Th. Gautier, Cuintiintiiiople
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lyycus, à travers la \-ille. Voici la fontaine de Beylerbey, sous l'ombre triste d'un saule : d'ici part un vieil aqueduc qui passe à travers la ville. I<e ravin du I^ycus était le point faible des fortifications de Constantinople. Toute l'enceinte extérieure, à partir de la Porte d'Andrinople, est complètement détruite. Quel émouvant tableau de désolation ! Quels ravages ont ici causé les canons et les catapultes de Mahomet !
Porte du Canon.
Nous voici arrivés au point où les remparts font une saillie brusque vers l'Ouest et où commence le nmr d'Héraclius, construit en 640, qui enveloppe le Tekfour Sérail, pour descendre ensuite vers la Corne en faisant de grandes courbes et venir enfin se heurter contre la muraille du port. L,e vieux nmr de Théodose se continuait en ligne droite ; par suite des nouvelles fortifications élevées devant lui, il était passé au rang d'enceinte intérieure et fut plus tard abattu comme inutile ; on peut encore en trouver cependant quelques restes. I,e mur d'Héraclius garantissait donc contre les atta(|ues des Aavres et des Hongrois le quartier riche et
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neuf des Blaquernes, sans le céder en rien à celui de Sainte-Sophie pour la richesse de ses palais, de ses églises, de ses bains.
La longueur de cette partie du mur est de i ooo mètres. Renforcé par Manuel Comnène et ses successeurs, il est plus haut, plus large et plus solidement construit c^ue celui de Théodose et est parvenu jusiiu'à nous dans un état de conservation qui excite notre étonnement. Aucun fossé, aucun glacis par-devant, le rocher tombant à pic du côté du port ne permettant pas de travaux de ce genre. En revanche, la muraille est d'une épaisseur et d'une hauteur extraordinaires. De fortes tours, au nombre de vingt environ, s'élèvent encore aujourd'hui, aussi intactes qu'il y a douze siècles ; elles sont rondes, octogonales ou mêmes carrées un peu plus au Nord. Dans beaucoup d'entre elles, les étages intérieurs existent encore et facilitent l'ascension. Les portes du mur, ici, ne sont pas doubles. A l'extérieur, des champs de choux et des jardins potagers, clos du côté du chemin, empêchent de parvenir jus([u'au pied du mur et, à l'intérieur, des particuliers ont acheté et bâti.
En avant de l'emplacement où les fondations du palais des Blaquernes viennent toucher l'enceinte d'Héraclius, s'élève une ligne de fortification constituant une sorte de petit ouvrage avancé et construite par Léon l'Arménien. Le quartier formé ainsi entre ces deux murailles s'appelle le Pentapyrgon à cause de ses cinq tours. Plusieurs portes naaintenant nmrées ou ruinées, difficiles à reconnaître de l'extérieur, conduisaient, au temps jadis, dans le bastion et dans le quartier impérial. Seul le seuil de la porte extérieure des Blaquernes, percée dans le mur de Léon, sort encore de terre. Aussi célèbre que la Porte Dorée située à l'extrémité des murs terrestres au bord de la Propontide, se trouve, au coin du port, la Porte de Bois, Xyloporta, qui menait au Xylocircus, le cirque de bois de Saint-Mamas.
