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CHAPITRE IV

èvêqve quelques années plus tard, Grégoire donna alors l'exemple touchant, el peut-être unique dans l'histoire,

d'un fils eoadjuteur zélé de son père dans les fonctions de l'épiscopat. Après la mort du vénérable vieillard, dont Grégoire prononça lui-même l'oraison funèbre, il voulait se retirer dans sa chère solitude ; mais pressé de ne point abandonner l'Eglise de Nazianze, il y resta quelque temps encore , jouissant des honneurs et supportant les charges de l'épiscopat. Retiré ensuite à Séleucie, métropole de llsaurie. il vivait oublié dans cette ville, essayant de rétablir sa santé affaiblie , lorsque sa renommée , qu'il cherchait vainement à cacher, le fit appeler dans la capitale de l'empire.

L'arianisme , qui depuis quelque temps ceignait tout à la fois le diadème des empereurs et la mitre ôpiscopale, exerçait ses fureurs avec le plus vif acharnement. Mais à la mort de Valens, la persécution étant enfin arrêtée et la paix rendue à l'Eglise, il s'agissait de réparer les ravages causés par l'hérésie. Les évêques catholiques, rassemblés dans ce but, résolurent d'envoyer dans les provinces les plus affligées des hommes aussi distingués par leur science que par leur zèle et leurs vertus. Entre tous ces hommes, qui n'étaient point rares alors, Grégoire, comme un flambeau éclatant, brillait par son éloquence et sa piété. Or l'Eglise de Gonstantinople, gémissant depuis quarante ans sous la tyrannie des ariens , avait reçu les plaies les plus profondes ; tous les yeux se tournèrent donc naturellement vers l'illustre ami de saint Basile, qui seul, par sa grande âme, paraissait capable de remédier

à de si grands maux. Grégoire, pressé de toutes parts, partit pour la ville impériale , qui devint dès lors le théâtre de son infatigable et sublime apostolat.

Un petit nombre de catholiques restant dans la grande cité, était comme un troupeau errant sans bercail et sans pasteur. Grégoire le réunit dans la maison d'une de ses parentes, qu'il transforma en église, à laquelle il donna le nom iïAnastasie , c'est-à-dire résurrection. C'était là que le Saint, par de solides et éloquentes instructions, voyait avec joie s'accroître son petit troupeau. Chaque jour lui amenait de nouveaux auditeurs, qui devenaient bientôt de nouveaux fidèles. Vainement, outrés et furieux, les ariens et les autres hérétiques lancent -ils contre lui le venin de leurs discours , s'eiïorcent-ils de le noircir par les plus atroces calomnies, ou même le poursuivent-ils à coups de pierre, le Saint souffre tout avec une admirable patience et une angélique résignation. Las de persécuter un homme dont on disait tant de bien, les hérétiques et les païens cédèrent enfin à la curiosité d'aller aussi l'entendre. Tous sortaient enchantés de son éloquence, et la plupart, ouvrant les yeux à la lumière, rentraient dans le sein de l'Eglise. Mais au milieu de ses triomphes, le Saint s'affligeait des applaudissements que provoquaient ses discours. Il redoutait le poison de la vainc gloire, et sa parole, qui frappait comme la foudre, était quelquefois, dit-on, presque tremblante et embarrassée. Pour lui, il n'avait qu'un but : c'était de faire briller la foi catholique au milieu du chaos des erreurs dont l'avait enveloppée l'hérésie. Il combattait aussi le scandale et la dissolution

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