‹ Constantinople, Jerusalem et RomeChapitre 16 sur 63 · CHAPITRE LIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIU

La moBlafie des Olificn.— Le Credm» — LtPmttr. — Las lanMs ée et 11 traschée ëes BoaaiM. — Le aaaBd d riaeeuioB. — La tnce éas pieds de Jésw. — Lei adien et k ckl. — Le BBarelel le Tare — Le premier panorana da Boade. — La Ynafet el sos

Nous commençâmes alors à gravir les pentes assez abruptes de la montagne des Oliviers, et, à mesure que nous nous élevions, la ville de Jérusalem , bâtie en amphithéâtre sur l'autre versant de la vallée , se présentait à nous sous un aspect nouveau. Bientôt chaque pas que nous faisons sur les flancs de cette montagne nous rappelle un précieux souvenir.

Voici d'abord le lieu où les apôtres du Christ , avant de se séparer pour marcher à la prédication et à la glorieuse conquête du mbnde, composèrent cette formule simple et admirable de la foi chrétienne, le Credo, cette prière qui porte depuis dix-huit siècles le nom de Sym^ bole des Apôtres. L'hérétique, dans son désespoir, lui qui n'arrive à rien formuler qui ne soit aussitôt rejeté par la majorité de ceux qui se disent ses coreligionnaires, conteste l'origine de notre formule : il voudrait bien Murvenir à obscurcir la victoire la plus complète qui ait amais été remportée sur le mensonge et sur la négation. Mais de son côté le vrai fidèle se sent ici pénétré

de reconnaissance envers le Dieu de vérité, qui, à Faide de quelques pauvres ouvriers du lac de Tibériade, a maintenu ce symbole au-dessus de toutes les doctrines, au-dessus de toutes les erreurs. Oh! qu'il fait bon baiser cette terre d'où est sortie la parole de vérité, veritas de terra orta est! en répétant cette sainte et impérissable formule que les premiers témoins ou martyrs de la foi nous ont léguée! Des ruines amoncelées nous disent que les premiers chrétiens avaient consacré ce lieu par une église. Les murs ne sont plus; que dis-je? Le ciel et la terre eux-mêmes passeront et ne seront plus; mais notre foi est tout entière encore aujourd'hui; elle est si vive et si pure qu'il semble que les apôtres viennent de nous la transmettre et de nous parler à l'instant même.

Un peu plus haut, un lieu plus cher encore nous appelle et des amas de ruines , tout en nous l'indiguant, nous en rendent l'accès assez difficile; mais rien ne saurait arrêter le désir que j'ai de m'y rendre pour me reposer et y prier. C'est là que Jésus, dont les nuits se passaient si souvent en prière, enseigna à ses disciples la plus simple, la plus complète, la plus consolante de toutes les prières , cette formule d'oraison que l'Eglise apprend à ses enfants et leur fait répéter si souvent par jour le Pater. Qui osera aspirer à une prière plus parfaite, à mieux exprimer à Dieu, qui est dans le ciel, ses désirs et sa misère? Qui n'aimera à y étudier les besoins les plus impérieux de son âme? Heureux ceux qui l'entendirent ici de la bouche du divin Maître, et qui, émerveillés de tout ce qu'il disait de ravissant sur la prière , osèrent lui dire : « A aître, enseignez-nous à prier ! >

Voici un plateau admirablement propice au voyageur fatigué qui vient de Béthanie à Jérusalem. Là, tout Finvite à s'arrêter pour jouir du grand spectacle qu'il a sous les yeux. Je m'y repose donc un instant, en pensant aux larmes de Celui qui çst la joie des cieux. C'est en ce lieu que Jésus, descendant à Jérusalem, s'arrêta pour

pleurer sur cette ville coupable. Je ne puis ouWier ici que ces larmes et ces paroles de Jésus furent un de mes premiers souvenirs dans le sacerdoce, c'est-à-dire le texte d'une homélie que me donnèrent à composer et à déclamer comme étude mes maîtres vénérés , la première fois que je dus parler en public. Comment ce souvenir ne me serait-il pas précieux en ce moment ?

