MOU uh' tenait rveillé, et elle n'était que trop fondée
-.44 au ilauy;(»r réel : j'étais livré, pieds et poings liés,, à
■>. iiniMuis invisibles, nouveaux compagnons de voyage
ui si'taiout jïroposiî de me faire payer un peu cher
iio>|ulalité qu'on me donnait malgré moi, et d'en pro-
ilcr pour tenter avec moi et à mes dépens un voyage
u K};yple, peut-être même jusqu'en Italie ou en France.
ii'uit'ux ct'Iui (pii habite sous le ciel étoile au bord des
iiissfaux ou birn sous sa propre tente dans le désert!
\\M\l qu'il fit jour, je donnai le signal du départ et
v" îMcuruis de ro lieu exécrable. A quatre heures du
iuUMi, nous rlievauchions dans la vallée, sous un ciel
laiispanMi! cl orné d'étoiles , mais aussi sous une rosée
lUi iMMopail nv>s v»Menionts comme l'eau d'un fleuve.
. lUr roséi* tv^t un des plus grands dangers pour les
Nov.utMus eu t>riiMil. l.e soleil vint bientôt nous sécher
i ih»uv iMi'pan'r eu revanche une jouniée des plus cui-
>.uju\s .Vmis rtiiMis sur les contins de la Samarie et de
a hixL'o i|uaud cet astre parut à Thorizon, dorant de
^\» i.iNiMK tvMiles ees collines, charmantes de formes
..al^ liu'M Iristes de muhté.
N^Mis iiMuhous aux campagnes de Silo (Jos. 18), où v'.'^ic auèia les sept ilernioivs tribus, leur li\Tant toute
Au moment où j'avais terminé de grimper la colline et où j'étais rejoint par mon cawas, une détonatkmî-sè fit entendre derrière nous^ et en même temps des cris assez forts parvinrent jusqu'à moi. Du lieu où je me trouvais, je ne pouvais rien apercevoin ^Mon cat^as ^et Hies mouckres parurent fort étonnés ^et semblaient croire à une attaque, à une surprise. Pour moi , ma première idée fut que les femmes maltraitées à la fontaine avaient ameuté ; contre nou^ les habitents du village voisin . Je commençai déjà à maudire l'impitoyable système que je viens d'expliquer, et à regretter de ma part une coupable condescendance, lorsque j'aperçus de loin mon pauvre drogman Antoine, que mes cavaliers soutenaient par les bras et ramenaient avec peine; il était extrêmement pâle et avait les mains ensanglantées. Il n'y avait eu ni Cimbat, ni attaqué; mais, si toute appréhension de cette nature avait disparu, Antoine n'en revenait pas moins blessé»; le malheureux était victime d'une insigne maladresse , et Cette maladr^se il en était l'auteur. Ayant iq[>efçu uû grand oiseau de proie posé sur un rocher, fl aivait pris le fusil d'un soldat turc, d'un cavaher de ootre esicort^, pour essayer son adresse; pendant qu'il vivait , la baguette de ce mauvais engin de guerre vint à sortir à moitié de la gaîne où elle. était renfermée; pour ne pas perdre de temps, Antoine, sans changer la posîtion de son fusil déjà à l'épaule, avait avancé la main ^liQhe-et fait rentrer cette baguette dans sa gfiîue, iwdisqiiie de l'autre main il touchait encore à la détente. Sd»s iiette pression involontaire, le coup était parti et ayait. enlevé le doigt du pauvre jeune homme; le poûtev à peu près détaché de la main, ne tenait plus qtie.piir un iambeau. Que faire en un lieu aussi éloigné de t0*t remède^? Je paiisai de mon mieux mon infortuné idrc^iaan^ que je voulus laisser aux soins d'une partie de mon escorte; mais, comme il était brave, il s'indigna à la pepsée^i^e rester en arrière. On le remit en selle, et nous continuâmes notre course , un peu attristés des suites de cette aventure.
