‹ ConstantinopleChapitre 29 sur 97 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

paix au roi de Perse Chosroès. Mais ce prince idolâtre, poussé par son ambition , ne songeant qu'à profiter de ses avantages, et poursuivant ses ravages sur le territoire de l'empire, prit successivement les villes d'Edesse, d'Apamée, de Césaree en Cappadoce et de Damase ; enfin la ville sainte de Jérusalem tomba elle-même en son pouvoir (G14).

11 n'entre point dans notre plan de décrire les horreurs que commirent dans cette dernière conquête les adorateurs du soleil. Au milieu de ces calamités inénarrables, les Chrétiens d'Orient eurent à déplorer la perte de la vraie Croix , qu'enlevèrent les Perses , après avoir incendié le magnifique temple érigé en son honneur par la mère de Constantin, Cependant le patrice Nicétas avait , à prix d'argent , sauvé l'éponge présentée au Sauveur sur la croix , et la lance dont son côté avait été percé. Ces deux saintes reliques, envoyées à Constantinople , furent exposées pendant plusieurs jours , dans la grande église, à la vénération des fidèles, qui les arrosaient de leurs larmes et leur rendaient d'insignes hommages. Quant à la vraie Croix , elle fut déposée dans un château de Tauris , en Arménie.

Les ambassadeurs d'Héraclius offraient à Chosroès de lui céder une portion considérable de ses conquêtes, s'il consentait à conclure la paix. Mais ce monarque impie exigeait, avant d'entamer les négociations, qu'Héraclius abjurât le christianisme et adorât le soleil. Le religieux empereur rejeta avec horreur cette proposition , et mettant sa cause sous la protection du Dieu des armées , il résolut de se défendre avec toute l'énergie que denne une sainte cause.

De nombreuses troupes furent rapidement organisées; les

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ressources financières de l'empire ayant été épuisées par lo révolutions des règnes précédents, l'Eglise ouvrit ses trésors , et versa ce qu'elle avait d'or et d'argent dans le coffre impérial. L'an 622, après avoir célébré pieusement a Constantinople la solennité de Pâque , Héraclius se mit lui-même à la tête de ses troupes , et leur jura de ne les abandonner jamais. Le Ciel bénit sa résolution. Une première victoire en Arménie fut le prix de son courage. La campagne suivante s'ouvrit sous les plus favorables auspices. Le vainqueur, ému d'un généreux sentiment de compassion , avait mis en liberté cinquante mille prisonniers persans. Cet acte d'humanité lui concilia les cœurs de tous ces peuples , que Chosroès opprimait sous un joug de fer.... Héraclius, admirablement secondé par les populations au milieu desquelles il faisait la guerre, marcha de succès en succès. Durant cinq campagnes , il ne cessa de battre ses ennemis . sur lesquels il reconquit l'Asie Mineure jusqu'au Tigre , tandis que le patrice Bonose repoussait les barbares loin de Constantinople.

Vers la fin de 627, Héraclius résolut de livrer à Chosroès une bataille décisive. Il anima ses soldats au combat en leur retraçant tous les maux que les Perses avaient faits à l'empire : les campagnes désolées , les villes saccagées , les autels profanés, les églises réduites en cendres. « Vous voyez , leur dit-il , quels sont nos ennemis : ils déclarent la guerre à Dieu même; ils ont livré aux flammes ses temples et ses autels. Soyez pleins de confiance: Dieu combattra pour vous. » Excités par ces paroles . les soldats fondent arec impétuosité sur farinée des Perses.

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