La place de ces larmes et de cette ineffable douleur a été marquée par les premiers chrétiens, et les terribles paroles qui annoncèrent, dans la bouche de Tauguste Vérité, l'inévitable, la cruelle vengeance des Romains, retentissent encore dans les échos de ces lieux et de ces ruines : « Tes ennemis t'enfermeront dans une enceinte; ils jetteront à terre ton cadavre et celui de tes enfants ; ils ne te laisseront pas ici pierre sûr pierre, parce que tu as ignoré le jour où le Seigneur t'a visitée. » Et voilà que le mur de circonvallation, élevé par les Romains autour de cette malheureuse ville , ainsi que le large fossé qui en faisait la ceinture, passa précisément au lieu où furent prononcées ces terribles paroles.... On se sent terrifié de cette coïncidence providentielle qui, en rappelant ici les paroles de Jésus au lieu où il les prononça , place sous les pieds du voyageur la trace d'une malédiction et d'une réalité aussi saisissante... Malheur à ceux qui, semblables à ce peuple endurci, marchent sans y penser vers l'accomplissement d'une autre malédiction , d'une autre prophétie, plus redoutable encore, faite au même jour et à la même heure que la première, à savoir celle qui nous annonce la dernière venue du Christ et que nous répétons tous les jours dans ces paroles de notre symbole : € D'où il viendra juger les vivants et les morts ! » Heureux celui qui pourra paraître avec confiance devant le Fils de l'homme !

Enfin nous arrivons au lieu même de l'Ascension, au sommet de la montagne où s'accomplit le glorieux mystère qui porte ce nom. Ce sommet domine au loin tout le pays. Sa hauteur, mesurée par Schubert, est de

2,556 pieds ou de 830 mètres. De l'autre côté de la vallée , la hauteur du mont Sion est de 2,381 pieds ou 773 mètres, et celle du mont Moriah n'est inférieur que de 34 mètres. Le Gédron lui-même est élevé au moins de 2,000 pieds c'est-à-dire de 650 mètres. Ces hauteui^ ou différences aideront le lecteur à comprendre ce que nous allons dire.

A côté d'un misérable village, on rencontre les ruines de l'église qui Ait bâtie sur les dernières traces de Jésus en ce monde. Ce lieu est en grande vénération aux Turcs eux-mêmes; que ne doit-il pais être pour les chrétiens? C'est d'ici que le nouvel Adam , le Dieu revêtu de l'humanité faite à son image et rachetée par son sang et par sa miséricorde, s'est élancé vers les régions éternelles, traçant à tous les élus le chemin qui mène à leur véritable patrie , la seule poiœ laquelle ils aient été créés, la seule qui les attend et qui puisse combler leurs désirs. Les murs de cette église sont encore debout , ainsi que les fragments de douze colonnes élevées en l'honneur des douze apôtres y le tout dessiné comme une assez vaste cour au milieu de laquelle se trouve un petit édicule ou petite chapelle enfermant la trace des pas de ^ Jésus. Par une disposition non moins pieuse qu'ingénieuse, la forme de cette antique église ne regardait aucun des points essentiels de l'horizon , mais était circulaire et n'avait ainsi d'autre direction que le ciel , à l'endroit même où Jésus s'était élevé et s'était dérobé dans une nuée aux regards de plus de cinq cents disciples. D'après la tradition et le témoignage de saint Jérôme, dans sa description des Lieux-Saints, la voûte de cette église , si tant est qu'elle ait jamais eu une voûte , n'avait jamais été fermée , propter Domini corporis meatum: à cause du passage du corps de Notre- Seigneur. On comprend que la piété des fiaèles ait toujours singulièrement désiré voir le ciel ouvert, là ou Jésus avait quitté la terre, çt au-dessus d'un lieu plus vénéré que le Thabor.

