L.> ColoniiL' Brillé
un panneau orné de myrthes et portant la croix. Au-dessous se trou\-e une inscription à (quatre lignes difficile à déchiffrer.
IvC chapiteau est un cube de marbre corinthien sur lequel repose un ornement. A l'un des coins est ciselé un aigle ; aux trois autres coins il ne reste plus rien. I^es coins ne correspondent pas très exactement aux rebords du piédestal, car ce chapi4;eau, tombé un jour à terre, fut imparfaitement replacé. Depuis longtemps, un échafaudage entoure la vieille pierre, annonçant l'intention d'y faire des réparations, toujours reportées
io6 CONSTANTINOPLE
à des temps meilleurs. Il ne tardera pas lui-même à s'écrouler, car il est déjà vermoulu. I<e peuple appelle ce monument la Colonne de la Virginité, et il prétend qu'elle dénonçait les jeunes filles ayant commis une faute. Cette croyance provient d'une confusion : il existait autrefois une autre colonne placée sur la colline voisine et portant la statue d'Aphrodite ; devant cette colonne avait lieu l'épreuve de la virginité ; elle fut transportée plus tard dans la .Suleïmanié.
Nous nous dirigeons maintenant vers la colonne élevée sur le Forum d'Arcadius, l'Avret-bazar actuel. C'était, au temps jadis, un très beau monument, haut de 40 mètres, imitant la colonne de Trajan à Rome, couvert de bas-reliefs célébrant les hauts faits de Théodose et d'Arcadius. T^e tremblement de terre du 26 octobre 740 le reu\'ersa. La fin du xv!!!*^ siècle lui donna le coup de grâce : la colonne fut emportée. Il ne reste plus que le piédestal, haut de 6 mètres, avec le commencement du fût. Le bas delà colonne a un diamètre de 4 mètres, ce qui permet de conjecturer, en s'en rapportant aux proportions de l'ordre dorique, que le tronc devait mesurer 40 mètres de hauteur environ. Tout est calciné, de sorte que c'est à peine si on peut reconnaître les reliefs : quelques croix, un A et un E sont les seuls restes des sculptures qui rappelaient les victoires sur les Goths et les Sc3-thes. Un escalier intérieur conduisait au haut de la colonne ; il faut maintenant traverser une maison privée pour arriver dans le vStylobate. On trouve ici un tombeau dont le plafond porte quelques sculptures. On parvient tout en haut de la ruine par des marches ; on a alors une vue superbe sur la mer et la ville. L'intérieur de la colonne et la cage de l'escalier étaient habités, il y a peu de temps encore, par un Turc et par son harem, comme un ver perdu dans les ossements cariés du colosse.
Au-dessous du Kiosque de Badgad s'élève, sur une terrasse des jardins du sérail, une colonne de granit d'ordre corintliien, d'une seule pièce ; le piédestal porte écrit sur le côté tourné vers le Bosphore les mots latins : « Ob devictos Gothos fortunœ rcduci ». D'où le nom de Colonne des Goths. Selon Nicéphore, elle servait autrefois de support à une statue de Byzas qu'on prend, selon les mythes, pour le fondateur de la ville. Si la colonne datait vraiment de M. Aur. Claudius Goticus, elle constituerait un des monuments les plus anciens de la ville.
Le fanatisme des Iconoclastes, la barbarie des Latins, le rigorisme des Musulmans ont si bien décimé le peuple des statues qui ornait les
COXSTANTIXOIM.I' m;
luouuincuts, les places et les rues de Coiislanlinople, ([u'ou se trouve uial à l'aise pour porter un jui^enieut motivé sur les arts plastiques, à lepoque bj'zantiue. L,'architecture seule nous a laissé des témoignages irrécusables de son originale vitalité.
lyC Musée du Sérail ne renferme que quelques restes tronqués de sculptures : deux lions du portail du palais de Boucoléon (conservés autrefois dans l'église Sainte-Irène), une colonne enguirlandée de pampre parmi tout un peuple de bergers et d'animaux (colonne provenant de Sainte-Sophie ?), un baptême du Christ dans le Jourdain (la plus vieille représentation de ce sujet en Orient), enfin des fragments de cercueils de porphyre provenant des tombeaux des empereurs, des pierres tombales des chefs de la garde, une Méduse gigantesipe provenant du Forum de Constantin, un baptistère de marbre.
Dans le (quartier de Balata se trouve l'église arménienne de Palaeo- Taxiarehis, avec une porte de bronze, sur l'un des battants est représenté saint Georges tuant le dragon, sur l'autre Jésus chassant les marchands du Temple.
