CHAPITRE VI $â
«le mnnoaux crimes signalent cette époque. Le dernier de ces princes . repondant, se montra magnifique, libéral et lélé pour la religion. Il commence son règne (811) par secourir les veuves et les enfants des soldats moissonnés dans les guerres des Sarrasins et des Bulgares, et réprime les excès des iconoclastes. Mais attaqué peu après et défait par les Bulgares, il est détrôné par ses troupes, qui proclament empereur Léon V Arménien (813). Michel se réfugie dans une église avec sa femme , trois fils et deux filles. Là, se coupant mutuellement les cheveux, ils prennent tous l'habit monastique. L'un de ces moines , fils d'empereur déchu , deviendra bientôt saint Ignace, patriarche de Gonstantinople.
Léon v, l'Arménien, remporte une victoire signalée sur les Bulgares ; mais sa cruauté envers ses parents et les défenseurs du culte des images le rend odieux. Il chasse le patriarche Nicéphore, qui, en lui mettant la couronne sur la tète , avait cru toucher des épines , tant son poil était rude. Ce prince, qui rappela Copronyme, s'était montré d'abord catholique; on l'appela Caméléon. Victime d'une conspiration ourdie par Michel le Bègue, il fut massacré dans la nuit de Noël (820). Michel le Bègue, de Phrygie , sortant de prison , est proclamé empereur, les fers encore aux pieds : il se montre cruel et lâche envers les ennemis de son pouvoir, persécute les catholiques, et surtout les moines, et se laisse enlever par les Musulmans l'île de Crète , la Pouille et la Calabre. Il meurt par suite d'excès (829). Son fils Théophile, qui lui succède, fait fleurir le commerce , favorise les sciences,
embellit Constantinople de nouveaux édifices. Mais le culte des images trouve en lui encore un nouvel ennemi ; il est presque continuellement en guerre avec le calife Motassem , qu'il insulte en détruisant sa ville natale , Zapeira en Syrie ; le calife se venge en saccageant Amorium , patrie de Théophile, qui meurt de chagrin (842). Il est remplacé sur le trône d'Orient par son fils Michel m, dit V Ivrogne , persécuteur, comme Néron , qu'il avait pris pour modèle , de sa mère , l'impératrice Théodora , dont le nom se rattache à l'entière extinction de l'hérésie iconoclaste , et à la conversion des peuples slaves et bulgares. Abhorré pour ses crimes, Michel est poignardé, dans un moment d'ivresse , par ordre de Basile le Macédonien, qu'il avait associé à l'empire (867). Avec lui finit la dynastie isaurienne , dont les princes , à l'exception d'Irène et de Théodora, n'ont guère laissé dans l'histoire que d'odieux souvenirs. Sous le règne de Michel l'Ivrogne apparaît Photius , le premier promoteur du grand schisme d'Orient.