Un peu moins intéressants et plus difficiles à reconnaître sont les murs de la Corne d'Or ; ils ne sont pas dans le voisinage immédiat de l'eau et il faut les chercher parmi les maisons ; de place en place on en découvre les pierres sombres, quelques fours, qui, à Balata, portent presque toutes des plaques de marbre avec le nom de Théophile. Car ce fut Théophile qui renforça la muraille du côté de l'eau ; de l'autre côté, son nom reparaît moins souvent. Au point oit celle-ci commence, derrière des maisons juives, se trouve une porte maintenant murée, décorée de l'archange Michel tenant une palme, en relief de marbre. Pour arriver au Fanar, nous devons traverser Balata, le ghetto de Stamboul, où nous rencontrons des petites filles juives aux yeux étincelants et de misérables trafiquants d'aspect sordide et en guenilles ;
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c'est au Fanar qu'après la conquête, les Grecs des classes élevées s'établirent et furent rejoints par des habitants de villes conquises que les Turcs y transportèrent ; c'est le lieu d'origine des Fanariotes, cités si souvent dans l'histoire de l'empire ottoman et qui fournirent même aux Etats du Danube de si hardis hospodars. On y est frajjpé de l'aisance, de l'ordre et de la propreté qui règne partout.
L'Hippodrome, l'Obélisque, la Colonne Torse et la Mosquée d'Ahmed.
Constantinople est pauvre en monuments de sculpture provenant de l'époque antérieure aux Turcs ; et, du temps de la domination ottomane, il n'existe rien. C'est à peine s'il reste quelques tronçons de colonnes datant du moyen âge, constituant les misérables restes de toute une foule de chefs-d'œuvre dont le voyageur cherche encore vainement les traces. Trois témoins de la splendeur passée, cependant, se trouvent sur l'Atméïdan. C'est le vieil Hippodrome, beaucoup plus grand du temps des empereurs et renfermant encore en partie la mosquée d'Ahmed. Que d'événements historiques se passèrent en ce lieu ! Connnencé par Sévère, achevé par Constantin, inauguré au milieu d'une pompe inou'ie, il fut longtemps
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le centre de la vie de Byzance. Les luttes des Bleus et des Verts l'ensanglantèrent. De son enceinte sortit l'ordre d'anéantir les Janissaires.
L'Hippodrome fut construit sur le modèle du Circus Maximiis à Rome. A l'endroit où le sol s'incline du côté de la mer, on avait établi des soubassements formidables, et toute la partie sud reposait sur de hautes voûtes. Ici donc, côté étroit de l'Hippodrome, était placé le tournant de la ï-i£voôvY, (la fronde), où les chars devaient raser la borne de la Meta. En face, à l'extrémité, soutenues par 24 colonnes, étaient la tribune impériale, les loges pour les grands dignitaires et la suite. Aucune communication entre l'arène et cette partie du cirque, où l'on arrivait directement du palais. Par-dessous le grand portail, les remises pour les voitures, les écuries pour les chevaux et les animaux sauvages. Un peu au-dessous de la loge impériale, sur une terrasse en forme de balcon, se tenaient les gardes avec leurs étendards. Au-dessus de la loge, s'élevait une tour sur laquelle étaient érigés les célèbres chevaux de bronze de Lysippe (jue Corinthe avait dû céder à Rome qui, à son tour, les avait donnés à Byzance. Ils ornent maintenant le portail de vSaint-Marc, à Venise. Les spectateurs étaient assis sur les côtés longitudinaux et dans la partie étroite du sud de l'enceinte ; les gradins s'étageaient au nombre de 40 et tout au sommet courait une Stoa (ou portique à colonnes) qu'ornait une quantité innombrable d'objets d'art et d'où l'on jouissait d'une vue immense et magnifique. \]i\ fossé séparait les spectateurs de l'arène pour prévenir l'explosion des passions populaires et pour protéger les spectateurs contre les bêtes féroces. L'axe longitudinal de la piste était occupé par une longue terrasse étroite, c'était la Spina. Ou y avait apporté de toutes parts, des colonnes, des statues, des chefsd'œuvre de marbre et de bronze : l'Hercule colossal de Lysippe, un honmie luttant contre un lion, l'âne d'Actium. un taureau mourant, un loup combattant une hyène sur le piédestal duquel la fureur populaire enchaîna un jour le malheureux empereur Andronic ; un cheval indompté, un aigle enlevant un serpent ; plus loin Adam et Eve, l'Abondance et la Famine, des guerriers avant la bataille, Hélène inspirant l'amour, et bien d'autres monuments encore ; en outre les statues des conducteurs de chars couronnés dans les jeux du cirque et celles des empereurs, conducteurs du char de l'Etat. Un vélum de pourpre couvrait tout l'hippodrome et abritait, des ardeurs du soleil. Le cirque pouvait contenir plus de 100.000 personnes. Que l'on se représente les partis faisant leur entrée en grande pompe, avec leurs étendards, au milieu des armes étincelantes et du bruit des fanfares ! Au cours des temps les jeux devinrent de plus en plus rares, n'ayant plus lieu que deux fois par an, au jour anniversaire de la fondation de la ville et le
23 (lécenil)re. De tels jours de fête engloutissaient des sommes énor-
Sculptures Ju piédestal Je l'Obélisque. Côté est.
