.
Les fossés étaient, à de certaines distances, coupés par des maçonneries que nous rencontrons encore quelquefois et qui servaient à retenir l'eau ; elles sont, dans le bas, plus larges que dans le haut et, suivant l'inclinaison du terrain, soutenues par des contreforts. Quelques-uns de ces murs sont percés d'ouvertures pour laisser passer l'eau. Un système d'écluses permettait de submerger les fossés à volonté ; des ponts de bois, qu'on détruisait en cas de guerre, donnaient toute facilité pour les traverser. Les ponts de pierre que nous voyons maintenant datent de la domination turque.
Outre les portes ouvertes, en temps de paix, pour la communication de la ville avec la campagne et appelées, pour cette raison, Portes Bourgeoises, il y en avait d'autres, également importantes, mais destinées seulement à la garnison et qui, en temps de guerre, conduisaient aux retranchements. Chacune de ces portes était désignée par les Byzantins sous des noms différents qu'il est difficile d'identifier aujourd'hui. Les discussions à ce sujet ne rentrent pas dans la tâche que nous nous sommes imposée. Les portes étaient également doubles ; des pylônes élevés et solides les abritaient de chaque côté ; à certaines places, ces pylônes sont 'dans un état de conservation presque parfaite, comme, par exemple, à la Porte des Derviches, où six colonnes de marbre rouge sont scellées de chaque côté dans la porte cochère. Les petites portes extérieures demeuraient fermées en temps de siège ; celles de l'intérieur, larges de 6 mètres et hautes de 14 mètres, étaient alors réduites à des dimensions moindres au moyen d'arceaux supplémentaires et de massives traverses.
A un endroit de la muraille, nous rencontrons un angle rentrant et ensuite une saillie nouvelle qui rétablit la nmraille dans l'alignement primitif. Cette disposition est tout à fait singuhère. D'après la forme qu'elle affecte, cette partie du rempart a été appelée Sigma {!). Le terrain ne forçant pas à un détour, il est assez difficile de trouver la cause de cette bizarrerie. Peut-être des machines de guerre, de dimensions spéciales, étaientelles disposées à cet endroit.
Chemin faisant, on peut recueillir toute une série d'inscriptions ; il s'en trouve, par exemple, deux à l'intérieur de la Porte des Derviches : celle du
liant se rapporte à Constantin (447), l'autre en dessous, à Justin II et à .Sophie, et date du vi*^ siècle. A leur gauche est gravée une autre inscription en latin, tandis que la tour du Sud est appelée Tour de Constantin, et cela encore suivant une épigraphe. De cette façon, on peut reconnaître la part de chaque empereur dans l'édification ou la restauration du mur d'enceinte.
Porte de Mevlévi-hané.
Aujourd'hui, de tous ces puissants travaux de fortifications, le mur intérieur et les hautes tours sont seuls restés dans un état passable ; par contre, le mur extérieur s'est effondré par places et quelquefois même a complètement disparu. Le fossé a été comblé avec des cailloux, des galets, de la boue, des masses de terre et sert de potagers et de pépinières.
C'est ainsi qu'à perte de vue la double ligne de murailles s'étend à l'horizon ; ici, elle s'enfonce, dans une petite vallée, pour se détacher plus loin sur le fond bleu du ciel, en remontant sur une hauteur. Mais partout délabrée. Ici, une large brèche, faite autrefois par les envahisseurs turcs, puis réparée, et de nouveau rouverte par un tremblement de terre, preuve
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élo(iuente de la fureur de l'attaque. Ces boulets de pierre dans la muraille datent encore du siège. Presque aucun de ces ouvrages superbes n'est demeuré sain et sauf ; celui-ci est abattu et les ruines gisent de tous côtés, cet autre, là-bas, est dépouillé de sa couronne de créneaux, un autre n'a plus que trois côtés debout, une crevasse énorme parcourt toute la masse de la maçonnerie, de telle sorte que ses restes pitoyables peuvent d'un moment à l'autre s'abattre d'eux-mêmes. Partout un amas confus de débris, de gravats, d'orties, d'ivraies, de fougères, une végétation luxuriante couvrant la maçonnerie noirâtre, à demi détruite : lierre au feuillage sombre se faisant jour à travers les fentes des pierres et retombant pardessus les créneaux en un enchevêtrement inextricable, pour remonter de nouveau et s'accrocher contre les tours, murs et bastions ombragés d'arbres séculaires, arbustes et buissons ayant jeté hardiment leurs racines entre les ruines. De temps en temps, une petite pierre se détache doucement de la muraille et s'écrase sur le sol, jusqu'à ce qu'enfin, après des années et des années, le bloc lui-même roule à travers l'enchevêtrement de lianes et gise au fossé dans sa nudité triste ; — des choucas volent d'une crevasse à l'autre, en poussant des cris lugubres. — Tout cela est énorme, sauvagement bouleversé, plein de majesté jusque dans sa ruine même !
« Ces murailles roussâtres, encombrées de la végétation des ruines, qui s'écroulent lentement dans la solitude et sur lesquelles courent quelques lézards, il y a quatre cents ans voyaient ameutées à leurs pieds les hordes de l'Asie, poussées par le terrible Mahomet II. L,es corps des janissaires roulaient, criblés de blessures, dans ce fossé où s'épanouissent maintenant de pacifiques légumes ; des cascatelles de sang ruisselaient sur leurs parois où pendent les filaments des saxifrages et des plantes parasitaires 1. "
En continuant notre route, nous arrivons à un petit ravin. Au fond, coule le ruisseau de I^ycus, qui fait ici son entrée dans la ville, humectant les bas-fonds les jours de pluie et qui, après avoir traversé les égouts, va perdre ses eaux boueuses dans la Propontide ; un arbre solitaire croît au sommet de la tour voisine. Elle renfermait autrefois les barrages destinés à retenir l'eau et à submerger les fossés de la \dlle, peut-être à inonder tous les environs. Ici, à l'intérieur de l'enceinte, des Tziganes se sont installés ; leur campement, établi sous les murs et dans les alentours, s'étend le long de la vallée, des prairies et des jardins du