par refuser ce que le chien dMnfidèle lui demande ou lui * tait demander. C'est son devoir. C'est en vain que vous faites briller à ses yeux les piastres et l'or, qui pourtant ont sur lui un si grand empire, comme chacun sait. Il est inilexible. Mais si, à bout d'arguments, vous employez avec énergie celui de la cmvache ou du bâton, aussitôt il vous accorde avec empressement ce qu'il vient de vous refuser; et, chose admirable, il se trouve transformé tout à coup en un mendiant qui vous tend la main et qui, au besoin, irai^ jusqu'aux larmes pour implorer une obole, une partie de la somme qu'il n'a pas voulu d'abord accepter. Yoici l'explication de cette étrange conduite, qu'un nouveau venu chercherait en vain à comprendraé Un vrai fidèle du coran ne doit pas pactiser avec un vil chrétien ; il doit môme lui refuser sans pitié tout ce qui
Courrait lui sauver la vie, tout ce qu'il lui demande, outefois , si l'enfant du prophète n'est pas le plus fort et qu'on lui fasse violence ; s'il n'est pas le maître à4 refuser ; s'il peut alléguer pour excuse qu'on allait lui faire violence à lui-même, le faire naourir, alors il est sans péché; il n'est pas libre; il n'a obéi que par contrainte ; sa foi est sauve et sa fidélité une fois mise hors de cause, il demande l'aumône, il s'humilie sans honte devant le chien de chrétien qu'il méprisait si fort.
Qu'on n'objecte pas ici quelques prescriptions du coran ou les habitudes de l'hospitahté : le coran ne transige jamais dans la question de foi, et l'Arabe n'est gé^ néreux dans son hospitalité que quand son ennemi est entré dans sa demeure. Singulier raisonnement que ceid qui fait qu'on accorde à la violence une chose juste qu'on avait d'abord refusée sans motif et contre ses intérêts! N'est-ce pas le cas de se rappeler que , dans une guerre récente, et sous les murs de Sébastopol, nos offeâers^ entre gens bien élevés, n'obtenaient les bonnes ' gtlices de nos étranges et orgueilleux alliés qu'en leur feisaiit une impolitesse au moyen de laquelle ils passaient, pour de vrais gentlemans?
Au moment où j'avais terminé de grimper la colline et où j'étais rejoint par mon cawas, uae détonationtse fit entendre derrière nous^ et en même temps des cris assez forts parvinrent jusqu'à moi; Du lieu où je me trouvais, je ne pouvais rien apercevoin^Mon cat^as et mes mouckres parurent fort étonnés "et semblaient croire à une attaque , à une surprise. Pour moi , ma première idée fut que les femmes maltraitées à la fontaine avaient ameuté contre nou^ les habitentsdu village voisin. Je commençai déjà à maudire l'impitoyable système que je viens d'expliquer, et à regretter de ma part une coupable condescendance, lorsque j'aperçus de loin mon pauvre drogman Antoine, que mes cavaliers soutenaient par les bras et ramenaient avec peine ; il était extrêmement pâle et avait les mains ensanglantées. Il n'y avait eu ni combat, ni attaqué; mais, si toute appréhension de cette nature avait disparu, Antoine n'en revenait pas moins blessé^; le malheureux était victime d'une insigne maladresse , et Cette maladresse il en était l'auteur. Ayant »i^tçn uû grand oiseau de proie posé sur un rocher, il a^ait pris le fusil d'un soldat turc, d'un cavalier de notre escorte, pour essayer son adresse ; pendant qu'il vivait , la baguette de ce mauvais engin de guerre vint à sortir à moitié de la gaîne où elle était renfermée; peur ne pas perdre de temps, Antoine, sans changer la position de son fusil déjà à l'épaule, avait avancé la main ^iicheet fait rentrer cette baguette dans sa gaîne, jh»idîs que <ie l'autre main il touchait encore à la détente. &^«s iielte pression involontaire, le coup était parti et ftYâit. enlevé le doigt du pauvre jeune homme; le potk^iy a peu près détaché de la main, ne tenait plus que par un Jambeau* Que faire en un heu aussi éloigné de t0«t remède?? Je partsai de mon mieux mon infortuné ilàrc^iaan^ que je voulus laisser aux soins d'une partie de mon escorte; mais, comme il était brave, il s'indigna à la- pensée .i^e rester en arrière. On le remit en selle, et nous continuâmes notre course , un peu attristés des suites de cette aventure.