mes, car chacun d'eux coûtait plus d'un million de francs. I^es I^atins saccagèrent d'ailleurs l'Hippodrome conune des barbares. L,es œuvres d'art
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les plus précieuses furent brisées sans pitié, l'Hercule lui-même fut un jour abattu et fondu pour faire de la monnaie de cuivre : ce superbe hippodrome ne renferma plus (pie des ruines. Puis vinrent les Turcs qui emportèrent les marches de marbre pour s'en servir dans la construction
Piédestal de l'Obélisque. Côté Ouest.
de leurs palais ; Gyllius vit encore les colonnes de la galerie inférieure qui furent utilisées ensuite jDour la Suleimanié.
Le monument qui est parvenu jusqu'à nous dans le meilleur état de conservation et cpi seul nous rappelle la splendeur du passé est l'Obélisque de Théodose le Grand. C'est un monolithe de granit syéiiitique gris rose, haut de 30 mètres et large de 2 mètres à la base. lyCS inscriptions
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hiéroglyphiques des quatre côtés sont admirablement conservées, aussi nettes que si elles avaient été taillées de la veille ; elles racontent que cette pierre fut érigée })ar le roi redoutable dans la guerre, Thoutmosis III, à Héliopolis, i 500 ans a\-aiit Jésus-Christ. Comme la phrase hiérogl}--
"Ma^€^' ?■
Piédestal de l'Obélisque. Côte sud.
pliique au bas de la colonne est inachevée, on suppose que la pierre avait à l'origine une hauteur plus grande. Théodose l'apporta à Byzance et réleva au miheu de l'hippodrome en souvenir de sa victoire éclatante sur Maxime en 390. Elle pèse 600 000 kilogrammes et repose sur quatre socles d'airain placés aux coins du piédestal de marbre ajouté par Théodose le Grand. I.,es parois de ce piédestal portent des reliefs de marbre sans
io„ CONSTANTINOPLE
grande valeur et qui représentent des scènes de la vie du pauple et de la cour
Piédestal de l'Obélisque. Côté nord.
de Byzance. Ces scènes ne sont pas expliquées d'une manière suffisante ; les opinions sont différentes : sur la paroi Est, le souverain est assis sur
CONS TAXTI XOPLE
le trône, ayant à ses côtés son épouse et ses deux fils Honoiius et Arcadius il paraît rendre un jugement : autour <le lui, la suite et les guerriers, les <;lients et les avoués défendant leurs <:auses dans des poses oratoires. .Sur la paroi ouest. Théodose reçoit les liommages des ennemis vaincus ; au Sud, est représentée la solde des trou^Des pour laquelle les questeurs apportent l'argent dans des sacs. Au Nord, une fête d'apparat, l'empereur au milieu de ses fils et des grands <ie son empire regarde les jeux du <:ir([ue et tient dans la main une couronne destinée au vainqueur ; à ses pieds se déroule une danse joyeuse, on distingue la double flûte h-dienne et la flûte de Pan à 7 trous, une sorte de hautbois, et un instrument à cordes. Au-dessous, d'autres reliefs représentent l'installation de l'obélisque, de quelle façon il fut élevé à l'aide de grues, de cordes, de treuils ou de cabestans. De même, deux inscriptions, l'une en grec, l'autre en latin traitent de l'érection du monument. D'après ces inscriptions, la pierre aurait été érigée par ordre de Théodose et sous la conduite de Proclus en trente-deux jours. I<es érosions visibles sur la surface de la pierre tournée vers la mer peuvent vraisemblablement provenir de ce (|ue le bloc énorme a longtemps reposé sur la terre, couché sur ce côté ; d'autre part, l'air de la mer saturé de petites parcelles de sel a dû contribuer à ces
érosions, car c'est du Sud-Est (|ue viennent les vents dominants et qu'arri\-cnt les nuages de pluie qui proviennent des monts de l'Olympe.