L'église du patriarcat grec dédié à saint Georges, et enfermée dans la cour, close de murs, (|ui donne accès aux appartements épiscopaux, mérite aussi une mention spéciale. Klle est d'origine récente, mais renferme beaucoup d'antiquités : une chaire sculptée (sella curulis) de 1085, richement incrustée d'ornements de nacre et d'ivoire, avec deux petites colonnes élégantes portant six aigles byzantins en ivoire à double tète ; on l'appelle la chaire de saint Chrysostome. Nous pouvons encore entendre dans l'église de vieux chants bvzantins.
Et, maintenant, essayons de nous représenter l'ancienne Constantinople.
Nous pouvons partir de la Porte Dorée et suivre le cortège triomphal d'un empereur. Le dernier dont l'histoire fasse mention est celui de Manuel Comnène revenant de sa campagne contre la Pannonie, en 1156. Nous suivrons la Rue Centrale, Mjtt,, et nous passons devant l'église du couvent de Stoudios (Mir-akhor mesdjid). Notre chemin nous conduit, à travers le Forum d'Arcadius, dominé par le Capitole, (aux environs de Lalélé Djami), vers le forum de Théodose. La rue dont nous parlons est celle où se meut le cortège triomphal, c'est à la Porte Dorée que les corporations de la ville, ayant à leur tête leurs administrateurs, les sénateurs et les nobles, en habits blancs et cierge en main, ont été recevoir l'empereur triomphant. Les rues
io8 CONSTANTIXOPLE
qu'ils parcourent sont semées de laurier, de romarin, de myrthe et de roses, tendues de tapis écarlates et de draps précieux ; des voiles tissés d'or sont tendus d'un côté à l'autre ; toutes les fenêtres, sous les toits, les échafaudages hauts de trois étages sont remplis de spectateurs. Devant l'empereur marchent les Pannoniens vaincus ; l'image miraculeuse de la Hodéguétria est portée sur un char d'argent doré, traîné par quatre chevaux. I^es patriciens, les consuls et les parents de l'empereur entourent le char. L,e souverain lui-même, orné de tous les insignes du triomphe, monte un cheval indompté ; à ses côtés, son maréchal de camp Kontostéphanus. On arrive au forum de Théodose. L,a position de ce forum correspond à l'emplacement actuel du Bazar et de la j^lace de la mosquée de Bajazet ; il y a quelques siècles, c'était encore un terrain libre, planté d'arbres. On y voyait le Tétrapylon, maison jDortée par quatre rangées de colonnes, et oii les corps des princes étaient exposés avant d'être transportés dans l'église des Apôtres (Melimédié) ; une grande rue partait de ce forum et conduisait à la Porte d'Andrinoiale. I,a rue impériale continuait plus loin par le forum de Constantin qui s'étendait autour de la colonne dédiée à la mémoire de cet empereur : le sol de ce forum était complètement couvert de dalles de marbre, une colonnade en faisait tout le tour ; là-bas, au fond d'une petite ruelle, la \"allée des I^armes, le marché aux, esclaves. z\rrivés au forum de Constantin, les grands dignitaires se retiraient et changeaient leurs vêtements contre les habits de cour dans une église voisine, consacrée à Notre-Dame, et le cortège continuait sa route, précédé des étendards, du Labarum, du sceptre, de la bannière d'or et de la croix enrichie des pierres précieuses, et au milieu des acclamations du peuple. Le forum de Constantin connnuniquait au Nord avec l'Artopoleion, le Marché des Boulangers (partie supérieure du bazar actuel), vers le Sud, un portique orné d'œuvres d'art (quelques restes de murs près de la citerne des Mille et une Colonnes) se chrigeait vers le Prétoire, au pied de la colline oii se trouvait l'Anastasie (Mehmed-Pacha) ; vers l'Est, on passait par une colonnade devant les Thermes de Zeuxippe ^Neptune, dompteur des chevaux) richement décorés, et à partir desquels l'Hippodrome s'étendait au loin sur la droite ; en tournant immédiatement à droite, on arrivait alors au forum d'Auguste ouvert sur la ville. vSur le côté gauche de ce forum (nord) s'élevait l'église Sainte-Sophie précédée de son parvis ; en face de l'église la statue de sainte Hélène, puis la statue colossale de Justinien à cheval ; l'empereur tenant la boule du monde, la main droite étendue impérieusement vers l'Est, le diadème de plumes de paon sur la tête — il ne reste rien de cet ouvrage, les Ottomans l'ont fondu pour en
log
faire des canons ; le piédestal, transformé en fontaine, répand maintenant une eau limpide, mais qui ne peut pourtant pas effacer la tache de sans^ dont le vainqueur l'a souillé lors- (|u'il exposa publitiuenieiit le corps du dernier Constantin aux pieds de l'ancêtre triomphant. Des arcades et des statues entouraient la place, sur laquelle s'élevait le Militaire, sorte d'arc de triomphe avec des galeries.