l*an'>niH au vilh-i'? de Sinyil, où je pris pour mon •i«yun*T q<ll^^}ne:^ «ufe «Jurs que j*avais apportés avec imi. j\i<5urAi <i«> iR«*n mieux contre toute hémorrhagie K^ pf«;mi-r :«wi^iiKnl île in«>n blessé; et après quelques pr'^raiili'iiv> n«»us n^prînies aussitôt, notre course. Le ^<>|tMl 'tait aO'^aMant. k-X les ravins pierreux qui se suei:ÀLtir*iit sans iiit*>rru[ition causaient une grande fatigue à notrp pauvre malade.
>i'»us . ili»ns enc»»!e loin d'arriver au village d^El-Biré^ quand le *iwi *lr m^n escorte, «|uî restait toujours à mes Ci'ités. nr^irrêta pour me montrer du doigt à rhorizoo, sur le tlanc de la iJemière colline qui nous faisait face dans le lointain, un pc>int grisâtre au milieu d'un paysti^f rhli>uissant {virsa blancheur: c'était Jérusalem ! A/ A'Ws.' A/ AW.</ sécriait mon brave Turc. Je fis tous mes f'Iliirls pour voir quelque chose, mais mes yeux étaient éblouis, la ilistance trop longue, et je ne pus y parvenir. J eus ni^-me déjà quelque peine à distinguer It'S rnviruns de Héthanie, qu'il me montrait aussi et qui étaient [K»urtant beaucoup plus rapprochés de nous. Pour me ciins«jler, il alla cueillir quelques figues qu'il vint me présenter et que j'acceptai avec reconnaissance.
A El-ltirr, je lus reçu dans une masure en ruines, daii> une enceinte de quatre murailles, à ciel ouvert, au uiilien d'une viiifitaine de bédouins à figure sinistre, qui m'ullrirenl le café ainsi qu'à mon escorte et à tout mon mondé. Ils parurent s'intéresser au sort du malheureux Antoine, qui fut obligé plusieui's fois de raconter sa niésaventnie. Nous étions près des ruines d'une église, bâtie, dit-on, en l'honneur de saint Joseph, par l'empereur Constantin, dans le lieu même où l'Evangile raconte que les parents de Jésus, alors âgé de douze ans, s'aperçurent, dans la foule qui les accompagnait à leur retour de Jérusalem, que l'enfant, qu'ils croyaient reconduire à Nazareth, n'était plus avec eux. Dès le quatrième siècle, on vénérait déjà cette angoisse de la Mère de Dieu comme un des glaives les plus douloureux de Notre-Dame des Sept-Douleurs.
I^a coiUrée que nous traversons est. si bien la prwe des voleurs, et ils la cousidèrent ayec tant da bonne foi comme leur patrimoine obligé, que mes guides, me®; soldats et tous ces bédouins paraissent tous d'accord > entre eux et s'entendre comme latrrons et. commie. frères •« J'ai eu souvent l'occasion de faire remarquer que, avec la meilleure volonté du monde, il m'était impossible de faire une distinction quelconque entre mes gardes et les voleurs , entre ceux qui devaient me , défendre et ceux qui pouvaient m'attaquer.