Colonne Serpentine.
Voyons maintenant le tronçon de la Colonne Serpentine, qui supportait autrefois le fameux trépied d'or, donné au temple d'Apollon de Delphes par les vainqueurs de Salamine et de Platée, 497 avant Jésus- Christ. La colonne de bronze repose sur un cube de pierre et représente trois corps de serpents enroulés l'un autour de l'autre. Nous sommes ici devant un monument de l'art grec le plus pur. Dès le premier coup d'œil, on peut constater l'exécution magistrale et consciencieuse du travail.
Da colonne, haute aujourd'hui de 5 mètres, mesurait primitivement S mètres. Des têtes et les cous des 3 reptiles, manquant aujourd'hui, s'élevaient dans l'air en forme de triangle et portaient un bassin d'or de 3 mètres de diamètre. Sur les torsions, sont écrits, en grec archaïque, les noms de 31 tribus, dont les guerriers ont combattu contre les Perses. Constantin apporta cette œuvre d'art dans sa nouvelle capitale, en même temps (jue d'autres iju'il avait prises à Delphes, et lui assigna sa place dans l'hippodrome. Au temps des Byzantins, elle servait de fontaine ou de jet d'eau ; car on a retrouvé, à l'intérieur des torsions, des tuyaux de plomb et des conduites d'eau allant.de l'aqueduc de Yalens jusqu'au piédestal de la colonne et placées sous l'hippodrome. Gyllius donne encore une description de la colonne intacte au commencement du xvi'" siècle ; mutilée déjà d'un coup de hache par Mahomet, elle fut tronquée par Suleïman, qui supprima la tête des trois serpents, de sorte que nous ne possédons plus que ce tronçon. Malgré tout, les trois têtes brisées des serpents existaient encore au commencement du xyiii*^ siècle ; on ne montre plus actuellement qu'une seule mâchoire supérieure parmi les antiquités du Tchinli-kiosk.
Jusqu'en 1856, on douta de l'authenticité et de l'origine de la colonne. Au cours de cette année, on acquit une certitude définitive que l'on doit à l'initiative de quelques Anglais qui firent creuser tout autour de la colonne et découvrirent les inscriptions que nous pouvons lire sur le socle.
A la profondeur de l'excavation on peut recomiaître quelles masses de terre se sont ici amassées au cours du temps. Une grille entoure depuis peu le monument et le protège autant que possible contre tous autres outrages.
De troisième reste rapi^elant la splendeur antique de Byzance est l'Obélisque Muré. C'est un colossal carré, formé de pierres de taille et d'une hauteur d'environ 23 mètres. Comme l'annoncent les vers senaires gravés sur le bloc de marbre qui sert de soubassement, Constantin Porphyrogénète a restauré cet édifice endommagé au x'' siècle.