Tout droit, dans la direction de la mer, se trouvait le palais de la Magnaure, auquel venait se joindre le palais du Sénat, à gauche, derrière vSainte-Sophie ; vis-à-vis de- l'église, la grande façade du palais fortifié de la Chalcé (de la Porte d'Airain) se dressait. L'acropole, aujourd'hui le Sérail, se trouvait à gauche derrière Sainte-Sophie ; le long de la mer, les Thermes d' Arcadius ; dans les environs l'église de l'Hodéguétria . l'hôpital Saint-Lazare, le palais de l'impératrice Placidie, les palais des grands dignitaires.
lyC vaste palais impérial, dont les topographes du moyen âge ne peuvent assez admirer l'étendue et l'incroyable magnificence, couvrait à lui seul, entouré par un mur d'enceinte, tout l'espace compris entre vSainte-vSophie, la mer et l'Hippodrome ; il comprenait des jardins, des bâtiments, des chapelles, des cours, des galeries, des habitations pour les fonctionnaires et la suite, des casernes. Commencé par Constantin, il fut renouvelé par Justi-
nien et encore agrandi dans la suite. Il lui manquait par conséquent l'unité ; c'était pour ainsi dire un amas de bâtiments de tous les styles et de toutes
Tour de Galata.
iio CONSTAXTIXOPI.E
les époques. I/entrée était à la Porte d'Airain. I^e jjalais Daphné venait se rattacher à la partie postérieure du palais de la Chalcé. Du côté des jardins et de la mer se trouvait la résidence proprement dite, le palais sacré, contenant une foule d'appartements et de salles et relié à l'Hippodrome par plusieurs ailes du château. Nous pouvons presque le reconstituer en entier sur le papier, grâce aux descriptions des Byzantins, et nous représenter la magnificence extraordinaire, la succession de salles, presque chaque chambre : les deux salles de rocaille, la salle des perles, la salle à manger, la salle de l'aigle, la salle ovale, etc. Dans la partie haute du palais de Chalcé se trou\-ait autrefois l'église vSaint-Etienne d'où l'impératrice, entourée de sa suite, regardait les jeux de l'Hippodrome ; à côté, dans la direction des bains, la Kathisma, la tribune impériale, oii l'on pouvait parvenir du palais par la Cochlea (escalier en colimaçon). Toute cette partie étroite du cirque était prise dans le nmr du palais, de sorte que les souverains pouvaient assister aux jeux sans quitter leur demeure. De l'autre côté, la maison du prince était en communication avec le palais de la Magnaure au sudest de l'Augustéon, par des terrasses et des galeries, et de là on arrivait, par un passage, à Sainte-Sophie ; l'empereur restait donc toujours chez lui. Naturellement, à l'occasion des grandes fêtes, il sortait en grande pompe, entouré d'hommes d'armes et de nobles pour se rendre à l'église, et traversait la place extérieure, nommée Proauleion, à cause de sa situation devant le parvis. En bas, au bord de la mer, le palais de Boucoléon avait accès à la mer par un bassin formé artificiellement de jetées : un escalier de marbre , l'Heptaskalon, y conduisait. Sur la hauteur opposée, le Phare, où était le poste d'observation télégraphique, installé par Théophile et Déon le Philosophe, et qui, au moyen des feux, transmettait les nouvelles à travers tout l'empire, de la frontière à la capitale.
De c[uartier impérial, négligé d'abord, fut définitivement abandonné par Manuel Comnène, en 1150, en faveur des Blaquernes ; il tomba en ruines, ses restes furent utilisés et les Turcs n'en trouvèrent plus trace. Un peu plus loin, sur le rivage, se trouvait le vieux port de guerre de Julien, comblé un demi-siècle après la conquête et remplacé par le port de la Corne d'Or. Encore un peu plus en arrière, nous trouvons le port intérieur de Théodose, maintenant comblé également et morcelé en jardins potagers ; le patricien Eleuthérius avait déjà commencé à le construire sous l'empereur Constantin ; au moyen âge on l'avait fortifié d'un mur d'enceinte, dont il subsiste encore (quelques restes.
CONSTANTINOn.K lii
I,a villégiature des empereurs, le Philopation (la Promenade) était située de\-ant la l'orte de Sélimbria et entourée de prairies du vert le plus tendre, d'étangs et de jardins délicieux.
La grande Tour du Feu est le monument ancien le plus remarquable du (juartier de Galata. Construite par Anastase I^"" au déclin du v^ siècle et au connneiK'enient du \"i'', elle fut encore suréle\-ée par les Génois un peu a\-ant la chute de Coustantinople. Klle portait au moyen âge le nom de Tour du Christ ou de la Croix. C'est une construction circulaire, d'aspect un peu lourd, s'éle\'ant pesamment à une hauteur de 50 mètres, pardessus la masse des maisons environnantes ; la base est à 100 mètres audessus du niveau de la mer. A sa partie supérieure, la tour porte une galerie, et depuis les réparations faites par Mahmoud II, elle est couronnée par deux constructions hexagonales en bois, en forme de lanterne, qui lui prêtent un aspect bizarre.
