‹ ConstantinopleChapitre 31 sur 97 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

provinces do l'empire. Les lieutenants du calife Abou-Békro prenaient Damas (632) ; Jérusalem se rendait au calife Omar (,037) ; enfin la Mésopotamie , la Syrie , la Palestine et l'Egypte tombaient aussi au pouvoir des enfants de l'imposteur arabe. Iléraclius ne survécut pas longtemps à ces désastres ; il mourut après un règne de trente années , mêlé de gloire et de revers (641). Huit empereurs après lui montent sur le trône par des crimes et périssent de mort violente. L'un d'eux, Constant n, son petit-fils , auquel les historiens attribuent presque tous les vices de Néron , persécuta le pape saint Martin jusque dans Constantinople, et se laissa enlever par les Musulmans, sans oser marcher contre eux, les îles de Chypre et de Rhodes, et une grande partie de l'Afrique. Délaissant la ville impériale , qui le haïssait , il s'était réfugié en Sicile , où ses rapines l'ayant rendu également odieux , le glaive d'un de ses officiers le frappe dans un bain, et débarrasse cette île de ce tyran (668). Le règne de Constantin Pogonat ou le Barbu , son fils , dans ses premières années du moins , offre à l'histoire de moins tristes souvenirs.

Ce prince, montant sur le trône avec ses deux frères, Tibère et Héraclius (668) , fait avec succès la guerre aux Sarrasins , qui durant sept années successives reparaissent sous les murs de Constantinople , et tiennent, l'espace de cinq mois , en 672 , la ville impériale bloquée par mer. À cette époque , Callinique invente le feu grégeois , avec lequel il brûle les vaisseaux des infidèles. Vainqueur enfin des Sarrasins, cl ayant conclu avec eux une paix de trente •ins .. Constantin s'applique à rétablir celle de l'Eglise .

70 CONSTANT INOPLE

divisée depuis le règne d'IIéraclius. Un sixième concile général , convoqué par ses soins à Gonstantinople et auquel il assiste lui-même (681) , condamne l'hérésie des monothelites, qu'avaient soutenue Sergius et quelques autres patriarches. L'Eglise, si souvent agitée en Orient, respire alors un instant, et répare ses forces pour combattre bientôt sous une autre forme, une nouvelle erreur, appuyée cette fois des plus violentes persécutions.

Constantin Pogonat se rendit odieux vers la fin de son règne par le meurtre de ses deux frères ; il mourut sans laisser de regrets (685). Après lui, le trône est occupé par six ou sept princes dont le court passage a laissé peu de traces dans l'histoire. Franchissant les trente années de leurs règnes vides de souvenirs , arrivons à celui de Léon Tlsaurien , qui ouvre une nouvelle dynastie avec une troisième période de l'empire d'Orient , période pleine d'orages et de calamités.

Léon m, Ylsaurien, fils d'un cordonnier de Séleucic en Isauric, avait été général d'Anastase n. Parvenu à l'empire (717) , il se fit d'abord estimer par son courage, son habileté dans l'art de la guerre, et son talent pour le gouvernement. 11 défendit vaillamment Constantinopie assiégée par les Sarrasins , et brûla , au moyen du feu grégeois , une grande partie de leurs vaisseaux ; mais toutes les qualités de ce prince s'éclipsèrent, lorsque, devenu chef de la secte des iconoclastes, il souleva dans l'Eglise un schisme qui sépara de lui tout l'Occident.

Jusqu'alors on avait vu les empereurs d'Orienl protéger l'hérésie, mais aucun «Veux ne s'en ôtail encore déclaré

Page 1