On me présenta dans celte enceinte le chef de tous ces gaillards que ma présence semblait intriguer beaucoup et dont les yeux étaient très-occupés de ma personne. Il avait désiré qu'on lui fît, à lui ou à moi, je ne sais auquel des deux , cet honneur, et il voulut qu'on me racontât son histoire. Les histoires de brigands offrent toujours quelque intérêt; celle-ci avait son charme» C'était un petit homme, noir et assez trapu, dont la figure n'avait aucune distinction et pouvait cacher une grande fourberie. Il avait été jadis et assez longtemps, attaché en quahté de cawas, ou d'homme d'affaires, à la personne du patriarche latin, monsei-, gneur Valerga, de Jérusalem; mais un jour, fatigué de cette vie monotone et régulière qui ne lui offrait J3as assiez de chances de bénéfices, il aspira à une vie meilleure, à la liberté, et se voua à la recherche des voyageurs pour, les détrousser et les rançonner. Ce n'est que dafxs les fécits orientaux qu'on peut trouver des merrveillça de ce genre; le dernier chapitre, où la vertu recçjiji pu doit, recevoir sa récompense , fait souvent ressoi^^ir .l(?a avantagesi du métier de brigand sur ceux que peut, procurer un honnête emploi. Je ne sais ce qu'un teljhpjçpme. pensa de mon passage, et s'il ne regretta pas sinjÇ^î^e^t de ne pouvoir me piller; mais il lui fallut se., ponton ter,, de la modeste aumône avec laquelle je daignai^ paj^er sa tasse de café.
ijf^lai:^^ là Bientôt ces vieu^t G(>baonites qui avaient
^#Qmp9( iqiu§.(|ans M«««npide CU^gala: (JdtKife A^çocb je continuai ma route a^^.Limr^Di^rQs6em6nt:7()is pouvais d'autant moins maîtriser, que j'approchais toujours plus du terme tant désiré de mon voyage. J'étais, en effet, déjà arrivé dans ces lieux où, pour achever la déroute de ses ennemis, Josué arrêta le soleil dans sa course; quant à moi, l'astre qui brille sur ma tête et me fait sentir si rudement ses ardeurs, ne paraît pas disposé à m'attendre, et, comme je sais que Jérusalem ferme tous les jours ses portes avant le coucher du soleil, rien d'assez puissant ne pourrait m'arrêter ici : je n'y vois que des souvenirs que j'emporte avec moi.
Près de la fontaine qui a donné son nom à El-Biréj je trouve installés sous une tente deux Américains, un monsieur et une dame , qui ont le bon esprit de ne pas remarquer que quelqu'un, dans un pays où il est si rare de rencontrer des voyageurs, vient à passer à côté d'eux. Je traverse tous ces lieux illustrés par les exploits de David et de Jonath^, et je n'ai pas même la consolation, malgré des fatigues réelles et que je commence à ressentir vivement, de trouver un ombrage ou de tremper, comme ce dernier, ma baguette dans un rayon de miel pour en porter un peu à ma langue. Tout est désert autour de moi et d'une aridité désolante; plus j'approche de la cité que Dieu a maudite, plus la stérilité épouvante le regard : les collines et les plateaux se succèdent sans chemin, sans verdure, hérissés de pierres qui roulent sous les pieds des chevaux , et Jérusalem n'apparaît pas encore ! Des douleurs aiguës viennent, à chaque secousse, me torturer les genoux, et il faut bien que par raison je sois sans pitié pour l'excès de fatigue que m'a valu la combinaison par laquelle j'ai gagné un jour de marche. Un soleil sans pitié ajoute encore ses rayons les plus insupportables à cet horrible malaise d'un pauvre cavalier qu'une course semblable de quatorze heures eût certainement fatigué, même sur les plus belles routes de France.
Eofin, 6 hearéux terme de mon foyage, me voici kn ttamiet de la coIHne tant désirée.... La ville sainte est devaat moi.... Voilà Jérusalem !...
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