Ce vieux monument, déjà bien défiguré, a été couvert, il y a quelcpes années, d'une couche de peinture jaune et blanche. Il sert aujourd'hui de poste pour les veilleurs qui, jour et nuit, inspectent l'horizon, annonçant les incendies, le jour par des signes faits avec des drapeaux, la nuit par des lanternes. Aucun étranger ne manque de faire l'ascension de la tour, dès le début de son séjour ici ; car on a, du sommet, une vue magnifique à vol d'oiseau sur toute la ville et les environs. On monte assez commodément dans une vaste rotonde par un escalier éclairé de meurtrières et comptant environ 140 marches. Arrivé à la rotonde, on peut contempler le panorama délicieux qui se déroule sous les yeux, par 14 grandes fenêtres dont les niches sont disposées en forme de siège. I^a vue circulaire s'étend encore plus loin, si on monte jus(|u'à l'étage supérieur par un escalier tournant de 40 marches ; ce nouveau belvédère ouvre aussi sur le panorama 14 fenêtres plus petites, autour desquelles court une galerie d'accès défendu.
Du haut de la tour, on peut reconnaître les restes insignifiants des murs d'enceinte datant de la période génoise. Au pied de la tour même se trou\'ait une porte, maintenant en ruine. Dans les petites ruelles environnantes, on retrouve toute une série de constructions provenant de l'époque génoise ; elles sont faciles à reconnaître à leur tournure massive, en harmonie avec celle de la tour ; ces maisons sont occupées maintenant par des entrepôts et des magasins. Le palais du Podestat attire l'attention par ses fenêtres cintrées et ses ornements byzantins, témoin mélanco-
112 CONSTANTIXOPLE
lique de la prospérité des temps passés. L'église Saint-Benoît, fondée par les Bénédictins qui avaient ici un couvent, date aussi de cette époque ; elle est réunie maintenant à une maison d'éducation de langue française, dirigée par les Lazaristes et les Sœurs de Saint- Yincent-de- Paul : dans le jardin potager il existe peut-être de vieilles citernes. Je dois mentionner rapidement l'église voisine de Sainte-Marie de Kaffa avec une tour carrée, construite en 1475 ; l'amateur y trouvera suffisamment d'antiquités. Saint-Pierre et Saint-Paul, l'église paroissiale des Dominicains qui vinrent à Galata en 1525, prétend posséder l'Hodéguétria, mais il semble constant que cette image fut brisée en quatre morceaux lors de la conquête. Du côté du port, est située la Yéni djami, construite par Rabia Giilnouch, la mère de Moustafa II et d'Ahmed III, en 1680, sur les fondements d'une vieille église de Franciscains italiens ; un peu caché aux yeux, l'Arab djami fut sans doute aussi primitivement un sanctuaire byzantin, consacré à saint Aréobindus et qui fut transformé au commencement du xv!!*" siècle ; il n'est pas vraisemblable que le vieux bâtiment brûlé en 1803 ait été une mosquée arabe accordée lors de la conclusion de la paix, après le quatrième siège de Byzance par les Arabes et la conquête de Galata au commencement du viii*^ siècle ; car cette mosquée a été construite à Stamboul selon les anciens historiographes euxmêmes ; le nom n'est d'ailleurs ([u'une réminiscence d'Aréobindus. La mosquée actuelle garde, à l'extérieur, dans la maçonnerie, des colonnes ioniennes, entre lesquelles se trouvent les fenêtres. Le minaret carré en bois, avec ses ornements et sa flèche, ressemble beaucoup à un clocher de nos campagnes.
Les fortifications de Nicée, de même ([ue celles de Stamboul, fourniront d'intéressantes découvertes à l'amateur de l'antiquité. Nicée montre beaucoup de ruines antiques ; c'était, au temps des croisés, une ville encore importante dont la possession lit couler des flots de sang. Nous pouvons citer un théâtre romain, avec des soubassements puissants. C'est dans une église remarquable par sa coupole romaine que s'est tenu, croit-on, le fameux concile de Nicée et que l'impératrice Irène se déclara contre les inococlastes. Cette église est maintenant une mosquée. Toutes les peintures de la vieille église sont recouvertes d'une couche de chaux ; mais, sous cet enduit sacrilège, on aperçoit encore le inonogramme tracé jadis au-dessus du maître-autel : I. H. S. — « In hoc signo. » L'esprit chrétien vivifie encore ce sanctuaire dont on a voulu le chasser.
