‹ Constantinople, Jerusalem et RomeChapitre 26 sur 63 · CHAPITRE LXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIII

Les branches da Nil et les côtes de TÉgypte. — Alexandrie. — Les Dieux de rÉgypte. — Un désir impossible. — Clément d'Alexandrie. — Les Lazaristes.

— Le joor de la Toussaint. — Départ pour Malte. — Mgr Guillemin et le jeune Chinois. — Une langue universelle. — La tempête et la nuit. — Malte.

— Inscription anglaise.

Pendant que je suis agité par toutes ces pensées, nous côtoyons la Delta^ les bouches du Nil, la terre de l'Egypte, et. nous entrons dans les passes d'Alexandrie. On regarde toutes ces choses sans les apercevoir, tant elles sont affaissées sur elles-mêmes et au niveau de la mer. Ce sont des sables qui continuent au loin la plane surface des eaux. Le tout forme une côte dangereuse, composée de bas-fonds à travers lesquels on a posé des bouées de toutes les couleurs et où les pilotes du pays osent seuls s'aventurer. Encore ne le font-ils qu'à certaines heures , et pour rien au monde on n'obtient d'eux qu'ils servent de guides lorsque le soleil n'est plus sur l'horizon. Cette excessive prudence, en m'enlevant quelques heures de séjour, m'empêchera de profiter du chemin de fer qui m'eût conduit au Caire et aux Pyramides, en un seul jour, pour me ramener le surlendemain. Ce sera là encore une nouvelle et grande privation pour moi.

Alexandrie partage avec Smyrne l'honneur de rappeler

la France : on l'appelle le Marseille de rOrienl. Ce rapprochement ou cette ressemblance n'est pas en tout point à son avantage : il lui a été fatal sous le rapport de la construction et de la distribution de ses rues, beaucoup trop larges pour les ardeurs du soleil. Le viceroi d'Egypte, qui a singulièrement à cœur d'effacer en toute chose son seigneur et maître , le sultan de Constantinople , si mal logé dans Stamboul , a appelé à lui toutes les ressources de l'Occident pour embellir sa capitale d'Egypte. Or, c'est une étrange erreur à mon sens d'avoir remplacé les rues jadis étroites d'Alexandrie par de larges chaussées et d'immenses places où l'on n'ose affronter les rayons dusoleil. En fait de civilisation, les copistes n'ont pas toujours la main heureuse.

En dépit de ses quelques monuments chrétiens et de ses églises, cette ville, remplie d'étrangers des trois parties de l'ancien continent, aux costumes les plus variés, a des allures tout à fait païennes, et s'il fallait lui cher- *cher encore aujourd'hui quelque divinité de l'Olympe pour protectrices, des voyageurs mieux informés que moi affirment que l'honneur fâcheux d'une telle protection appartiendrait de droit à Sérapis et à Aphrodite , Je Dieu de l'argent et la déesse de la débauche. Gomme on le voit, les anciens dieux de l'Egypte n'ont point tous déserté leur première, leur splendide patrie, cette antique métropole de la Grèce, cette reine déchue de l'Orient.

A peine avons-nous mis le pied sur le quai près de l'arsenal, que nous sommes littéralement assaillis de propositions qui nous assourdissent les oreilles dans tous les langages de l'Orient. Une nuée de gamins , de portefaix, tous accompagnés d'un ou de plusieurs ânes, montés et chamarrés de selles brillantes, nous enveloppent et cherchent à nous entraîner. Heureusement que dans ce vacarme çà et là percent quelques mots d'italien qui me permettent d'exprimer le désir et même la volonté bien arrêtée de m'en aller à pied. Je déclare que

je veux descendre chez les Pères Lazaristes , et pn veut bien faire droit à cette juste requête. Nous cheminons le plus loin possible des regards du soleil, à. travers de larges rues dont la plupart ne sont point encore pavées, veillant tous sur nos bagages, nos ânes et nos porteurs; j'entre chez les bons Pères , dont les soins charitables vont, pendant trois jours de repos, me faire oublier toutes mes fatigues de terre et de mer.

