CHAPITRE VI
unis aux Perses (625), voit deux ibis les fougueux disciples de Mahomet s'approcher de ses rivages (671 et 678)/ Mais son heure n'est point venue ; près de huit siècles s'écouleront encore depuis ces premières apparitions des Musulmans aux portes de Byzance jusqu'au funeste jour où le Croissant remplacera sur ses murs la Croix qu'y planta Constantin.
Après Jus lin n , qui ne put défendre la haute Italie contre les Lombards et se rendit odieux par ses cruautés , on voit sur le trône Tihère , surnommé Constantin , dont le règne trop court ne fut pas sans gloire par des victoires sur les Perses et sur les Avares , et par le bon gouvernement des peuples. Les autres princes les moins nuls de cette période de cent quarante années , sont Maurice , Héraclius et Constantin Pogonat.
Maurice (610-641) rétablit Chosroès n, roi de Perse , expulsé par ses sujets , défendit l'Italie contre les Lombards , et se défendit lui-même contre les attaques et les perfidies du roi des Avares. Au milieu de ses exploits et de ses triomphes , il commit une grande faute , qui fut la cause de ses malheurs : il refusa de payer la rançon de plusieurs milliers de soldats tombés entre les mains des ennemis , et le chef des xVvares fit égorger tous ces infortunés prisonniers. Maurice, accablé de douleur, pria Dieu de le punir en cette vie plutôt que dans l'autre. La prière fut exaucée. Pliocas , exarque des Centurions , s'étant fait proclamer empereur par l'armée cantonnée au nord du Danube , marcha sur Conslantinople (602). Maurice, arrêté avec m li!> . les vil égorger sous ses yeux, pendant qu'il
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répétait ces paroles du Roi-prophète : Vous êtes juste , Seigneur, et votre jugement est équitable. Il périt lui-même après toute sa postérité. Phocas, son meurtrier, assis sur un trône sanglant, se montra lâche, débauché, rapace et cruel ; il se laissa enlever, par Ghosroès roi de Perse , l'Osroène, la Mésopotamie, l'Arménie, la Syrie et une partie de l'Asie Mineure. Il réprima vainement trois conjurations. Détrôné enfin par Héraclius , après la bataille navale de Constantinople , le tyran fut décapité sur le tillac du vaisseau de ce prince (610). Son corps, traîné par les rues, fut ensuite brûlé dans le marché aux bœufs.
La mort iïfféraclius, fils d'un exarque d'Afrique, rappelle le prince brave et religieux qui vainquit les Perses , et se signala par un de ces traits de piété chrétienne , dont la mémoire honore un souverain aux yeux de la postérité. Son règne fut cependant marqué par de grands désastres qu'il ne sut point éviter. L'empire, envahi en Europe par les Avares , en Asie Mineure et en Egypte par les Perses , était comme réduit aux murs de Constantinople. Sept années de ce règne agité furent néanmoins une époque de gloire (de 622 à 620).
Profitant de la faiblesse de l'empire et des factions qui le désolaient , les Perses , ces éternels ennemis des monarques d'Orient, avaient rompu la paix : sous le règne de Phocas, on les avait vus ravager la Mésopotamie , une partie de la Syrie , commettant diverses cruautés et faisant trembler sur son trône le farouche meurtrier de Maurice. Lorsque Héraclius eut pris la pourpre et frappé de mort l'usurpateur, le nouvel empereur, encore mal assis . envoya demander la