Dans la chapelle fort étroite qui se trouve au milieu de cette enceinte et dans laquelle nous obtînmes de pénétrer, nous ne vîmes rien autre chose qu'une pierre un peu saillante et grisâtre, sur laquelle est l'empreinte de l'un des pieds du divin Sauveur. Cette pierre, qui portait dans l'origine les deux empreintes, a été coupée par les Turcs, qui ont transporté l'une des deux traces dans leur mosquée d'Omar; celle qui reste semble avoir été imprimée par le pied droit. Les adorations et les baisers des fidèles ont en quelque sorte usé et défiguré cette empreinte, profonde encore d'un centimètre, mais dont les contours ne sont plus nettement arrêtés.

S'il est un lieu où l'âme chrétienne se sent détachée de la terre et aspire vers le ciel, c'est bien ici. Lorsque, après trois ans de séjour, saint Paul^juitta pour toujours le rivage d'Ephèse, qu'étaient donc les larmes et les gémissements de ceux qui , dans leur désespoir, se jetaient à son cou et ne pouvaient se séparer de lui , à côté de l'immense et irrémédiable douleur qui s'empara des disciples de Jésus, sur cette montagne des Oliviers, au moment où ce divin Maître les quittait pour toujours ? Qui donc pourra exprimer ce qui se passa dans l'âme de ces hommes qui ne connaissaient au monde que Jésus, qui lui avaient tout sacrifié et qui lui disaient un jour: a: Maître, à qui voulez-vous donc que nous allions? Vous seul avez les paroles de la vie éternelle! y> Aussi Jésus les avait-il préparés avec tendresse à cette cruelle, à cette grande douleur, quand il leur avait dit: :» Il vous est avantageux que je vous quitte. » Ce départ mystérieux leur assurait en effet la joie d'une récompense éternelle, la venue de l'Esprit saint, en même temps qu'il leur mettait au cœur le désir de s'en rendre digne par la prédication de l'Evangile et par le sacrifice de leur vie ; maïs que de joies ils perdaient... ^ que d'amour, que d'exhortations, que de vertus, que d'exemples allaient les abandonner! Oh! combien il dut, à partir de ce jour, leur tarder de mourir ! Quel ami fut jamais plus digne

de regrets que ce Dieu qu'ils aimaient, et quels hommes furent jamais plus fidèles que ceux qui l'aimèrent jusqu'à la mort et à qui Jésus avait donné le doux nom d'amis? Quelle amitié inspira jamais un dévoueihent plus héroïque? Sur le mont des Oliviers, au souvenir de cette glorieuse ascension du Fils de Dieu , l'âme se sent dégagée des liens de la terre, éprise d'amour pour Jésus ouvrant à tous le chemin du ciel, et prête à mourir pour vivre avec Dieu. Ici ce n'est pas seulement la pensée de l'immortalité, si sympathique aux premières croyances de l'homme , qui domine et entraîne; c'est encore et surtout le désir de voir, de posséder et d'aimer Dieu, dans cette patrie e où il essuie toutes les larmes, où la mort n'a plus d'empire , où le deuif, les gémissements , la douleur et le souvenir de toute amertume ne paraîtront plus. i> 0 séjour mille fois enchanteur pour l'âme exilée, que votre douce image revienne souvent à mes souvenirs et dans mon cœur!