Signalons encore les ruines très intéressantes d'une église souterraine à Mal-tépé. Les voûtes en sont assez bien conservées pour pouvoir servir
(.OXSTAXTINOPLF, 113
à des études. Nous signalerons aussi les restes de la forteresse byzantine, dominant l'entrée du golfe d'Ismidt : tout entourée de verdure, cette épa\c d'un glorieux passé semble une ruine de burg allemand, transportée des bords du Rhin aux rives du Bosphore, Eu face est située HélénopoHs, bâtie en souvenir de la mère de Constantin, aujourd'hui misérable village n'ayant plus d'autre richesse (^ue les vestiges du temps passé. Des
Brousse. Tombeaiix des Suhans.
murs antiques entourent encore en partie les bains de Pythia, si chers à l'épouse de Justinien, situés dans la Vallée des Bains, qu'ombragent des bouleaux et des chênes. Pour finir, citons encore une des antiquités que nous rencontrons au cours de nos excursions et de nos promenades : c'est le pont de Sophon que Justinien construisit dans les montagnes, derrière Nicomédie, au-dessus de l'ancien lit du Sangarius (le courant s'est creusé aujourd'hui un autre lit). Ce pont, long de 455 mètres, est extraordinairement bien conservé. Huit arches s'élèvent au-dessus du lit à sec, de petites arcades s'appuient de clia(|ue côté. Nous trouvons aussi, à Tchekmedjé, le faubourg de Coustantinople vers San Stéfano, tout
114 CONSTAXTINOPLE
près du bord de la mer, le pont à arches gréco-romain de la \'ia Ignatia ; tout à côté, quelques restes de murs d'un fort construit par Cantacuzène. I^a route militaire conduisant à Sélimbria pénétrait dans Constantinople à la porte de Silivri. Encore aujourd'hui, cette voie, couverte de larges dalles de pierre et établie du temps de Justinien, constitue le fondement de la chaussée, quoiqu'elle soit maintenant détériorée et caillouteuse.
I^a petite église d'Antigoni offre aussi pareillement différentes curiosités à ceux qui recherchent les vestiges laissés par l'antiquité. Dans cette Ile des Princes, se trouvent encore les ruines d'un cloître de la Transfiguration, élevé par Basile le Macédonien ; mentionnons encore quelques restes de voûtes à Plati et, à Oxeia, des murailles byzantines; à.Halki, l'Ile d'Airain, le couvent de la Panaguia, construit par Jean Paléologue et son épouse Comnène, et sauvé d'une ruine totale à la fin du xviii^ siècle par le prince Alexandre Ypsilanti. Toute cette région est parsemée de ruines. Il serait impossible de les nommer toutes. Signalons encore cependant le Mur Anastasien avec ses ruines couvertes de verdure et ses donjons carrés.
Au flanc des deux montagnes situées l'une en face de l'autre sur les rives du Bosphore, s'élèvent deux châteaux, Rouméli Kavak et Anatoli Kavak, utiUsés par Mourad IV pour la défense du détroit ; cette partie resserrée, la clef du Pont-Euxin, fut de tout temps fortifiée avec soin et disputée avec acharnement. Des murs descendent le long des pentes de la montagne jusqu'à la mer et relient les citadelles ; il existe encore des restes d'un môle, dans la mer, du côté européen ; de l'autre côté, se trouvait également une digue semblable ; en cas de besoin, on fermait le détroit au moyen d'une grosse chaîne tendue d'une rive à l'autre. Du fort européen, il ne subsiste plus que les ruines du mur de jonction et de la jetée ; les matériaux ont dû être probablement employés à d'autres fins ; celui de la côte asiatique se dresse presque intact sur les rocs escarpés. Restes pittoresques, figuiers à la végétation luxuriante, lauriers et ceps poussant entre les créneaux et retombant au dehors, lianes enlaçant les tours rondes. . . La vue sur la mer est magnifique. La construction de ces forts a parfois été attribuée aux Génois ; mais la structure des bâtiments est bien byzantine, et le blason de pierre placé entre les deux tours rondes, au-des.sus de la porte principale tournée vers la terre ferme et murée maintenant, ne laisse subsister aucun doute à cet égard. Les Génois profi-
Cf)NSTANTI.\OI'LE 115
tarent effectivement de la faiblesse tle l'empire pour s'en emparer, et prélever un péage sur les navires passant le détroit, mais ce privilège leur fut contesté par les Vénitiens. Dans l'antiquité, un autel consacré aux Douze Dieux s'élevait à la pointe d'Hiéron derrière laquelle s'ouvre la mer Noire ; une inscription en grec ancien, trouvée il y a quelques années au pied de la nionta.^iie, ne laisse aucun doute sur l'authenticité du iait. Sur
Brousse. Intcrieur de la Mosquée'Oulou.