Nous entrons dans Alexandrie, le jeudi 30 octobre, à l'heure où le convoi du chemin de fer emportait les voyageurs sur les bords du Nil, au Caire et aux Pyramides , pour les ramener le troisième jour. La tentation de visiter le Caire eût été irrésistible , et le lendemain eût été en effet une journée remplie de charme, de nouveauté , d'études pittoresques, si le Méandre avait pu se passer de pilote égyptien pour sortir des malheureuses bouées d'Alexartdrie, ou bien, skns manquer à sa feuille de route, attendre de quelques heurjBS, d'une heure peutêtre, le retour du convoi qui m'eût ramené le surlendemain. Mais rien de tout cela n'était possible et quelque minime que fût cette grâce, je n'avais plus le droit de la demander, même d'en témoigner le désir. Hélas! je n'étais plus qu'un simple voyageur dépouillé du prestige de sa belle mission, de son rôle de prince en Palestine, et il fallut bien me résigner à suivre la loi commune.

Je me contentai donc de visiter les aiguilles de Cléopâtre, la colonne de Pompée et ce qu'on trouve sur les ruines de la première et antique Alexandrie, couchée là dans la poussière près de sa sœur puînée, la capitale moderne. Ce que Stamboul est à la barbarie, l'Egypte l'est à Stamboul, et tout cela est encore à cent lieues d'un pays vraiment civilisé. La population est misérable, amaigrie par la souffrance et couverte de haillons. A côté des nouveaux quartiers , qui affectent insolemment la richesse et l'opulence des grands airs européens, on voit grouiller bien des misères et s'étaler bien des infirmités. Les marchés sont pauvres, sales et dignes de ceux

qui viennent s'y approvisionner. Il ne sera pas difficile à l'Algérie, dont le sol est aussi fécond et aussi infatigable que celui de l'Egypte, d'effacer bientôt et d'annuler une telle concurrence. Les deux merveilles de l'Egypte, qui relèveront sa gloire dans un avenir prochain qui sera bien supérieur à sa splendeur antique et bien au-dessus même des rêves orgueilleux du vice-roi actuel, sont le futur canal de Suez, toléré (il le faudra bien) par la superbe Albion , et la franche protection accordée au culte catholique par les Turcs eux-mêmes. C'est alors que ces fertiles rivages, encore endormis dans les ténèbres, se réveilleront comme animés du dernier souffle de saint Louis et comme vivifiés par sa prière ; ils se retrouveront dignes devant Dieu et devant les hommes des noms de Catherine, de Tertullien, d'Origène et de Clément d'Alexandrie, ce génie solide et chrétien qui entrevoyait si bien déjà, à travers les apothéoses des Césars et des dieux , que le monde n'avait plus de liberté possible que dans la pratique des vertus chrétiennes, et qui osait affirmer que les hontes de l'idolâtrie reculeraient bientôt devant la liberté de conscience et la foi des disciples de Jésus crucifié.

Je passai là trois jours dans la douce intimité du P. Bel et de ses aimables religieux, visitant leurs pensionnats, leurs hospices, leurs sœurs de Saint- Vincent de Paul, leur paroisse et toutes les œuvres dont ils sont chargés. Le jour de la Toussaint, j'eus l'honneur de célébrer solennellement les saints mystères dans l'église de ces bons religieux, qui sert de paroisse. J'étais sur la terre jadis brûlante d'amour qui, à la suite de Catherine, la vierge du Sinaï, a donné tant de chrétiens et de martyrs à Jésus, divin rédempteur de l'humanité: ma prière, pendant le saint sacrifice, montait de cette terre d'Egypte jusqu'au ciel, à l'heure même où la première messe catholique, depuis la conquête de Saladin, se disait à Jérusalem dans le sanctuaire de l'Immaculée- Conception, dans l'église Sainte- Anne. Nos actions de

grâce, convenues d'avance entre tous les cœurs français de Jérusalem, ainsi que les désirs les plus ardents de mon âme, se confondaient avec la prière et le sang de Jésus-Christ, dans son auguste sacrifice, pour appeler sur la France et sur son empereur les bénédictions les plus abondantes, afin que ma patrie fût digne encore une fois de servir la cause de Thumanité. C'est bien en vérité à cette heure que je ressentis le plus vivement la douleur de n'avoir pu demeurer à Jérusalem, et consacrer quelques mois de pins au charme de cet attrayant et si consolant voyage.