Une mosquée, surmontée d'un haut minaret, remplace tout ce que la piété des premiers chrétiens avait élevé ici. On m'invita à monter au haut de cette tour, et j'en eus grande joie pour deux raisons : j'allais m'élever encore et faire quelques pas de plus sur la trace de Jésus, et en même temps j'allais jouir de la vue d'un panorama sans égal dans le monde entier. Le Turc qui nous introduisit moyennant finance dans sa demeure et qui nous fit si bien les honneurs de tout ce qu'il possédait, était plus riche en démonstrations de politesse et de bonne volonté qu'en toute autre chose. Sa demeure respirait un air de misérable pauvreté qui n'avait d'égal que sa malpropreté. De là-haut je voyais une de ses femmes, en guenilles et plus sale encore que sa demeure, occupée à faire de l'huile dans la cour principale de la maison. Evidemment le procédé de fabrication n'avait pas fait un pas depuis le temps d'Abraham. La femme, accroupie devant une pierre creusée en forme de bassin , tenait en ses mains une autre pierre moins grande et à peu

près ronde, à l'aide de laquelle elle écrasait par le frottement les olives qu'elle jetait dans ce grossier réceptacle. Du haut de cette élévation, un magnifique spectacle s'étend vers tous les points de l'horizon, et l'œil qui a une fois contemplé cette merveille , ne retrouvant nulle part un ensemble aussi admirable, restera éternellement en face dé ce souvenir. Pour peu que les faits bibliques reviennent ici à la mémoire, on voit se dérouler sous le regard l'histoire entière de l'homme. Au nord, je vois les champs de la Samarie et les collines d'Ephraïm , par où je suis arrivé , et dans lesquels se déroulèrent les premiers âges des patriarches : tout ce terrain , comme une mer agitée, est couvert de plis et d'ondulations jusqu'au mont Garizim et aussi loin que le regard peut s'étendre. A l'orient et au nord-est, une bande djs verdure ou longue traînée de végétation indique la vallée du Jourdain et sillonne les arides contrées où elle se dessine ; près de l'embouchure du fleuve on voit la plaine grisâtre et déserte s'élargir et il semble que là s'agitent encore toutes les nations dont parle l'Ecriture : ce fleuve, qui va d'une mer à l'autre mer , c'est-à-dire du lac de Tioériade au lac Asphaltite, porte avec son nom, que tous les peuples connaissent, un charme qui se mêle aux plus beaux récits de la Bible. Au sud-est, le lac fortement déprimé qui reçoit ses eaux , la mer Morte , repose au pied de la chaîne des montagnes deMoab, comme une glace étendue sous les feux du soleil , et son blanc reflet , mat et métallique, comme un bassin de mercure, jette l'âme dans une mélancolie qu'attriste encore le souvenir deg malheureuses villes de la Pentapole. Le ravin désolé et sauvage qui court de la vallée de Josaphat et du pied du Golgotha jusqtfà l'effrayante laure de Saint-Sabba et jusqu'au lac des justices de Dieu, retrace fortement dans l'âme l'effrayante image de la dernière justice, celle dont le jour a été annoncé par les anges aux apôtres de la Galilée, à l'heure même de l'Ascension du Fils de Dieu. La ligne de l'horizon , découpée sur un ciel de feu par

les montagnes de Moab , est adoucie , à cette heure du jour où je la contemple , par des teintes et des vapeurs mdéfmissables.

Le mont Nébo» qui domine tout cet horizon, et d'où les yeux de Moïse contemplèrent, avant de se fermer, le magnifique héritage dont il avait tant parlé à son peuple, cette Terre-Promise, jadis si fertile, aujourd'hui si désolée, est posé au miUeu de ces montagnes, comme le point que 1 ancien législateur ne devait jamais franchir, comme la Umite entre l'ancien monde et le nouveau , entre la promesse et la réalité, entre les figures du Messie et Jésus-Christ même. Au-delà, vers le midi et derrière la petite chaîne occidentale qui dérobe à ma vue le reste du bassin de la mer Morte, s'étend le désert et l'immensité. Quoiqu'il y ait d'ici à ce bassin un jour de marche, il me semble toucher du doigt tous ses rivages. Toujours au sud et au milieu de ces monts stériles qu'on appelle le désert de Juda, je vois la montagne. des Francs, et plus près encore l'heureuse colline qui porte le nom de Maison du pain , Beethlehem , consacrée par l'ineffable naissance de Celui qui est pour tous le Pain de la vie éternelle. A l'Occident, béni par le regard de Jésus mourant sur le Calvaire , la pensée seule voit et appelle au secours des chrétiens et de la Ville-Sainte les nations chrétiennes de l'Europe, qui, déjà tant de fois, se sont liguées pour la délivrance de ces belles contrées.