le cap, s'élevait un temple de Zens Ourios, très vénéré des marins du Pont. Des fouilles ont mis à jour des fragments d'architecture de style ionien, datant de la meilleure époque grecque. Justinien consacra ce sanctuaire à l'archange Michel. L'église n'existe plus. Quelques centaines de pas plus loin, vers l'Est, sur la crête de la colline en communication avec le terrain situé derrière, se trouve un petit bois de chênes ; sur le sol, entre les arbres, gisent de vieux blocs de pierres, tout couverts de broussailles, des colonnes rondes, des architraves. Ce sont peut-être là les restes de l'église byzantine dédiée à l'archange. Sur le sommet de la colline, à l'endroit oii s'ouvre la tranchée du Chrvsorrhoas dans les flancs
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de la montagne, s'élève, à l'ouest des ruines du château Roumélien, une grosse tour ronde nommée, on ne sait pourquoi, tour d'Ovide ; c'est un phare byzantin, où la nuit on allumait des flambeaux qui guidaient les
Brousse. Entrée de la Mosquée Verte, navires parvenant à l'entrée du Bosphore à travers les dangers des Cya-
I,e voyageur qui peut voir des produits de l'art turc, pur, encore exempt de l'influence byzantine, et dérivant logiquement des civilisations perses et arabes, ce voyageur, disons-nous, doit se rendre à Brousse. Parmi les mosquées, se trouvent une douzaine de constructions monumentales ; en outre, des mausolées très intéressants. De la ville haute.
CONSTANTIXOIM.I'
située sur uu rocher très escarpé, ou apcrt;oit uue prairie où coule uue source eutourée de plataues ; les vieux uiurs d'euceinte byzautius, les tours, les portes envahies par les plantes grimpantes, les fossés remplis de buissons, offrent un admirable coup d'œil.
Dans la ville haute, se trouve le mausolée d'Osman et celui de son fils Orkhan. restaurés après un tremblement de terre et décorés de la
Brousse. Fenêtres et niche de la Mosquée Verte.
manière la plus riche. I^à aussi, le cloître de I)a\-id, vieille église bvzantine.
Dans l'intérieur de la ville, à l'Oulou djami, nous remarquons encore quelque chose de la structure primiti^•e des mosquées ; le pur style ottoman s'y montre à nu. Un long vaisseau surmonté d'une multitude de coupoles, le tout du plus haut intérêt par la grandeur et la beauté. Ce grand rectangle allongé est divisé par des arcs en ogive reposant sur des piliers carrés eir 20 compartiments surmontés chacun d'une coupole. En face du grand portail, dans le deuxième compartiment, couvert seulement par un treillis de fil de fer en forme de dôme, se trouve un jet d'eau entretenant toujours une fraîcheur agréable. I^a lumière affluant de tous côtés et pénétrant obliquem.ent par la voûte produit un effet surprenant. Les riches ornements d'autrefois ont fait place
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CONSTANTIN OPLE
à un badigeon, les parois et les piliers sont couverts de préceptes tirés du Coran. Devant les angles de la face principale, s'élèvent deux nainarets d'aspect lourd ; le revêtement vert en faïence n'existe plus, de même que la fontaine de la galerie qu'une conduite reliait à une bouche d'eau sortant de l'Oh-mpe. Trois sultans se sont intéressés à la construction du temple : Mourad, Bajazet et Mahomet.
Brousse. Le Mausolée Vert.
La Yéchil djami bâtie par ^Mahomet I*-'"^ occupe une place d'honneur dans l'architecture ottomane pour ce qui concerne la matière première et le parti qui en a été tiré par le constructeur. Le marbre le plus précieux fut employé presque partout. De l'extérieur, la mosquée est peu importante. A l'origine, un portique de marbre s'ouvrait sur la grande terrasse plantée d'arbres ; aujourd'hui, le toit de bois répond très peu à la magnificence de jadis. Les Minarets recouverts de faïence verte et qu'un tremblement de terre détruisit, ont été remplacés sur la face principale par des constructions plus modestes. Par contre , la porte située entre eux montre des ornements fantaisistes et des motifs de feuillage exécutés sur
(•ONSTAN'TI.XOIT,
marbre de la manière la plus parfaite. ( )n pénètre dans la mosciuée par une sorte de niche richement ornée de carrelages de faïence, de chaque côté de laquelle se trouve un oratoire en forme de losijgia. Au-dessus, trois loges élevées pour le Padiscliah et les fennnes. Autour d'une salle
Brousse. Le Turbé Vert. Faïences du Mihrab.
