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CHAPITRE IV

Celui qui, par sa science et par sa charité, était comme le soleil de la ville impériale, Grégoire de Nazianze, voyant ><>n élection combattue par les évéques d'Egypte et de Macédoine arrivés plus tard au concile, se leva un jour du milieu de l'assemblée où se manifestait une grande fermentation, et s'écria : « Puisque mon élection cause tant de troubles, je consens à subir le sort de Jonas; qu'on me jette à la mer pour apaiser la tempête , quoique je n'aie rien fait pour l'exciter.... Jamais je n'ai eu le désir de devenir évéque; si je le suis, c'est malgré moi. Si donc il vous paraît expédient que je me retire, ce sera un bonheur pour moi de retourner dans ma solitude; puisse l'Eglise, à ce prix, jouir enfin de la concorde et de la tranquillité ! » Grégoire avait trouvé l'église de Constantinople dans un déplorable état : il la voyait presque florissante, il en rendait grâces à Dieu. Obligé de s'arracher à cette église de sa création et de son amour, il lui fit, dans l'église de Sainte-Sophie, ces adieux pathétiques qui ont retenti jusqu'à nous. Il passa la fin de ses jours dans sa retraite de Gappadoce, composant ces admirables ouvrages qui aujourd'hui encore attestent la beauté de son

lie, ou chantant, car il était poëte, l'inconstance des amitiés humaines, le bonheur de la fidélité dans le commerce de Dieu et la beauté de la vertu '.

1 Saint Grégoire de Nazianze mourut en 389, âgé d'environ soixante-dix ans. On sait de quels trésors enrichit les saintes lettres cet illustre docteur, surnommé le Théologien. En 950 , l'empereur Porphyrogénète , fit transporter ses reliques de Nazianze à Constantinople , où elles furent déposées dans l'église des Apôtres. Transférées à Rome au temps des croisades , elles sont encore sous un autel de la basilique de Saint-Pierre.

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Théodose continuait de régner à Constantinople , toujours occupé à confondre l'hérésie, à réprimer les désordres qui s'étaient glissés dans son empire ; s'efforçant en même temps de donner à ses peuples une paix durable, et d'assurer leur bonheur en travaillant au triomphe du christianisme. Les nombreux édits qu'il publia témoignent de son zèle infatigable. Ce grand prince, après avoir rétabli Tordre et la discipline dans ses états par des ordonnances sévères, fit éclater sa douceur et sa piété par une loi de grâce et de pardon. Confirmant par un édit une coutume pratiquée par Constantin et ses fils, il commanda d'ouvrir les prisons aux fêtes de Pâques, afin de relâcher les criminels en ce jour où s'était achevé le mystère du salut des hommes. Il ajoutait ces paroles, si dignes, suivant saint Chrysostôme , d'un empereur chrétien : « Plût à Dieu que je pusse ouvrir les tombeaux aussi bien que les prisons, et redonner la vie aux morts comme je la donne aux vivants, en leur pardonnant leurs crimes. »

L'impératrice Flaccille, la digne compagne de Théodose. la mère et l'amie des malheureux à Constantinople , appelle ici un pieux souvenir. Entre sainte Hélène et l'illustre Irène, nous voyons briller sur le trône d'Orient, par l'éclat de leurs talents ou de leurs vertus, quelques femmes, dont Flaccille, l'Espagnole, de la famille d'Adrien, peut être regardée comme la première. La charité fut la compagne fidèle de sa vie , trop courte pour le bonheur de son époux , qu'elle aidait de ses conseils , et pour celui des pauvres , des malades, des infortunés qu'elle visitait, servait, pai. sait elle-même dans les hôpitaux et les prisons. A. la nou-

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\ elle de la mort de celle princesse, toute la ville fut en

ùl, les pauvres fondaient en larmes. Théodose fit transportar son corps, du bourg de la Thrace où elle avait cessé

vivre, à Constantinople , et lui fit rendre de magnifiques honneurs. Grégoire de Nysse, qui prononça l'éloge funèbre

Tlarcille en "présence de l'empereur, l'appelle « la colonne de l'Eglise, le trésor des pauvres et l'asile des malheureux. » (383).

Théodose, déjà, avant de monter sur le trône, victorieux des Quades , des Marcomans et des Wisigoths, acheva la soumission de ces derniers peuples. Par sa conduite généreuse envers leur roi Àthanaric, il s'en fit d'utiles auxiliaires. Vainqueur de Maxime, tyran et usurpateur des I latries, vainqueur du franc Arbogaste et du rhéteur Eugène, •jue ce traître avait fait saluer empereur après ïe meurtre de Valentinien n , Théodose s'était aussi montré vainqueur de lui-même, en pardonnant, à la prière de Flavien, aux habitants d'Antioche, soulevés contre lui. Par la mort de Valentinien, il se trouva seul maître de l'empire (394). Théodose avait atteint le but de ses efforts. Le paganisme abattu, ses temples détruits, et le christianisme régnant à Rome comme à Constantinople et dans les province de l'empire : que manquait-il à sa gloire? Ce fut alors et au moment où il espérait sans doute voir le monde jouir des biens qu'il lui avait acquis, que ce monarque termina

carrière à Milan dans sa cinquantième année. Il mourut entre les bras de ses deux fils Honorius et Arcade, auxquels il avait partagé l'empire. Il venait de leur adresser belles paroles : « Vous devez vous distinguer de vos

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sujets plus par la sagesse et la vertu que par l'autorité.... On ne mérite pas de commander aux hommes si l'on a'a appris à obéir à Dieu. » (Juin 395.)

Théodose, aussi grand dans la paix que dans la guerre, lit tous ses efforts pour réparer les maux de l'empire parune sage administration; il ne put cependant que retarder l'instant de sa ruine; elle commença sous ses deux fils. Digne du nom de Grand , il jouirait d'une pure gloire , si l'heureuse éloquence d'un nouveau Flavien avait pu sauver Thessalonique comme Antioche , et arrêter les flots de sang dont les larmes amères qu'Ambroise fît répandre à l'empereur n'ont point effacé les taches aux yeux de la postérité.

De la mort de Théodose ier, date le partage complet et définitif de l'empire. A cette époque s'ouvre l'histoire proprement dite de l'empire d'Orient.

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