Mais ce qui attire surtout mon regard, c'est cette Ville- Sainte, Jérusalem, qui se montre d'ici tout entière, posée en amphithéâtre à mes pieds. Doucement incUnée vers l'Orient, et appuyée contre la plate-forme du mont Moriah , qui l'empêche en quelque sorte de glisser jusqu'au fond du torrent, elle me présente ses monuments, ses coupoles, ses rues, ses murailles, et, du lieu où je suis, je puis en compter toutes les maisons, dont l'ensemble parait si peu de chose à côté du vaste emplacement qu'occupait le Temple. En retranchant par la pensée la Jérusalem nouvelle, qui s'est groupée autour du

saint Sépulcre, dans les champs du Golgotha, pour ne voir que la partie construite sur les anciennes ruines, le regard s'étonne de remarquer que l'emplacement nu et rasé du Temple et de ses forteresses égale à lui seul en quelque sorte la ville tout entière. Au milieu de ce vaste et désolé parvis, un seul monument s'élève et attire tous les regards, c'est la mosquée d'Omar, plantée là sur la montagne des anciens sacrifices, comme une tente posée par les nouveaux Philistins , les fanatiques musulmans, les cruels dominateurs de ce pays. Parmi tant de minarets et de coupoles, l'œil cherche inutilement un dôme calhoUque : il ne voit que le Saint- Sépulcre.... et nous avons dit les impuretés qu'il abrite encore aujourd'hui. Ah! que bientôt la France, avec ses armes cathohques et glorieuses, fasse rentrer dans la Ville-Sainte et son nom et sa foi ; qu'elle place sur le sanctuaire même de l'Immacftilée Conception et de la glorieuse Nativité de la sainte Vierge, un monument digne de la vaillante protection dont toutes les nations lui reconnaissent encore le beau , le noble privilège ! Comment oublier ici ses anciens exploits ?

Il y a bientôt huit siècles que ses guerriers , parvenus pour la première fois jusqu'à cette montagne où je me trouve en ce moment , contemplaient d'ici la Ville- Sainte , mesuraient du regard la hauteur de ces murailles qu'il leur fallait abattre , et commençaient leurs opérations de siège par un acte de foi aussi robuste que celui des Hébreux autour des murailles de Jéricho. Qui ne les a admirés faisant en procession et en prières le tour de ces sanctuaires qu'ils venaient délivrer? En ce moment il me semble encore les voir partir des environs du Calvaire , au bruit des tymbales et des trompettes , précédés d'un grand nombre de prêtres, vêtus de blanc, et maixhant pieds nus, la tête découverte, après avoir jeûné pendant trois jours. Je vois le chemin qu'ils parcoururent depuis l'enceinte du nord jusqu'au tombeau de la Mère de Dieu, pour assister aux exhortations de

leurs chapelains, en ce lieu même où leur souvenir me poursuit. C'est ici que, à la voix de Dieu et en face de la rude besogne qu'ils allaient commencer, Tancrède et Raymond oublièrent leur vieille querelle et s'embrassèrent en présence des seigneurs et de toute l'armée, imités qu'ils furent par tous ceux qui portaient la Croix. Ces pieux et nobles exemples nous disent et nous rappellent en ce temps plus qu'opportun comment la France a mérité son titre de protectrice des Lieux-Saints et ce qu'elle doit faire encore aujourd'hui pour rester digne de cette mission.

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