centrale contenant une fontaine jaillissante et couronnée par une coupole surmontée elle-même d'un ornement, se groupent cinq chambres surélevées de quelques marches : l'une de ces chambres s'étendant en arrière, fermée également par une coupole, est consacrée au culte ; les deux petites pièces à droite et à gauche, surmontées de petites coupoles, sont disposées de telle façon dans la direction principale que la salle posté-
rieure s'avance en partie hors du plan de projection de la masse totale des constructions. La lumière tombe dans les salles à travers des vitraux colorés et s'épand en une sorte de crépuscule. L,a décoration intérieure est ravissante. Toutes les parois sont revêtues de carreaux de faïence émaillée, de toutes couleurs et de tous styles, provetiant de Nicée, uni(iues au monde (les Génois y eurent à la fin du moyen âge des ateliers
Brousse. Mosqucc Oulou.
où ils appliquaient les procédés des Perses). Le vert est la couleur dominante ; les ornements géométric^ues, mauresques, les inscriptions se succèdent les uns aux autres. En outre la peinture des coupoles figure des plantes grimpantes en bleu, rouge et or. Au-dessus et au-dessous courent des motifs décoratifs peints et dorés. Le mausolée du fondateur situé en face, de forme octogonale et ressemblant à une tour de garde, montre la même disposition dans la substruction de la coupole. Les carreaux extérieurs de faïence verte sont modernes ; la même décoration ornait autrefois l'intérieur du bâtiment. Aux fenêtres, on voit des bandes d'émail représentant des motifs de floraison et des inscriptions. ]\Ial-
CONSTAXTlNOI>LK i2i
heureusement le beau portail a été fortement endonunagé^ par le temps.
Sur la eolline, à l'Ouest, se trouve une mosiiuée retirée, discrète, bâtie par Mourad II, eu briques et en pierres de taille, flanquée d'une tour très élancée. I<e porche est ici conservé ; des colonnes et des piliers soutiennent le bâtiment ; des carreaux de faïence imitant la mosaï(iue couvrent les murs et le plafond.
Iva mosquée d'Ylderim semble avoir fourni le modèle sur lequel furent construites ensuite les autres mosquées de Brousse. Elle s'élève, solitaire,
brouibL- lluJ.ivcndiauiar .i Tchijkiroué-keui.
sur une hauteur à l'est de la ville, au delà du ruisseau descendant de l'Olympe. Au milieu de petite;; chapelles couronnées de coupoles, s'étend la nef principale avec ses deux dômes. On a enfin pris garde, il y a peu de temps, à l'état déplorable où se trouvait ce monument, et on a, entre autres réparations, recouvert le porti([ue d'une voûte de bois.
A la Mouradié, dans un jardin de roses entouré de murs, ombragé par de hauts platanes, se trouvent les onze dômes funéraires, aux formes diverses. Au bout de la ligne d'arbres ([ui traverse le jardin, se dresse le petit mausolée de Moussa, fils de Bajazet, que son frère Alahomet I^i" étrangla ; Mourad I''^' tombé à Kossovo, repose en face d'un bassin de marbre ; quatre piliers et quatre colonnes placées sur les piliers supportent la coupole ; le tombeau rectangulaire est tout simple, en terre mainte-
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nue par des dalles de marbre placées en long. Le milieu de la coupole est ouvert de manière que la rosée du ciel puisse mouiller le tombeau, suivant le désir de Mourad ; la verdure y renaît, par conséquent, perpétuellement. Un toit de bois richement sculpté abrite la porte de la chapelle funéraire. On y conserve le turban ordinaire du souverain et celui des jours de fête ; dans un coffre, est renfermée la barbe du Prophète, la plus grande relique de l'Islam.
Si le mausolée de Mourad ne possède aucun ornement à l'intérieur, par contre, celui de Moussa et celui du prince Moustafa, un peu en arrière du tombeau de Mourad et malheureusement délabré, sont richement décorés de plaques de faïence. La tombe de Djem, qui mourut à Naples d'un coup de rasoir empoisonné, au cours d'une aventure romanesque, est aussi recouverte de carreaux hexagonaux de faïence bleu vert. L'école du jardin des tombeaux, simple, mais produisant quand même une forte impression, trahit le style perse. Autour de la cour, derrière les coupoles, se trouvent les misérables cellules des Softas, à l' arrière-plan de la cour, un oratoire.
Dans le bain situé aux environs, Mourad I^^ ordonna de construire la mosquée de (Thazi-hounkiar, ouvrage singulier où se fait incontestablement sentir l'influence byzantine. I.,es arcades à deux étages de la façade rappellent l'art gothique : colonnes et ogives, avec des colonnades supportant de même des ogives petites au deuxième étage. Le feuillage des chapiteaux, aux formes si multiples, ne peut avoir été conçu par un artiste turc. Les parois des murs et les arcs sont formés de couches de pierres de différentes couleurs.
Les monuments turcs de Constantinople sont beaucoup moins caractéristiques que ceux de Brousse.
