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CHAPITRE IV

Un des premiers soins de ce prince fut de purger ses états, et surtout la ville impériale, des hérésies qui s'y étaient établies. Déjà, par un célèbre édit, daté de Thessalonique, et adressé aux habitants de Gonstantinople , il avait ordonné à ses peuples de suivre, sous peine de la rigueur des lois, la foi de l'Eglise romaine enseignée par le pape Damase. Cet édit, d'abord exécuté dans la ville impériale, devait de là passer promptement dans toutes les autres villes de l'empire. Mais pour seconder les vœux du monarque, il fallait un autre secours que celui des lois et de la force : c'était un homme de Dieu, un saint, puissant en paroles et en œuvres. La Providence l'amena dans la grande cité. Arrêtons - nous ici un instant pour contempler sur les rives du Bosphore une des plus vénérables figures de l'antiquité chrétienne.

Il est des noms qu'entoure une auréole de respect , parce qu'ils rappellent l'heureuse alliance de la vertu et du génie , les deux plus grands biens de l'homme ici-bas : tel est le nom de saint Grégoire de Nazianze. Cet illustre Père de l'Eglise, surnommé le Théologien, naquit vers Tan 320, près de Nazianze, petite ville de la Gappadoce; son père et sa mère , dignes d'un tel fils , sont tous deux honorés d'un culte public. Après avoir étudié à Gôsarée (Je Palestine, à Alexandrie d'Egypte, le jeune Grégoire fréquenta les écoles d'Athènes , où sa rencontre avec Basile de Gésarée fournit à ces deux grands hommes l'occasion d'offrir un modèle de la plus pure et en même temps de la plus tendre amitié1. En retournant dans sa patrie,

1 « Nous ne connaissions dans cette ville, dit -il, que deur

Grégoire , passant par Constantinople , eut la joie d'y trouver son frère Césaire, qui par son mérite, ses talents et surtout ses vertus , occupait la première place dans l'estime publique et parmi les médecins de l'empereur. Césaire exerçait en saint sa noble profession, et l'Eglise a placé sur ses autels ce pieux médecin de Constantinople, avec son illustre frère et leurs pieux parents.

Ce fut en vain qu'on s'efforça de retenir Grégoire dans cette capitale, seul théâtre, lui disait-on, digne de ses talents et de sa gloire. « Que m'importent la gloire et la fortune ? répondait le jeune homme ; je ne veux vivre que pour Dieu ; il saura bien me rendre ce que j'aurai quitté pour lui. »

Revenu dans sa famille, et baptisé des mains de son père, alors évêque de Nazianze, Grégoire, une fois marqué du sceau divin, se regarda en effet comme appartenant tout entier à Dieu. Passionné pour la retraite et le silence , il s'était décidé à aller rejoindre Basile , son ami , qui vivait dans la solitude. Là, ces deux grands hommes, comme autrefois à Athènes , rivalisèrent encore de veilles , de jeûnes, de bonnes œuvres et d'amour pour l'étude et la prière. Mais Grégoire ne resta dans la solitude que le temps nécessaire pour apprendre à la regretter. Rappelé par son vieux père, qui le priait de revenir auprès de lui pour l'aider dans le gouvernement de son diocèse, il fut ordonné prêtre, comme malgré lui, le jour de Noël de l'an 361 , à l'âge de plus de trente-cinq ans. Sacré

< hemins : l'un qui conduisait aux églises, et l'autre aux écoles publiques.

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