Le jour même de la Toussaint, à trois heures après midi, nous levâmes l'ancre et nous fîmes route vers Malte. Le temps avait beaucoup fraîchi, et les plus tristes pronostics des marins et des gens du peuple ne nous furent point épargnés. Ils se croyaient autorisés à nous faire les prédictions les plus sinistres, attendu, nous disaient-ils, que tout annonçait le mauvais temps et que nous allions passer sur mer la semaine des morts. Le chemin d'Alexandrie à Malte est assez long en effet, et il ne nous fallait pas moins de cinq jours, toute chose d'ailleurs étant favorable, pour arriver dans cette île. Depuis le samedi jusqu'au mercredi suivant, nous n'eûmes d'autre distraction en effet que le ciel et l'eau , qui combinèrent leurs ressources et leurs effets les plus désagréables pour nous occuper et nous distraire.

La température devint tout à coup assez froide pour faire recourir avec empressement tous ceux qui possédaient quelque chose à tous les vêtements dont ils avaient fait provision. Or, nous avions pris avec nous, dans le port d'Alexandrie, Mgr Guillemin, évêque et missionnaire de Chine, venu des Indes par la mer Rouge et se rendant à Paris pour les affaires de sa chrétienté. Malgré sa dignité d'évêque, ce prélat était bien le missionnaire évângéHque, simple, pauvre et semblable en toutes choses au portrait que Jésus-Christ trace lui-même de l'ouvrier du salut, quand il indique à ses disciples les provisions

de leur voyage. En effet, son costume léger et presque transparent, le défendait fort mal contre les rigueurs inattendues de ces indiscrets frimats, et chacun souffrait de voir ce pauvre missionnaire grelotter dans un tel dénûment. En revanche, la sérénité de son âme et la gracieuseté de sa parole faisaient un heureux contraste avec les dehors misérables de cette pauvreté , et chacun s'émerveillait de son amour pour fa souffrance, en le voyant repousser par un sourire les offres les plus généreuses. De tels hommes sont bien dignes de porter au loin la connaissance et l'amour de Jésus-Christ.

Mgr Guillemin avait avec lui, comme ami et coiùpaçnon plus encore que comme disciple, un jeune Chmois, âgé de dix-huit à dix-neuf ans, qu'il avait élevé avec soin, et qu'il destinait aussi à la conversion des âmes. Ce jeune homme, vrai chinois d'ori^ne et de mœurs, d'une taille ordinaire et d'une parfaite santé, était un enfant d'une naïveté charmante. Son costume étrange, et surtout respèce de couvre-plat qui lui servait de coiffure, attiraient tous les regards et devaient provoquer plus tard une bien plus indiscrète curiosité à son arrivée à Paris. Mgr Guillemin lui-même n'était pas sans avoir conservé de son séjour en Chine quelque chose d'étrange aussi dans son costume et dans ses manières ; l'appendice ou longue queue que les Chinois portent au sommet de la tête, et qu'il avait .conservée, lui eût presque donné un air risible, si ce prétendu ornement n'eût révélé d'une manière certaine dans ce héros chrétien la* résolution bien arrêtée de retourner prochainement en Chine courir de nouveaux dangers et peut-être même celui du martyre.

Ce bon missionnaire m'ayant prévenu qu'il avait enseigné la langue latine à son néophyte , je saisis avec empressement cette occasion de lier conversation avec notre jeune Chinois, et, pendant une heure, nous nous entretînmes de la Chine, sa patrie, des pays nombreux qu'il venait de parcourir, de la France qu'il allait voir.