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Aux temps anciens, l'obélisciiie était complètement recouvert de plai^ues sculptées, en bronze doré, aussi l'appelait-on la Colonne Dorée. I,es croisés latins la dépouillèrent de cette couverture de métal ; les trous seuls montrent encore les places où les plaques étaient retenues par des crampons de fer : elles n'avaient orné la colonne (juc pendant 250 ans. I<e
Obélisque Muré et Mosquée d'Ahmed.
nuîuument fut plus tard complètement négligé et même menaça ruine, ([uand, il y a quelques années, on prit le parti de le réparer tant bien que mal et d'en boucher tout au moins les plus grands trous.
L,a Colonne de Constantin au Divan-yolou se trouve dans un état plus lamentable encore, s'il est possible. Constantin le Grand la fit amener ici du temple d'Apollon à Rome ; elle portait sa statue en bronze, sous la figure d'Apollon saluant l'astre du jour à son lever. Il avait pris à Héliopolis, en Phrygie, la statue du dieu dont il avait enlevé la tète pour y substituer la sienne, entourée d'un nimbe où les clous de la Passion remplaçaient les sept rayons du soleil, attribut d'Apollon. Etrange
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amalgame, bien cligne d'une époque indécise, où le paganisme luttait encore contre le christianisme tout près de triompher ! Une vieille tradition raconte que le Palladium, antique image de Pallas Athéné, protectrice de Troie, avait fini par être transporté à Rome où il était conservé dans le temple de ^'esta comme un gage de la protection céleste. Constantin ordonna de le transférer dans sa Byzance. La colonne dorique de porphyre était, à l'origine, haute de 57 mètres, depuis la terre jusqu'au sommet de la statue, et était formée de neuf blocs cylindriques posés les uns sur les autres et dont les joints étaient cachés artificiellement par des couronnes de laurier taillées dans la pierre. On peut ainsi s'expliquer l'erreur des anciens qui croyaient a\-(>ir devant eux un monolithe ; car ce monument orné ainsi de guirlandes éveillait dans l'esprit l'idée d'un seul bloc. Cette illusion est aujourd'hui impossible ; les jointures sont à jour. Le monument porta les statues de Julien et de Théodose après celle de Constantin ; il avait déjà beaucoup souffert lorsqu'en 108 1 il fut frappé par la foudre qui jeta à bas statue impériale, chapiteau et une jjartie du fût de la colonne. Manuel Comnène, qui s'occupa de la restauration, plaça de nouveau un chapiteau et une croix dorée sur les 7 pierres restant encore.
Il y a deux siècles, comme la colonne, complètement calcinée à sa partie supérieure et décolorée par un incendie, menaçait ruine, le sultan Moustafa II (1701) fit entourer le soubassement de marbre et le piédestal d'une envelo^ope informe de maçonnerie montant jusqu'au deuxième cylindre de pierre.
Le torse de la colonne, haut de 40 mètres à l'heure actuelle, perdit encore de sa beauté primitive, lorsqu'on le ceignit d'épais cercles de fer, destinés à maintenir ensemble les blocs simplement posés les uns sur les autres et qui se disjoignaient peu à peu. De là vient la dénomination turque : la Colonne aux Cercles : le nom ordinaire est cei^endant : la Colonne Brûlée. Le pied du monument est fortement enfoncé dans la terre, le sol de la rue s'étant exhaussé à travers les siècles. En un mot, c'est une ruine aussi triste que la précédente, et qui, à chaque instant, menace de s'effondrer.
Dans un jardin privé, de sorte que la partie inférieure échappe aux regards venant de l'extérieur, se dresse la colonne qui portait probablement la statue de l'empereur Marcien au v^ siècle ; c'est un monolithe remarquable de 10 mètres de haut, en granit syénitique. Le piédestal repose sur trois marches couvertes aujourd'hui par la terre. Trois côtés de ce piédestal sont sculptés en reliefs, malheureusement mal conser\-és.
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L,e temps a forteineut maltraité cet héritage de l'aiitiiiuité. ],es ra\'ages sont cependant moins sensibles du côté (^ui regarde la Mehmédié : deux génies ailés (celui de gauche est encore à peu près bien conservé) lèvent