‹ ConstantinopleChapitre 21 sur 97 · M C ON S T A N T 1 N 0 I> L E · texte numérisé non relu

M C ON S T A N T 1 N 0 I> L E

s'embarque et passe en Bithynie. Dans son exil à Gueuse, les peuples , les moines , les verges accourent à lui ; tous s'écrient : « Mieux vaut que le soleil perde ses rayons que Bouche d'or ses paroles. »

« Tout banni qu'il était, les ennemis de Chrysostôme le redoutaient encore et sollicitèrent pour lui un exil plus lointain. Il fut enjoint au confesseur de se transporter à Pytronte, sur le bord du Pont-Euxin. Le voyage dura trois mois , les deux soldats qui conduisaient Chrysostôme le contraignaient de marcher à la pluie ou à l'ardeur du soleil, parce qu'il était chauve. Quand ils furent passé Gomane, ils s'arrêtèrent dans une église dédiée à saint Basilisque, martyr. Le Saint se trouva mal; il changea d'habits , se vêtit de blanc , communia , distribua aux assistants ce qui lui restait, prononça ces mots qu'il avait ordinairement à la bouche : « Dieu soit loué de tout ; » puis il dit le dernier amen ! . »

Ainsi mourut dans la dixième année de son épiscopat et la soixantième de son âge (14 septembre 407), l'illustre Père de l'Eglise grecque, qu'on a surnommé l'Homère des orateurs, celui dont l'incomparable éloquence réunit les mérites de Démosthènes et de Gicéron. Il est glorieux pour Constantinople d'avoir été le théâtre de son zèle et de sa charité. Quarante années après sa mort (448), ses restes, par les soins de saint Procle, son légitime successeur, étaient solennellement transportés dans la ville impériale, et reçus avec une grande piété par

i Pallad. Dialorj. de Vità S. Chrysost. Chateaubriand, Etudes historiques.

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