Le plus ancien s'élève à Rouméli Hissar, à l'endroit même où. jadis Darius construisit un pont lors de son expédition contre les Scythes. C'est là qu'un an avant la conquête de Constantinople, Mahomet II fit élever, en trois mois, malgré les observations de l'empereur Constantin, un château de forme bizarre ; les fondements furent établis de telle sorte que le plan représentait les caractères arabes formant le nom de Mahomet. Beaucoup de restes de l'architecture byzantine tels que colonnes, autels, furent employés sans égard à la construction des murailles, principalement dans la partie ouest de la citadelle. Ces débris provinrent surtout de l'éghse de vSaint-Michel située r/ar la côte asiatique. A cet endroit s'éle-
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valent précédeinment les prisons d'Ktat, les Tours de Léthé : elles furent abattues et les'matériaux employés également à la construction du fort de Mahomet. I<a citadelle s'étend depuis le bord de la mer jus(iue sur le sommet de la montagne ; les murailles couronnées de créneaux tombent maintenant en ruines, les tours rondes conservent cependant leur physionomie fière et provocante : le château reste donc, dans son ensemble, une des gloires du Bosphore et offre un sujet magnifique au peintre paysagiste. lycs embrasures paraissent encore menacer, mais, cachées dans une douce verdure, des demeures turques se sont élevées dans l'enceinte inviolable
Rouméli I lissar.
et montrent leurs toits riants par-dessus les murailles. De l'autre côté du canal, quatre tours écroulées témoignent de l'existence d'Anatoli Hissar, connu sous le nom de Château Noir.
Peu de temps après, Mahomet put tout à loisir penser à élever ses palais à l'intérieur même de la ville conquise. Le Sérail fut en partie fondé par lui ; ses successeurs et particulièrement Suléïman en continuèrent la construction. Ce n'est pas le Sérail d'aujourd'hui à la pointe de la langue de terre à l'entrée du port : Mahomet demeura lui-même dans un bâtiment s'élevant à l'endroit occupé aujourd'hui par le Ministère de la Guerre. Ce palais, disparu maintenant, devint la résidence des sultanes douairières de la dynastie, lorsque les souverains transférèrent leur cour à la pointe du Sérail ; aujourd'hui que le même changement s'est opéré vers les palais nouveaux du Bosphore, le Sérail a reçu la même destination : abriter les femmes des monarques décédés. I^e sultan n'y entre
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qu'une fois par an pour baiser le manteau du prophète, en plonger le bord dans l'eau et distribuer cette eau ainsi consacrée aux grands de la cour. Les incendies, l'incurie, l'établissement du chemin de fer à travers les jardins du Sérail en ont abîmé bien des parties ; cependant ce qui historiquement possède une certaine valeur est parvenu jusqu'à nous. I^e palais du sultan constitue à lui seul une partie de la ville, s'étendant avec ses parcs et ses maisons de plaisance sur toute la première colline ; tout autour, des murs couronnés de créneaux et défendus par des tours. Quelle dut en être autrefois la magnificence ! Maintenant les hirondelles
construisent leurs nids entre les balustrades dorées, les plafonds des salles ne reflètent plus qu'une image de désolation et d'incurie ; seules, quelques parties sont encore en bon état.
Que de souvenirs lugubres évoque cette vieille demeure ! Voici le mortier orr les têtes des grands en disgrâce furent impitoyablement broj'ées ; là, les chambres des soupirs où disparurent les parents gênants ; plus loin, la porte qui ne s'ouvrait que la nuit, pour laisser passer les cadavres des malheureux exécutés dans le Sérail et qu'on allait jeter à la mer, tandis qu'un coup de canon annonçait la chute de la victime et la joie des bourreaux. Lieux d'épouvante et de ténèbres ! C'est là, dit-on, que les belles sultanes en disgrâce étaient, pendant la nuit, cousues dans un sac et portées jusqu'au Bosphore où elles s'abîmaient dans les flots !
Ce n'est qu'après des formalités de toute nature que l'on peut péné-
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trur dans le v^érail, accompagné d'un ofticier d'ordonnance et traité comme hôte du sultan. Dans la première grande couir, le Platane des Janissaires, célèbre par les révolutions de palais, et autour duquel la soldatesque menaçante se rassemblait pour demander la tète d'un grand détesté, ne cédant pas avant que celle-ci leur eût été accordée et ([u'elle ornât la porte impériale, plantée au bout d'une pi([ue. Le vent siffle tristement à trax'crs les branches ; des couches de goudron empêchent le vieux tronc creux de tomber en poussière. ( )n arri\'e dex'aiit la porte de la deuxième cour où se trouve la pierre sur laquelle tous, pachas comme ambassadeurs, devaient autrefois descendre de cheval, pour continuer ensuite leur route