Notre jeune touriste m'avoua sans détour que, de toutes les choses surprenantes qu'il avait vues ou qu'il allait voir, rien ne piquait autant sa curiosité et n'appelait autant ses désirs que la France et sa capitale , dont on lui avait raconté tant de merveilles et qu'il entrevoyait la nuit dans ses songes. Notre longue conversation produisit un singulier effet sur les passagers de ma connaissance, étonnés que j'eusse dissimulé si longtemps et jusque-là la possession de la langue chinoise, une des langues les plus difficiles de la terre. Ils s'imaginaient, et qui n'en eût fait autant à leur place, que notre conversation avait été faite dans le langage naturel à ce jeune homme; et, quand je leur fis connaître la vérité, leur étonnement devint plus grand encore qu'un Chinois aussi jeune fût en état de lier conversation en latin et qu'on pût si facilement, par un moyen aussi simple, conimuniquer ainsi avec tous les peuples de la terre. C'est qu'en général on ignore toutes les ressources qui se trouvent dans la grande famille catholique; c'est que l'Eglise, précisément parce qu'elle est catholique, aspire à confondre tous les peuples dans un même langage et dans un même amour. Elle se rappelle le jour où la terre, selon la belle expression de l'Ecriture, erat labii nnius, n'avait qu'un seul langage et, en attendant le jour éternel où tous ses enfants seront confondus au ciel, dans un même amour, elle leur fait entendre dans ses temples sur la terre un langage qui est le même pour tous, des hymnes, des accents et deè chants de fête qui partout réveillent dans l'âme du chrétien, qui les écoute sur la terre de l'exil, le souvenir de la patrie et ravivent les premières impressions toujours si aimées de l'enfance. Cette rencontre et ces douces causeries vinrent faire une heureuse diversion aux ennuis d'une telle traversée.

Le mardi, le temps jusque-là froid et maussade devint affreux. On tenta en vain de faire tenir quelque chose en place ou de prendre quelque nourriture; tous les moyens connus étiaient devenus insuffisants. L'expérience

même des plus habiles fut en défaut. Dans un fort roulis, précipité la tête contre la muraille du salon , je donnai involontairement par maladresse une alerte à tout l'équipage, qui me crut sinon mort au moins grièvement blessé. Rien de tout cela n'était vrai heureusement. Nous commencions déjà à nous trouver bien à plaindre, lorsque les plus habiles nous prévinrent que ce grand ' roulis n'était que le prélude d'un temps plus mauvais encore. Hélas! ils n'avaient que trop bien prédit. Des ténèbres épaisses , un orage déclaré , accompagné d'un fort embrun et d'un vent furieux, tinrent le capitaine et l'équipage en éveil et debout toute la nuit; pas un passager ne trouva un instant .de sommeil. Plusieurs fois, malgré le tumulte' des flots et en dépit d'un fort mauvais lit , beaucoup trop long et dans lequel je ne pouvais tenir en place, je commençai à m'endormir harassé de fatigue ; mais chaque fois je fus réveillé ou par des cris ou par le bruit de quelque portion du mobilier qui roulait avec fracas dans l'entre-pont. C'était bien le cas de songer à la tempête qui faillit engloutir l'apôtre saint Paul dans ces mêmes parages , tempête racontée dans l'avant -dernier chapitre des Actes des Apôtres. Nous n'en étions pas encore réduits, comme on le vçit dans ce récit, à tout jeter à la mer; mais qui n'e.ût désiré qu'un ange vînt aussi nous rassurer et nous dire comme à saint Paul : « Ne crains rien, Paul ; il faut que tu paraisses devant César, et voilà pourquoi Dieu t'a accordé la vie des compagnons de voyage qui sont dans le vaisseau avec toi. d Les astres du ciel nous faisant aussi défaut, nous n'étions pas sans préoccupation au sujet du fameux écueil connu sous le nom bizarre de Ouvrerœil, et qui est désigné avec beaucoup d'incertitude sur les cartes marines, probablement pour les raisons dont j'ai déjà parlé en passant là première fois dans l'Archipel. La plus grande préoccupation des officiers du bord était l'obscurité de la nuit, qui pouvait nous jeter à la rencontre d'un vaisseau quelconque allant de Malte à

