CHAPITRE V
la Vierge Mario Mère de Dieu , tonte la ville d'Ephèso tressaillit d'allégresse el retentit du nom et des louanges de Cette divine mère. L'écho de ces louanges aurait retenti aussitôt sur les bords du Bosphore, si les hérétiques, gardant les vaisseaux et les chemins, n'eussent retenu quelque temps la vérité captive. Enfin Dieu lui donna la force de surmonter toutes les cabales formées contre elle. Un député, déguisé en mendiant, porta la véritable relation du concile, enfermée dans le creux d'une canne, et pénétra dans le palais impérial. La ville de Gonstantinople , instruite de tout ce qui s'était passé à Ephèse , fit alors elle aussi éclater ses transports , et paya son tribut de louanges à l'auguste Mère de Dieu, son insigne patronne. Quant à Nestorius, l'indigne héritier du siège qu'avait illustré Jean Bouche d'or , il fut relégué dans un monastère d'Antioche , puis exilé en Egypte , où quelques années après il mourut misérablement.
Théodose étant mort sans postérité (450), Pulchérie, la plus proche héritière de la couronne , prit les rênes de l'empire. Se voyant chargée seule d'un si lourd fardeau , elle choisit un ( époux capable de gouverner l'état, et digne en même temps d'être le gardien de sa virginité , qu'elle avait consacrée à Jésus-Christ. Elle le trouva dans le sénateur Marcien, aussi religieux que brave, dont le nom est resté associé au sien dans l'estime et la vénération des peuples. Par leurs soins furent bientôt réparés les maux du règne précédent. Le pape saint Léon ayant envoyé quatre légats à Constantinoplc , Pulchérie et Marcien les accueillirent avec grande joie el affection. Un
concile général fut convoqué à Chalcédoinc (451); on y condamna l'eutychianisme et ses partisans ; la déposition de Dioscore , patriarche d'Alexandrie , mit le sceau à la paix de l'Eglise1. Marcien, comme autrefois Constantin à Nicée, étant venu dans cette assemblée, non pour gêner les suffrages, mais pour appuyer de l'autorité impériale les décisions du concile , tous les évoques s'écrièrent : Vive le nouveau Constantin , vive le religieux empereur et l'impératrice orthodoxe ! Longues années , règne heureux à Marcien , ami du Christ !
Un des canons du concile était ainsi conçu : « Les Pères ont eu raison d'accorder au siège de Rome ses privilèges, parce qu'elle était la ville régnante. Ainsi les cent cinquante évoques 2 ont jugé que la nouvelle Rome (Constantinople), honorée de l'empire et du sénat, doit avoir les mêmes avantages dans l'ordre ecclésiastique , et être la seconde après elle. » C'était à la réserve de la primauté , attribuer autant à l'Eglise de Constantinople qu'à celle de Rome. Ce canon, vivement combattu par les légats du Saint-Siège , par saint Léon et par ses successeurs, n'accordait dans le fond aux évoques de la ville
' Eutychès, abbé d'un monastère près de Constantinople , en voulant combattre le nestorianisme , tomba dans une hérésie opposée. Il enseigna qu'il n'y avait en Jésus-Christ qu'une seule nature après l'Incarnation. Cette nouvelle erreur n'excita pas moins de troubles que celle de Nestorius. Chrysaphe, l'un des ministres de l'empereur, soutenait le novateur de tout son crédit. Il gagna Théodose, lui-même, qui, l'an 449, convoqua ce concile d'Ephèse, connu dans l'histoire sous le nom de brigandage d'Ephèse, à cause des violences qui s'y commirent.
2 Du concile de Constantinople, tenu l'an 381.