Alexandrie. Plus nous approchions de Malle, plus il était pénible d'avoir à redouter des accidents, quelque peu désagréables qu'ils fussent, à une distance aussi rapprochée du port. Le capitaine faisait bonne contenance ; mais personne n'avait assez d'autorité parmi nous pour rassurer nos compagnons et leur dire, comme saint Paul aux deux cent soixante-seize passagers qui l'accompagnaient sur son vaisseau d'Alexandrie : « Je vous exhorte à rompre votre jeûne et à prendre tranquillement votre nourriture ; aucun de vous ne perdra même un de ses cheveux. y> Toutefois plus heureux que le ^vaisseau égyptien , qui , après avoir perdu ses vivres et ses ancres , se perdit lui-même , l'île de Malte s'offrit à nos regards dès les premières lueurs du jour, et nous entrâmes le mercredi matin, sains et saufs, dans le port de la Valette. .

Le vent, toujours furieux, soulevait encore les vagues, mais l'horizon s'était éclairci , et le soleil resplendissait dans un air pur de tout l'éclat de ses feux. Nous pouvions contempler à notre aise cette montagne de roc , dont on a fait une ville , et dont les arêtes , descendant jusque dans les flots, forment deux ports et plusieurs abris sûrs et solides, protégés avec luxe contre les efforts de la mer et contre les attaques des hommes. Je me laissai guider par mon compagnon de voyage , le chanceUer du patriarchat de Jérusalem , avec qui j'allai descendre à l'hôtel de la Croix de Malte. Quand on arrive de l'Orient, les yeux et le cœur affadis par toutes les ruines qu'on a foulées aux pieds , le regard fatigué de toutes ces populations malades, impuissantes ou endormies , c'est avec une surprise mêlée d'une bien douce joie qu'on entre dans cette cité de Malte et que la vue se repose sur ses maisons blanches, solidement et magnifiquement bâties, ses rues réguHères et bien pavées, ses magasins, ses trottoirs, ses édifices pubHcs. Le peuple qui anime les places et les rues est robuste et iqtelllgent et je n'ai vu nulle part une population plus

belle et plus vigoureuse. Les femmes surtout sont remarquables et elles portent fièrement, comme pourraient le faire des Espagnoles , la mantille ou voile qui leur couvre la tète et les épaules. Après ce que je venais de voir, ce spectacle fit impression sur moi. Je conseille à ceux qui doutent encore de l'influence du Coran ou de l'Evangile sur les destinées de la femme, de venir en juger ici. Il n'y a qu'un pas de Malte à la côte de Syrie.

Les troupes anglaises qui tiennent ce peuple sous le joug ont aussi un cachet remarquable de distinction et de puissance ; j'ai vu rarement, même en France, de

f)lus beaux soldats ; mais on n'a pas fait cent pas dans a ville qu'on reconnaît une force étrangère à toute sympathie populaire, une force qui commande à une population trop fière pour se plaindre et qui ne sera jamais volontairement soumise. Les souvenirs français des beaux jours de l'ordre de Malte , le respect profondément chrétien des Maltais pour Rome et pour son Souverain Pontife , sont à tout jamais, entre Malte et l'Angleterre , un mur de séparation, un obstacle insurmontable. On ne le sait que trop , l'Anglais sera partout l'ennemijrréconciliable de tout ce qui appartient de cœur à Rome et à la France. Aussi quel est le Français qui , en arrivant sur la place du palais, n'a détourné avec indignation les yeux de cette inscription latine et menteuse :

MAGN^ ET INVICT^ BRITANNIiE

MEUTENSIUM AMOR ET EUROPiE VOX ,

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